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    Snowden, Russie et USA : des réactions européennes à double standard

    Snowden, Russie et USA : des réactions européennes à double standard

    © Collage : La Voix de la Russie / Photo : EPA
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    La réaction des pays d'Europe occidentale aux révélations d’Edward Snowden font penser à l’indignation enjouée d’une belle d’un certain âge, qui apprend soudain qu’un riche bon vivant de l’appartement voisin a percé un trou dans le mur de sa chambre à coucher.

    Aujourd’hui, les journaux allemands se rappellent de toutes les marques d’amitié personnelle que la chancelière de la RFA Angela Merkel employait à propos de M. Obama. On se souvient de la « médaille présidentielle de la liberté », remise par la Chencelière allemande à M. Obama en 2011, l’interprétation à la Maison Blanche de la chanson « Tu as un ami », spécialement commandée par Mme Merkel pendant une de ses visites à Washington. Et il s’avère que durant tout ce temps, M. Obama la surveillait, avec son sourire de jésuite aux lèvres. Pour une femme, il n'y a rien de plus offensant. D’ailleurs, cela dépend de quelle femme il s’agit. La soi-disant « colère froide », que Mme Merkel aurait exprimée au sujet du scandale ne s’est pour le moment nullement concrétisée. Les gouvernements européens ne donnent pas à ce jour de feu vert aux appels de bloquer le projet de zone de libre échange entre les Etats-Unis et l’UE, proposé par M. Obama. Récemment, 50 intellectuels et personnalités allemands de la culture ont signé une demande d’accorder l'asile politique en Allemagne à M. Snowden. Mais de l’avis de l’observateur de Tage spiegel Moritz Schuller, Mme Merkel ne donnera pas son accord, même pour cette petite fronde à l’égard de Washington.

    « En effet, des discussions sont menées quant à la possibilité de donner l'asile politique à M. Snowden. Or, même si 50 célébrités allemandes ont souscrit à cette idée, cela ne signifie pas que cela obligera le gouvernement allemand à faire quoi que ce soit dans ce sens. Le non-dit de la réaction molle des autorités officielles à cet appel de l’opinion publique est le suivant : nous savons déjà tout ce que M. Snowden peut raconter, et à partir du moment où il en est ainsi, à quoi bon le faire venir dans le pays ? »

    Toutes les dissertations sur l’influence de l’opinion et de la société civile, avec lesquelles la propagande des Etats-Unis et de l’UE régalait les libéraux naïfs s’avèrent donc fausses. Les leaders occidentaux prêtent oreille à l’opinion publique quand ils veulent l’écouter, par exemple lorsque retentissent des appels idiots de boycotter les JO d’hiver à Sotchi à cause de la loi russe sur l'homosexualité. Ecoutons encore l’observateur de Tage spiegel Moritz Schuller :

    « La seule raison pour laquelle nous pourrions faire venir ici M. Snowden, c’est pour montrer aux Américains ce que nous pensons réellement d’eux. Par cette démarche, nous leur dirions qu’il n’est pas convenable de nous espionner. Mais doit-on exposer au nom de cela les relations germano-américaines ? »

    Le secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui a donné une interview aux médias allemands, assure que cela n'en vaut pas la peine. Il a dit dans cette interview qu’il aimait l’Allemagne et que les Allemands étaient des partenaires forts, des grands Européens. des propos  la logique étrange. L’ancien chef du renseignement allemand Hans-Georg Vik a déjà déclaré qu’il était risqué d’auditionner M. Snowden à Moscou, parce que l’interrogatoire pourrait être écouté par les services spéciaux russes. Et bien, messieurs les « partenaires forts » allemands, si vous tenez à le mettre à l’écoute vous-mêmes, octroyez l’asile politique à M. Snowden en Allemagne. Ou bien avez-vous peur ?   N

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