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    Lettre d’un patriote français à Poutine
    Photo : RIA Novosti

    Lettre d’un patriote français à Poutine

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    Non, ce n’est pas moi qui ai écrit cette lettre. Pourtant, j’y vois la quintessence d’un grand nombre de réflexions dispersées à travers les pages de notre site, de réflexions visant à réconcilier, souvent à travers une critique aussi sincère qu’acerbe de la politique suicidaire menée par cette France que nous aimons tous, une Europe gaulliste qui regarderait du côté de l’Eurasie et une Russie qui regarderait du côté d’une Europe originellement carolingienne avec laquelle elle partage l’essentiel des valeurs de notre civilisation.

    Si le système Westphalien renaît aujourd’hui à l’Est et qu’il est gage de stabilité, pourquoi s’accrocher au système du realpolitik à la sauce Brezinski, une étincelle de la Guerre Froide que les ambitions surannées d’un Empire outre-Atlantique déclinant ravivent dangereusement? Afghanistan, Yougoslavie, Irak, Libye, Syrie, Ukraine et j’en passe : l’idée d’ingérence humanitaire qui a si joliment été théorisée par Messieurs Bettati et Kouchner vaut bien aujourd’hui son pesant de cacahuètes quand on voit ses conséquences pratiques, à l’image des motifs mortifères qui animent les USA et remuent les Etats que ceux-ci sont parvenus à vassaliser. Combien de nations détruites et de destins brisés faudra-t-il encore pour que l’Europe, France en tête, révise ses alliances ?

    L’auteur de la lettre que je soumets à votre attention s’appelle Christopher Lings. Il est directeur de publication du Bréviaire des Patriotes et s’adresse ici, dans le cadre d’une lettre ouverte initialement inspirée de l’intervention de Poutine sur TF1, au chef d’Etat russe.

     

    « Lettre d'un patriote français à Vladimir Poutine

    Monsieur le président,

    Permettez-moi de vous écrire pour vous faire part de la situation politique de mon pays. Nos dirigeants, comme vous le savez, sont d'un atlantisme servile et d'un européisme des plus fanatiques. Or si je vous interpelle ainsi aujourd'hui, c'est pour vous assurer que ces tristes sires ne représentent en rien le peuple de France et le pays que nous aimons.

    Ces grands démocrates qui vous diabolisent sont d’ailleurs bien incapables de relever leurs propres contradictions. En effet, ne s’indignent-ils pas du rattachement démocratique de la Crimée à la Russie tout en applaudissant une prise de pouvoir armée et illégitime à Kiev ? Ne vous qualifient-ils pas de dictateur lorsque votre score électoral et votre côte de popularité les feraient pâlir d’envie ? Quand les mots n’ont plus de sens, le monde n’en a guère plus.

    Il s'avère qu'en bon Westphalien, votre vision du monde diffère nettement de la leur. Un impérialisme teinté de bons sentiments droits-de-l’hommistes et démocratiques, telle est sa définition. Comme vous l'avez rappelé lors de votre récent entretien avec deux de nos journalistes les plus serviles, il fut un temps pas si ancien où la France du général de Gaulle incarnait tout autre chose.

    Sachez, monsieur le président, qu’il demeure en France une majorité de citoyens attachés à la souveraineté de leur pays et qui refusent la domination étasunienne et mondialiste. Aussi, vous n’êtes sans doute pas sans savoir que vous êtes un personnage très apprécié parmi les milieux patriotes, et même au-delà. La raison en est simple : nous souffrons, depuis la chute du général de Gaulle, d’un cruel manque de vrais hommes d’État, incarnant le pays et se battant pour ses intérêts.

    Ainsi faut-il voir, au travers de cette popularité soudaine, une certaine nostalgie de l’époque où la France tenait encore sa place dans le monde et où celle-ci était entre les mains d’un grand homme tel que vous l’incarnez aujourd’hui par-delà l’Oural. Nous sommes passés des Louis XIV, Napoléon et autres De Gaulle à François Hollande, ectoplasme parmi les spectres. Je vous laisse imaginer le traumatisme…

    Aujourd’hui, le sentiment national est en pleine renaissance et la demande d’un chef d’État digne de ce nom se fait clairement ressentir, entre autres, à travers cet intérêt pour la Russie. Non pas que nous souhaitions, naïvement, passer d’un maître à l’autre en échangeant la laisse de l’Oncle Sam contre celle du Tsar, mais simplement que nous aurions tout à gagner à nous libérer de cette emprise mortifère. Et vous aussi, d’ailleurs ! Ne préféreriez-vous pas voir une France libre et souveraine comptant parmi vos partenaires plutôt que soumise à vos adversaires les plus résolus ?

    Cette ambition française de constituer une « troisième voie » fut d’ailleurs l’un des fers de lance de la diplomatie gaullienne. Aussi est-il bon de rappeler qu’elle est une constante dans l’histoire de notre pays, toujours habile pour constituer des « alliances de revers » afin d’échapper à son encerclement. Nos intérêts convergent, et l’amour commun entre nos deux nations n’est plus à démontrer. Il serait d’ailleurs amusant de comparer la francophilie qui règne en Russie à la haine suprématiste anglo-saxonne qui nous est vouée de l’autre côté de l’Atlantique… Passons.

    Pour conclure ce modeste mot, monsieur le président Poutine, permettez-moi de vous souhaiter gloire et réussite dans le redressement de votre pays. Nous saluons également vos actions en faveur de la renaissance orthodoxe ainsi que l’aspect traditionnel que revêtent tous vos projets. Plus que jamais, nous espérons, nous aussi, emprunter ce même chemin du renouveau, et nous retrouver ensemble, un jour, sur le banc de notre amitié jamais éteinte.

    Avec tous mes respects.

    Christopher Lings »

     

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