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La tactique des coups d’Etat : frappe d’abord, puis plains-toi

La tactique des coups d’Etat : frappe d’abord, puis plains-toi

© Photo : La Voix de la Russie
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Après des hommes politiques d’opposition ukrainienne, toute la presse européenne s’est mise à parler de « provocateurs », en prenant ses distances vis-à-vis des attaques de jeunes aux visages masqués contre la présidence ukrainienne dimanche dernier. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’on entend parler de « provocateurs » anonymes, qui sur ordre des autorités, auraient attaqué la police et saccagé des bâtiments administratifs. Le scénario était le même, par exemple à Chisinau en 2009, lorsque de jeunes manifestants ont pris d’assaut le parlement moldave.

Svetlana Gamova, qui a travaillé de longues années durant comme correspondante de Nezavissimaïa gazeta en Moldavie, caractérise les événements de 2009 comme un coup d’Etat.

« On peut à peine qualifier de méthodes démocratiques les attaques et les casses dans les bâtiments où travaillent d’habitude des organes du pouvoir démocratiquement élus. Ni en Ukraine aujourd’hui, ni en Moldavie en 2009, ni au cours de deux coups d’Etat en Kirghizie, les actions des attaquants contre les sièges des organes du pouvoir n’avaient quelque chose à voir avec la volonté du peuple, avec la démocratie. Dans tous ces cas, la volonté de la minorité, exprimant un soi-disant un point de vue plus progressiste, était imposée à la majorité. »

On procède de la manière suivante : si le président réagit à un nouvel assaut par l'emploi de la force, on le qualifie à l'étranger de dictateur, de « nouveau Staline » ou de quelconque autre monstre. Et si la force n’est pas employée et que la prise de pouvoir réussit, les événements sont qualifiés de volonté accomplie du peuple. Dans le cas où une action de protestation a pour seul résultat des vitres et des chaises cassées, le pouvoir est alors accusé de « provocation » et de tentative de discréditer des manifestants pro-européens. Le plus triste est que ce schéma fonctionne sans à-coups, les attaques en Moldavie et en Ukraine n’ont pas été condamnées par l’UE, qui semble prête à justifier toutes les actions amenant au pouvoir ses partisans.

Le président du centre européen d’analyse géopolitique à Varsovie Mateusz Piskorski remarque que dans son aspiration à changer le pouvoir en Ukraine, l’UE montre très peu de respect pour la souveraineté de l’Ukraine, qu’elle défend toujours avec tant de zèle face à la Russie.

« La réaction de l’UE aux événements en Ukraine indique qu’elle ira facilement vers un chantage pour obliger l’Ukraine à accomplir des conditions désavantageuses pour elle de l’accord avec l’UE. Des sanctions financières contre les autorités officielles de l’Ukraine sont possibles, même si Kiev ne signe pas cet accord d’association avec l’UE. »

Tout est mis en œuvre pour obtenir le résultat escompté. Si l’on ne parvient pas à l’obtenir par des manifestations effectivement pacifiques, comme c’était en 2004, les partisans de l’intégration européenne entendent imposer leur volonté à toute l’Ukraine par la violence et par le mensonge. Et l’expérience de la Moldavie et d’autres pays le montre : cette technique peut aboutir.

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