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    Abkhazie et Géorgie : histoire d’un long conflit

    Abkhazie et Géorgie : histoire d’un long conflit

    © Photo: RIA Novosti/ Tutov
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    Il y a 22 ans, le 14 août 1992, un des plus importants conflits militaires de l'espace post-soviétique éclatait dans le Caucase du Sud : les troupes de Géorgie envahissait le territoire d'Abkhazie.

    Une guerre sanglante de deux ans commença, provoquée par de vieux griefs réciproques entre les Abkhazes et les Géorgiens. Quoique voisins, ces deux peuples ont des origines historiques et une mentalité nationale différentes.

    Les relations entre les Géorgiens et les Abkhazes n'ont jamais été amicales. Mais elles sont devenues tendues au début de l'époque soviétique, quand l'Abkhazie a officiellement reçu le statut de république autonome au sein de la Géorgie. La discrimination des Abkhazes a commencé presqu'aussitôt. Les autorités géorgiennes ont opté pour la transmigration des Géorgiens vers le territoire abkhaze, la langue abkhaze n'a été plus enseignée à l'école. En résultat, le pourcentage d’Abkhazes dans la république a diminué de plusieurs fois. Dans les années 1960 et 1970, il y a eu des manifestations massives des Abkhazes, qui réclamaient le retrait de leur république de la Géorgie. Leurs revendications sont restées sans effet. La tension continuait de monter. Le vice-président du Centre des technlologies politiques Guéorgui Tchijov note que les Abkhazes ont été vivement préoccupés quand Tbilissi annonça, en février 1992, l'annulation de la Constitution de la République socialiste soviétique de Géorgie de 1978 et l'entrée en vigueur de la Constitution de 1921 en vertu de laquelle la Géorgie était un Etat unitaire :

    « A l'époque de l'Union soviétique ils s'opposaient au fait de se trouver au sein de la Géorgie, mais ils comprenaient qu'il y avait des règles du jeu. Et que dans un grand pays leurs intérêts seraient garantis. Mais les Géorgiens suscitaient initialement leur méfiance et leur appréhension ».

    Cette appréhension n'était pas sans raison. Le président du Fonds de l'union des peuples russe et géorgien Vladimir Khomeriki affirme que la politique nationaliste des dirigeants géorgiens privait Soukhoum de l'espoir de parvenir à l'indépendance :

    « Après l'arrivée au pouvoir de Zviad Gamsakhourdia, les peuples de Géorgie, à savoir les Ossètes et les Abkhazes, se sont sentis en insécurité face aux attaques nationalistes multipliées. Les Abkhazes n'avaient pas de garanties et ne pouvaient pas compter sur la Constitution en vigueur ».

    Les forces disparates de l'armée géorgienne étaient absolument inaptes au combat et en septembre 1993 les Abkhazes placèrent entièrement Soukhoum sous leur contrôle. Les troupes géorgiennes abandonnèrent le territoire d'Abkhazie. Le 14 mai 1994, un Accord de cessez-le-feu et de séparation des forces fut signé à Moscou. Des forces de paix de CEI furent introduites dans la zone du conflit. Guéorgui Tchijov souligne que les contacts entre les Géorgiens et les Abkhazes furent réduits au minimum :

    « Le compromis se réduisait au cessez-le-feu et à la discussion du problème des familles divisées. Cela veut dire qu'un minimum de négociations humanitaires a été mené car les personnes ayant un passeport géorgien restaient sur le territoire d'Abkhazie. Mais une coopération constructive fait défaut ».

    Cependant, il se peut que le pessimisme des experts soit bientôt dissipé. Le Premier ministre de Géorgie Irakli Garibachvili a déclaré récemment que Tbilissi était prêt à commencer les relations avec Soukhoum à partir d’une page blanche, ajoutant que la guerre de 1992 avait coûté trop cher pour les deux parties. /N

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