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    Afghanistan : comment lutter contre le narcotrafic après 2014 ?

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    Quelle sera la situation en Asie centrale après le retrait des troupes de l’OTAN d’Afghanistan en 2014 ? Douze Etats ont envoyé leurs représentants au Tadjikistan afin de parler de la problématique de la lutte contre le narcotrafic afghan lors d’une rencontre informelle des dirigeants des structures de lutte contre le trafic de drogue.

    Les chefs des structures de lutte contre le trafic de drogue des 12 pays se préparent au pire après le retrait en 2014 des troupes de la coalition internationale d’Afghanistan. Ce retrait a toutes les chances de conduire à une augmentation de la production de drogue dans ce pays, ce qui risque d’aggraver davantage la situation en Asie centrale. Selon l’adjoint du directeur du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants Oleg Safronov, les narco-cartels transnationaux pourraient en profiter pour élargir le marché de la drogue afghane.

    « Nous estimons qu’après le retrait des forces de maintien de la paix d’Afghanistan, la situation ne s’améliora pas au niveau de la production de drogue. Nous savons qu’aujourd’hui, plus de 200 laboratoires sont implantés au Nord du pays. Cette année, la récolte était non seulement plus importante, mais même supérieure à celle de 2007, qui était une année record. Tout cela indique que la situation ne fera qu’empirer ».

    Aujourd’hui, il y a deux fois plus de drogue en Afghanistan qu’il y a dix ans. Selon les chiffres officiels, près de 5.500 tonnes d’opium ont été récoltées cet automne, rapportant plus d’un milliard de dollars aux narcotrafiquants. Par ailleurs, d’énormes stocks d’opium ont été accumulés sur le territoire afghan. Oleg Safronov estime que cela prendrait des décennies pour épuiser ces stocks.

    Lors de leur rencontre à Douchanbé, les dirigeants des structures de lutte contre le trafic de drogue ont fait remarquer que l’isolement de l’Afghanistan ne donnerait pas de résultats positifs. Ce n’est qu’en favorisant la croissance économique et en améliorant la situation sociale dans ce pays qu’on pourra résoudre le problème de la production de drogue. C’est la pauvreté qui pousse les paysans afghans à se tourner vers l’opium, dont un kilo peut leur procurer jusqu’à 145 dollars, soit beaucoup plus qu’un kilo de blé. Le représentant spécial de l’ONU pour l’Afghanistan Yan Kubis a souligné que ce genre de rencontres interétatiques favorisait l’élaboration de mesures collectives réelles visant à lutter contre le trafic de drogue afghan.

    « Ce genre de dialogue revêt une importance cardinale. Il est d’autant plus important que le monde entier se prépare à ce qui se passera après le retrait en 2014 de la Force internationale d'assistance et de sécurité d’Afghanistan. Parce qu’il y aura alors des conditions et une situation qui seront totalement différents. C’est pourquoi cette rencontre organisée par le Tadjikistan est à ce point importante ».

    La communauté internationale doit élaborer un programme visant à contribuer au développement de Afghanistan. Selon les estimations de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, aujourd’hui, la police des pays d’Asie centrale, de la Russie, du Pakistan et de l’Iran n’arrête qu’un quart des exportations d’opium en provenance d’Afghanistan.   N

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