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    L’intrépide Valls contre la dictature

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    L’été dernier le président Vladimir Poutine a accueilli Manuel Valls à un colloque international consacré aux problèmes de la construction européenne et au rôle que la Russie serait appelée à jouer. Lors de cet événement haut en couleurs, le président russe a demandé à Valls s’il nourrissait des ambitions présidentielles. A l’époque Valls se déroba. Aujourd’hui on voit bien que le personnage est pour le moins possédé par la manie des grandeurs. A en croire la presse française, il entend guerroyer contre « les forces sombres » qui poussent comme le chiendent la France. Ce « côté obscur », si on utilise le glossaire des Guerres des Etoiles, est composé bien sûr de l’opposition qui perd L’Hexagone. La droite venimeuse et délétère ronge, tel un parasite, l’œuvre du grand architecte Valls et de ses acolytes. Et ces forces du mal seraient composées de la lie de l’humanité qui n’hésite pas à faire appel aux slogans « antisémites, antirépublicains, antidémocratiques » et… Complétez la liste comme vous l’entendez.

    La bonne vieille République fragilisée par ces assauts barbares tient le coup mais peut être déstabilisée. Bref, aux armes, citoyens pour défendre les acquis des Lumières ! Avec tout le respect que l’on doit à Matignon, si ce n’est pas de la manipulation et de la propagande, c’est que le monde est tombé sur la tête. Pour déchiffrer l’énigmatique discours de Valls nous avons mis à contribution le professeur de droit Olivier Tournafond, militant du camp royaliste, donc par excellence un représentant de cette droite radicale qui « perdrait la France ».

    La Voix de la Russie. Olivier Tournafond, merci d’être avec nous à la Voix de la Russie !

    L’heure est grave parce qu’à la suite de plusieurs manifestations du type « Jour de Colère » il y a eu la déclaration du ministre de l’Intérieur Manuel Valls qui, dans le Journal du Dimanche, a dénoncé l’apparition de « Tea Partys » à la française… Il affuble la droite républicaine d’épithètes, comme anti-gouvernementale, et il l’accuse de tous les maux… Alors sans être subjectif dans mes conclusions, je suis obligé de dire que Manuel Valls fait porter le chapeau à la droite en l’accusant de tous les fléaux à la fois. Pour la manifestation il la qualifie de ramassis d’antisémites, de racistes, d’homophobes et j’en passe encore… Il dit en plus que la République Française doit se sentir fragilisée devant cette démarche de la droite, et qu’elle n’est pas susceptible de tolérer ces cris, pas plus qu’elle ne saurait laisser passer des slogans comme « Dehors les musulmans » ou « Dehors les Arabes »… Qu’en pensez-vous en tant qu’homme public et juriste chevronné ?

    Olivier Tournafond. « Tout d’abord je dois dire qu’il y a beaucoup de gesticulation politique là-dedans. Il ne faut pas accorder un très grand crédit à ce genre de rodomontades. Pour les cris que l’on a pu entendre lors des différentes manifestations, auxquelles j’ai d’ailleurs assisté, je n’ai guère entendu les cris de « Juifs dehors ! » ou «Arabes dehors ! » ou encore « Noirs dehors ! ». Moi, j’ai surtout entendu le cri « Hollande dehors ! » Et je crois que c’est ça qui agace beaucoup Monsieur Valls et qui l’inquiète aussi ! En réalité, ce sont essentiellement les membres du gouvernement, qu’ils soient d’ailleurs Juifs, Arabes, Noirs, Blancs ou tout ce que l’on voudra, qui sont priés de bien vouloir quitter le pouvoir du fait de leur totale incompétence, de leur sectarisme invraisemblable et de leur impopularité croissante.

    Je rappelle qu’en ce moment, d’après l’étude du CEVIPOF que le journal Valeurs actuelles a réussi à faire paraître la semaine dernière, il s’avère que près de 90 % des Français – ce qui est un record absolu ! – n’accordent plus aucune confiance dans les gens qui les gouvernent et même dans le personnel politique de la République ! On n’a jamais vu cela dans l’histoire des différentes Républiques Françaises ! Je pense que même la Troisième et la Quatrième Républiques, n’ont pas réussi à atteindre un taux d’impopularité aussi important. Et il y a un autre chiffre qui est très intéressant, c’est que 54 % des Français, toujours selon l’étude CEVIPOF, disent qu’à tout prendre à la place de cette Cinquième République pourrie, ils préfèreraient encore une dictature ou une monarchie !

    Il y a bien évidemment de la naïveté là-dedans… parce que les deux systèmes, dictature et monarchie, sont complètement différents. La seconde est un Etat de droit, tandis que la première ne l’est pas… Mais cela montre le rejet extraordinaire par le peuple français, donc par ce que l’on appelle le « pays réel », du « pays légal », de l’oligarchie en place. C’est évidemment cela qui inquiète beaucoup le gouvernement. Mais la politique des membres du gouvernement me paraît être très sectaire, presque aveuglée, et ils ne voient pas le danger venir vers eux…»

    LVdlR. Manuel Valls parle beaucoup du syndrome des années 30. Quel est votre pronostic pour les événements à venir ?

    Olivier Tournafond. « Pour ce qui est de mon point de vue, je pense que Manuel Valls n’a pas tort quand il parle du syndrome des années 30. L’ambiance des années 30 révélait une situation explosive à cause d’une crise économique grave. En plus il y a avait une profonde déstabilisation de l’Europe consécutive à la guerre de 14-18 et à l’apparition du communisme. Aujourd’hui le communisme n’est plus, mais des puissances religieuses fanatiques menacent. Et la crise est parfaitement comparable à celle des années trente. La situation présente est peut-être même plus grave encore, car il y a un profond malaise dans les sociétés industrielles occidentales, dont les modes de gouvernement sont devenus profondément inadaptés. Pour résoudre cette crise il faudrait avoir l’esprit ouvert et tirer les leçons du passé. Je ne pense pas que Monsieur Valls soit capable de tirer ce genre de leçon parce que lui-même vit dans un passé perpétuel fait de lutte des classes et d’idéologie périmée ! Il est incapable d’anticiper ce qui va se produire dans l’avenir.

    En tout cas, en ce qui concerne la situation d’aujourd’hui, ce qui est sûr c’est qu’il y a un rejet de l’establishment et de toute la pseudo-élite qui gouverne les pays occidentaux, surtout en France. Ce rejet est d’ailleurs perceptible aussi Outre-Atlantique avec justement les fameux « Tea Partys ». Il y a indiscutablement une crise politique et sociale dans les démocraties occidentales ! Et comme cette crise est très profonde, elle pourrait aboutir à un effondrement politique de ces sociétés. Mais quand et de quelle façon ? Il faudrait être devin ou prophète pour le dire…»

    Commentaire de l’Auteur. Manuel Valls peut fulminer tout son soûl. N’en demeure pas moins que l’on ne punit pas un peuple pour avoir protesté contre un pouvoir qui lui déplaît. Il est beaucoup plus plaisant d’envoyer ses bâtiments de guerre dans les eaux troubles syriennes ou débattre à bâtons rompus sur l’avenir d’une Ukraine déchirée aux antipodes que de rester entre quat’z yeux avec sa propre nation pour répondre à des questions précises en fournissant un plan d’action histoire de se tirer d’embarras. Mais ça bien évidemment, Monsieur Valls ne le veut pas. T


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