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    Immigration : quand des pays européens se rebiffent contre Bruxelles

    Immigration : quand des pays européens se rebiffent contre Bruxelles

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    La ministre britannique de l’intérieur Theresa May a déclaré que Londres était de plus en plus préoccupé par les abus de droit à une libre circulation de la main d’œuvre au sein de l’UE.

    Londres se montre même disposé à violer la législation de l’UE en limitant l’afflux d’immigrés. Selon le Département fédéral des statistiques, le nombre de migrants a augmenté en Allemagne de 1,3 millions de personnes depuis 2005. L’ex-ministre allemand de l’intérieur Hans-Peter Friedrich a averti précédemment Bruxelles qu’en cas de passivité de l’UE, Berlin appliquerait unilatéralement les mesures en vue de réduire les migrations.

    La discussion de plus en plus acharnée autour des migrations au sein de l’UE est due essentiellement aux craintes des membres plus respectables du Club européen d’afflux de voisins « pauvres » en provenance de Bulgarie et de Roumanie. Les restrictions introduites à l’accès aux marchés du travail européens pour les citoyens des pays ayant adhéré à l’UE en 2007 seront levées à partir du 1er janvier 2014. Or, les Britanniques et les Allemands sont surtout mécontents de l’octroi aux migrants des allocations et des privilèges sociaux.

    Ainsi, un référendum national sur la réduction des migrations est fixé au 9 février en Suisse qui n’est pas membre de l’UE. C’est l’initiative du parti conservateur de droite SVP qui impute aux migrants, et en premier lieu les citoyens italiens, portugais et allemands, l’aggravation de la criminalité, la montée des prix du logement, etc. La Commission européenne a averti les autorités suisses que si la liberté de circulation des citoyens de l’UE était limitée, l’accès aux marchés du travail de l’Europe intégrée serait interdit aux Suisses.

    Qu’est-ce qui prendra le dessus : les postulats politiques ou les réalités ? Le vice-directeur de l’Institut d’analyse politique et militaire Alexandre Khramtchikhine donne la priorité aux intérêts nationaux.

    « Les Etats comme la Grande-Bretagne et l’Allemagne ne toléreront pas les actes qui leur porteraient préjudice. Il existe un seuil derrière lequel les valeurs européennes reculent devant celles des pays concrets, les intérêts des électeurs. C’est l’électorat et non la Commission européenne qui assure le pouvoir aux leaders. »

    L’experte en migration de l’Université de Göttingen Sabine Hess, est plus catégorique :

    « Nous repoussons jusqu’à présent les migrants : que ce soit les ouvriers saisonniers, les nettoyeuses, etc. Donc, les débats à ce sujet sont absolument faux, ils n’ont rien à voir avec les réalités. Il faudrait envisager enfin une politique raisonnable en matière de migrations. »

    Les déclarations et les projets liés aux migrations économiques ne manquent pas dans l’UE. Espérons qu’ils déboucheront sur des démarches concrètes.   N

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