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    Ukraine : Jean-François Kahn dénonce les va-t-en-guerre

    Ukraine : Jean-François Kahn dénonce les va-t-en-guerre

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    La situation est hors de contrôle à Kiev. Vitali Klitchko, en l'espace de trois jours, paraît être déjà abandonné par Berlin. La presse outre-Rhin titre « Vitali Klitchko ne gère rien. Il est dépassé par les événements ».

    Le gouvernement ukrainien, toujours au pouvoir et en sursis, n'est certainement pas un exemple mais les interventions de Bruxelles, de Washington avec leurs médias mettent de l'huile sur le feu et désinforment également. Kiev n'a pas à ce jour envahi de pays souverain et envoyé des bombardiers sur des populations civiles. Pour l'occident avec son bataillon de médias, c'est la Russie qui en porte la responsabilité. La vision en noir et blanc des médias occidentaux, portée par des chercheurs sur la Russie et des intellectuels sur la construction de cette guerre civile, n'aide en rien l'Union européenne qui a besoin de stabilité basée sur une vraie démocratie et sur une vraie information à un moment historique où les citoyens de la zone EU ne veulent plus de cette Europe. Dans un entretien donné au Figaro, Jean-François Kahn dénonce fermement l'interventionnisme à la BHL qu'il juge très dangereux.

    BFM-TV et expert. Marie Mendras, experte sur la Russie, politologue qui enseigne à Sciences Po et qui donne régulièrement son expertise aux institutions européennes - Parlement, Commission, Conseil - a donné un entretien sur BFM-TV ce jeudi 20 février. « Ne pas lâcher ne pas faire confiance et prendre au sérieux les leaders d'opposition qui sont des gens extrêmement dignes... Il faut penser que l'Ukraine est dans l'après Ianoukovitch. On ne peut pas supporter ces dizaines de morts par jour ». Marie Mendras nous présente une vision du monde en noir et blanc comme celle de BHL, ce que Jean-François Kahn dénonce dans l'entretien donné au Figaro le 19 février car le monde géopolitique est une zone grise et que ces experts genre BHL ont amené des morts et une guerre durable sur les pays où ils ont pris position. « BHL n'a jamais reconnu qu'il s'était trompé et le dossier a été enterré par les médias » dit l'ancien patron de Marianne en faisant référence à l'appel de BHL à faire la guerre en Libye. La déclaration de Jean-François Kahn fait bondir à la lecture de la décision de l'Union européenne du 20 février de mener des sanctions contre ceux dont les mains« sont tâchées de sang ». Le premier à subir ces sanctions ne devrait-il pas être BHL ? Apprenant qu'un émissaire de Poutine est à Kiev, Marie Mendras, toujours sur BFM-TV, estime que « c'est une négociation en coulisse qui est une mauvaise nouvelle car le gouvernement de Poutine n'a fait que de mettre de l'huile sur le feu ». Marie Mendras continue sur sa rhétorique anti-russe et enchaîne sur d'autres zones de conflits : « on l'a déjà vu en Syrie. Poutine a alimenté la guerre en aidant Bachar el-Assad. On l'a vu avec l'attitude de la Russie en Géorgie. On retrouve ce scénario identique en Ukraine. Heureusement que l'Ukraine n'ira pas dans une guerre civile du genre Syrie. Nous sommes en Europe », dit Marie Mendras qu'on retrouve aussi sur le Monde avec le titre « Le président Ianoukovitch n'est plus le représentant légitime de l'Ukraine ». Dans l'article du Monde du 20 février la politologue, qui conseille les responsables politiques, écrit « c'est la société ukrainienne qui proteste pacifiquement depuis trois mois, pas des « rebelles », « provocateurs » ou « terroristes », comme l'affirment les pouvoirs ukrainien et russe ». Pourtant en ayant observé l'évolution de la crise à Kiev, nous avons vu des manifestants, qui, avec des armes de guerre, ont tiré et lancé des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre. A moins que des forces de l'ordre étaient déguisées en manifestants ?

    Les va-t-en-guerre. Jean-François Kahn est inquiet de voir l'influence d'un BHL auprès des présidents et dans les médias. Comme Marie Mendras, BHL supporte totalement les chefs de l'opposition en appelant à la haine contre la Russie. « Plus sérieusement, on peut s'interroger sur sa (BHL) légitimité et sur la complaisance des média à son égard. BHL n'a aucune responsabilité politique, il n'est pas élu. Dans ces conditions, comment expliquer qu'il lui suffise d'un coup de téléphone pour bénéficier d'une dépêche AFP ? Sur le fond, je rappellerais simplement que BHL nous a entraînés dans la guerre en Libye dont nous payons aujourd'hui les conséquences, notamment au Mali. Comme tout le monde, je suis choqué par la violence des événements qui se déroulent en Ukraine. Mais je refuse totalement la vision simpliste et néo-stalinienne de BHL. Sait-il par exemple qu'une partie des manifestants de Kiev appartiennent à un parti d'extrême droite qui se revendique « national-socialiste » ? », interroge Jean-François Kahn. Marie Mendras vante, aussi, « ces opposants si dignes » dont Oleg Tiagnibok qui est justement le chef du parti d'extrême droite version national-socialiste. Certes parmi ces membres du parti d’Oleg Tiagnibok se trouveraient aussi des gens en zone grise. C'est ça justement. Nous sommes avec cette crise ukrainienne dans une zone grise. Et le jugement de Marie Mendras, l'experte sur la Russie, chercheur au CNRS et au Centre d'études et de recherches internationales, qui a le droit de parler dans les médias à forte écoute, ne cite pas les origines du parti UDAR, ni les interventions américaines dans le conflit. Marie Mendras et BHL jugent le monde en noir et blanc et inondent de leurs visions et discours les médias vus par des gens qui n'ont pas le temps de faire des recherches. N

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