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Les Caraïbes demandent réparation pour les dommages causés par l'esclavage

Les Caraïbes demandent réparation pour les dommages causés par l'esclavage

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Les 15 pays membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) ont officiellement appelé cette semaine à des réparations pour les dommages provoqués par l'esclavage, la colonisation et la traite négrière, rapporte l’AFP.

Lancée par les Etats anglophones de la région, l'initiative, approuvée lundi, vise trois anciennes puissances coloniales, le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas.

L'Espagne et le Portugal ne sont pas concernés puisque leurs anciennes colonies ne font pas partie de la CARICOM.

Partant du principe que l'héritage de l'esclavage continue à freiner le développement des Caraïbes et à affecter ses populations, la CARICOM a approuvé lundi 10 revendications formulées par une commission des réparations constituée en juillet dernier.

La CARICOM réclame des « excuses sincères et formelles aux gouvernements européens », l'annulation de la dette de ses pays membres ainsi que la mise en place d'un « programme de rapatriement » permettant aux descendants de « plus de 10 millions d'Africains déportés » de revenir vivre, s'ils le souhaitent, dans leur pays d'origine.

Les autres requêtes portent sur la réhabilitation de la communauté caribéenne native, le développement de programmes de santé publique et de lutte contre l'illettrisme, ou encore sur le transfert de technologies et de savoirs.

« La réparation pour l'esclavage et le siècle d'apartheid racial qui a suivi jusque dans les années 1950 s'avère comme une requête légitime aujourd'hui au sein des communautés caribéennes en raison des dommages persistants et des souffrances liées aux crimes contre l'humanité commis sous le colonialisme », a commenté Sir Hilary Beckles, président de la commission des réparations, dans un communiqué publié par le cabinet britannique Leigh Day qui défend le dossier.

Ce cabinet a obtenu en juin dernier l'indemnisation de plus de 5.200 Kényans maltraités et torturés pendant la révolte Mau Mau contre l'autorité coloniale britannique au Kenya dans les années 1950.

L'un de ses représentants, maître Martyn Day, a indiqué à l'AFP que la CARICOM allait appeler à une conférence internationale en présence des gouvernements néerlandais, britannique et français, à une date et lieu restant à définir. Selon lui, une telle réunion « permettrait à nos clients d'évaluer rapidement si leurs revendications sont prises au sérieux ».   N

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