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    Hommage à Nelson Mandela : l’hypocrisie occidentale sans limites

    Hommage à Nelson Mandela : l’hypocrisie occidentale sans limites

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    On a appris avec la plus grande tristesse la mort d’un héros. D’une icône de la lutte contre l’oppression, l’injustice, la peste brune du néocolonialisme, et du combattant pour les vraies valeurs que sont la liberté et la paix.

    Malgré ses très longues années passées en prison, loin de sa famille et de ses proches, Madiba (le nom de son clan tribal) et comme l’appellent affectueusement toutes les personnes qui l’aiment, a eu l’énorme sagesse d’éviter une guerre civile à son pays qui paraissait alors inévitable. Et c’est grâce à cette sagesse que l’Afrique du Sud a su tourner la page sombre de son histoire pour ouvrir celle de la réconciliation et permettre au pays d’aller de l’avant.

    Néanmoins, et ce qui choque, c’est l’hypocrisie « par excellence », si l’on peut dire ainsi, d’un bon nombre de politiciens occidentaux. Hypocrites car lui chantant toutes sortes de louanges alors qu’hier ces mêmes personnes le considéraient comme un « terroriste communiste ». Ces mêmes personnes qui ouvertement ou indirectement supportaient le système raciste et honteux de l’apartheid. Les mêmes qui faisaient tout pour que ce régime survive le plus longtemps possible. Et aujourd’hui ? Ils font en sorte de nous faire croire leur grande « appréciation » de l’œuvre de Mandela.

    On se souvient encore des positions des leaders occidentaux tels que Ronald Reagan ou Margaret Thatcher, la fameuse « dame de fer » britannique. Cette dernière soutenait ouvertement le système d’apartheid en Afrique du Sud, refusant d’appliquer des sanctions internationales à l’égard de ce régime, et avait déclaré : « Quiconque pense que l’ANC (Congrès national africain, le parti de Mandela – ndlr), gouvernera en Afrique du Sud n’a pas les pieds sur terre »…Visiblement la dame de fer, peu appréciée par la majorité de son propre peuple britannique, n’avait pas elle les pieds sur terre au moment de cette déclaration puisque son apartheid bien aimé est bel et bien tombé, et que l’ANC a bien pris le pouvoir depuis les toutes premières élections démocratiques en Afrique du Sud, en 1994.

    D’autre part, les Occidentaux connaissent parfaitement les vrais amis de Nelson Mandela. Peut-être plus que des amis : des frères. Ceux qui l’ont toujours soutenu, y compris lors des moments les plus difficiles, et que lui aussi n’a jamais cessé de soutenir. En premier lieu il s’agit de Fidel Castro, Mouammar Kadhafi et Yasser Arafat. Aux yeux de l’Occident politique, des leaders certainement pas « tout à fait fréquentables »…Néanmoins, Mandela n’a jamais caché son amitié sincère avec ses amis et en parlant de son amitié avec Mouammar Kadhafi, il avait dit la chose suivante : « tous ceux qui n’apprécient pas notre amitié avec le frère Kadhafi peuvent sauter dans la piscine ! ».En gros, aller voir ailleurs.

    En 1997, Nelson Mandela décerne à Kadhafi l’ordre de Bonne Espérance, la plus haute distinction sud-africaine. Aux critiques du département d’Etat étasunien, bien mécontent de cette grande amitié entre deux grands hommes, Mandela réplique « qu’ils n’ont aucune morale et que c’est bien Mouammar Kadhafi qui nous a aidé en un temps où nous étions seuls, quand ceux qui disent que nous ne devrions pas être ici, aidaient notre ennemi ».Une allusion ouverte au soutien que les USA et plus particulièrement la CIA avaient offert au régime d’apartheid. C’est d’ailleurs au colonel Kadhafi que Mandela accordera sa première visite à l’étranger, en 1990, après avoir été libéré à la suite de ses 27 années d’emprisonnement. Il en sera de même en 1994 lorsqu’il sera élu président de la République d’Afrique du Sud. En 1998, Nelson Mandela déclarera, en présence de Bill Clinton, alors président des USA, qu’à l’époque « où les Etats-Unis soutenaient l’apartheid, d’autres pays aidaient la lutte contre la ségrégation raciale. C’est pourquoi l’un des premiers chefs d’Etat que j’ai invité dans ce pays a été Fidel Castro… et j’ai également invité le frère Mouammar Kadhafi ».On ne peut non plus oublier la phrase de Madiba qui vise ouvertement les USA et leurs crimes contre l’humanité :« Si il y a bien un pays dans le monde qui a commis des atrocités indescriptibles, ce sont bien les Etats-Unis d’Amérique. Ils n’ont rien à faire des êtres humains ».

    Pour ses amis cubains, Mandela dira : « Nous admirons les sacrifices du peuple cubain pour maintenir sa propre indépendance et sa souveraineté face à la sinistre campagne impérialiste orchestrée dans le but de détruire les avancées impressionnantes réalisées au cours de la révolution cubaine… Vive la révolution cubaine ! Longue vie au camarade Fidel Castro ! ».Quant à la Palestine et la lutte du peuple palestinien, Nelson Mandela déclarera : « Nous savons bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens ».

    Les leaders occidentaux ne peuvent ignorer toutes ces citations et les prises de positions courageuses du héros national sud-africain. D’ailleurs le courage a toujours été le fer de lance de toute la vie de Mandela. Néanmoins et cela est tout à fait clair aussi, les louanges occidentales ne sont pas plus qu’une campagne de relations publiques bien organisée, sachant que sans cela, leurs propres citoyens ne les comprendraient pas, en cas d’absence d’hommage à l’icône de la planète toute entière.

    Seul petit bémol, c’est que cette hypocrisie n’a été que peu voilée, de même que le manque de sincérité. Le fameux « selfie » d’Obama, Cameron et de la première ministre danoise Thorning-Schmidt en pleine cérémonie d’adieu à Mandela, au stade de Soweto n’a été qu’un signe supplémentaire. Un geste complètement déplacé compte du lieu et du moment, alors que toute l’Afrique du Sud, le continent africain et le monde entier étaient en deuil, ces trois braves personnages eux visiblement étaient là pour autre chose. En tout cas, cela a montré une fois de plus la vraie « raison » de la présence de certains chefs d’Etats occidentaux à cette cérémonie et de leurs paroles si « émotionnelles ». Après tout, pour certains, se faire de la pub supplémentaire, cela n’a pas de prix. Surtout lorsqu’il s’agit de venir « rendre hommage » à l’une des plus grandes personnalités de tous les temps.

    De toutes les manières, Madiba restera à jamais dans le cœur des Sud-Africains et des habitants du continent africain. De même que dans le cœur et la mémoire de la grande majorité des habitants de notre planète. Reste quand même à ne pas oublier qui était véritablement ce grand héros Nelson Mandela, ainsi que toujours se rappeler de son œuvre et de son exemple. Nous connaissons ses vrais amis. Les faux amis, eux, se découvrent et se reconnaissent bien vite. N

     

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