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    Sanctions occidentales et riposte russe : l’effet boomerang

    Sanctions occidentales et riposte russe : l’effet boomerang

    © Collage: La Voix de la Russie
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    La Russie avait pourtant été claire. Il ne faut pas jouer avec elle au jeu des « sanctions », que les politiciens et financiers occidentaux utilisent à ce jour à différents endroits de la planète, notamment contre les nations les plus faibles. La Russie, elle, a tous les moyens nécessaires d’y répondre. C’est ce qu’elle a fait. Et de quelle manière…

    Le manque, parfois total, de professionnalisme des élites politiques occidentales ne date pas d’hier. On l’a d’ailleurs mentionné à plusieurs reprises et sur différents sujets d’actualité. Sauf qu’aujourd’hui, la maladresse de ces dites « élites » arrive à un point où désormais leurs propres citoyens seront frappés au porte-monnaie en raison de l’incompétence de ceux qui sont justement chargés, de par leurs obligations « professionnelles », de défendre les intérêts de leurs concitoyens.

    En effet, les dirigeants de Bruxelles ont montré une fois encore qu’ils étaient incapables de défendre les intérêts des peuples européens. Totalement incapables. Car lorsque les USA ont lancé le fameux jeu des « sanctions » à l’encontre de la Russie, il était plus que clair que la Russie (d’aujourd’hui) allait réagir. D’autant plus que dès le départ et puisque tout est soi-disant lié à la situation en Ukraine, ce seraient les USA qui auraient dû être sanctionnés pour la simple et bonne raison que le chaos qui règne aujourd’hui dans l’Etat qui jadis s’appelait l’Ukraine, les Etats-Unis en portent l’entière responsabilité.

    Il était également plus que clair que les Etats européens (dans la version UE) n’avaient aucun intérêt à suivre aussi aveuglement et comme d’habitude leur « ami » étasunien. Pourtant, c’est ce qu’ils ont fait. Et tout cela après les insultes envers l’UE de la secrétaire d’Etat étasunienne adjointe chargée pour l’Europe, Victoria Nuland. Après les multiples scandales d’espionnage par la NSA étasunienne de ses « alliés » européens. Des scandales qui par ailleurs ne finissent pas à ce jour. Masochisme oblige ?

    Et parallèlement, l’UE a oublié les intérêts économiques la liant à la Russie. Car il ne faut tout de même pas oublier une chose, ou plutôt deux : les mesures de riposte économique de la Russie toucheront également les USA. Et pas dans une moindre mesure. A ce titre et à l’heure actuelle, plusieurs représentants du milieu des affaires étasunien ayant des activités importantes en Russie ne cachent pas leur sérieuse inquiétude. Mais les intérêts économiques de l’UE sont aujourd’hui les premiers touchés, ne serait-ce qu’en raison de la proximité géographique entre l’Europe dans sa version UE d’un côté et la Russie, ainsi que plus globalement l’Eurasie de l’autre.

    Aujourd’hui pour l’Union européenne, ce rôle de sous-traitants de la politique étasunienne sur le continent européen se paie donc cash. Et ce n’est vraisemblablement que le début. Depuis hier, la Russie a imposé une interdiction totale (pour une période d’un an) sur l’importation de tous les produits agricoles, ainsi que de viande de bœuf, de porc, de fromage, de volaille, de lait, de poisson en provenance des USA, des pays de l’UE, d’Australie, du Canada et de la Norvège.

    Une véritable catastrophe selon plusieurs producteurs de pays européens. « C’est un cauchemar »,affirmait sur l’antenne de France 2 un exportateur français de fruits. Une perte de 200 000 euros pour lui seul sur ce mois, ainsi que le licenciement de tous ses employés à un horizon très proche. Des histoires similaires dans la Belgique voisine, pour laquelle le marché russe était l’un des principaux en matière d’exportation de produits agricoles, notamment des poires, atteignant dans certains cas 60-70% de la production. Les producteurs allemands et italiens, sont eux aussi, très inquiets et font pression sur leurs gouvernements. Pareil en ce qui concerne l’Espagne, la Grèce, les pays scandinaves. Pour certains c’est la banqueroute pure et simple. Cela, sans parler de la Pologne et des pays baltes, dont la très grande majorité de la production agricole s’écoulait également sur le marché russe.

    Et qu’en-est-il de la Russie dans cette situation ? Les producteurs nationaux russes, ainsi que leurs homologues des pays d’Amérique latine ont d’ores et déjà assuré de leur capacité à remplacer sur le marché russe les produits agricoles et de consommation, en provenance des USA & pays de l’UE, et ce dans un délai de deux-trois semaines. D’autres pays également sont ravis de cette situation, car cela leur permettra d’augmenter massivement l’export de leurs produits similaires sur le marché russe. Parmi ces pays : la Turquie et les pays d’Asie centrale, dont l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Tadjikistan, voisins de la Russie.

    Mais la Russie garde encore un certain nombre de mesures qui risquent de frapper d’ici peu et grandement les intérêts économiques de l’Occident (et la liste n’est aucunement exhaustive). Parmi elles, on mentionnera que la Russie entrevoit de fermer entièrement son espace aérien aux vols de transit des compagnies aériennes occidentales. Si cela devait arriver, ce serait un coup très dur pour les Lufthansa, Air France-KLM, British Airways, Finnair, etc… Car cela augmenterait très considérablement leur coût de transport des passagers d’Europe vers l’Asie, en conséquence de quoi et cela concerne les passagers, les prix des billets augmenteront. Autre mesure, qui elle vise précisément les USA, concerne le blocage du transport des astronautes étasuniens vers la Station spatiale internationale (ISS), mentionnée déjà il y a quelques temps par le vice-premier ministre russe, Dmitri Rogozine.

    Par ailleurs, la Russie pourrait augmenter le prix de son gaz destiné à l’export dans l’Union européenne. Vraisemblablement, cette option reste encore dans le tiroir au moins jusqu’à l’automne mais peut sortir à tout moment, surtout si la colossale dette ukrainienne pour le gaz russe déjà fourni n’est pas réglée d’ici cette période. Une dette que Kiev ne se presse pas (encore) de payer, avec le « soutien » de ses mentors washingtoniens et bruxellois. Il serait d’ailleurs intéressant de voir comment ce « soutien chaleureux » permettra à la « nouvelle » Ukraine de se chauffer en période hivernale.

    Les USA sont en déroute et pas depuis hier, à l’image d’un grand bateau qui coule. Sauf que ce grand bateau entraine avec lui l’Europe, ou du moins une partie du continent européen. La Russie, elle, a prouvé une fois encore qu’on est plus en 1991, ni en 1998, mais bien en 2014. Et qu’elle est capable de faire face à n’importe quel défi qui lui est lancé par ceux qui pensaient il n’y a encore pas très longtemps l’avoir mise définitivement à genoux. Dommage pour les producteurs européens, et américains aussi d’ailleurs, qui aujourd’hui paient le prix de l’aventurisme de leurs gouvernements. Peut-être que cela poussera le mécontentement populaire du monde occidental à un nouveau stade, d’autant plus que l’opinion publique de l’Occident se révolte de plus en plus de la « bénédiction » de ses gouvernements aux massacres dans le Donbass et en Palestine. Quant à la Russie, elle poursuivra l’intégration eurasiatique, de même qu’avec les BRICS, l’Amérique latine, le monde arabe et l’Afrique. Avec tous ceux qui voient en elle un pays ami et le symbole d’un nouveau monde déjà devenu réalité. /N

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