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    Federica Mogherini

    Députée italienne : « Avec Mogherini, l’Italie doit montrer à l’UE son poids politique »

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    Lors du sommet de l’UE qui s’est terminé à Bruxelles, une nouvelle chef de la diplomatie européenne a été nommée pour succéder à Catherine Ashton. Il s’agit de l’actuelle ministre italienne des Affaires étrangères Federica Mogherini, socio-démocrate âgée de 41 ans.

    La nomination de Mogherini était attendue, car avant sa nomination, elle avait reçu le soutien de personnalités politiques influentes de l’UE comme la chancelière allemande Angela Merkel ou le président français François Hollande.

    Néanmoins, en juillet dernier, les membres de l'UE issus du « bloc de l’Est », comme la Pologne, l'Estonie et la Lettonie, ont accusé la ministre italienne de «sympathie excessive envers la Russie ».

    La députée du mouvement 5 Stelle (5 étoiles), membre du Comité international de la Chambre des députés d'Italie Marta Grande, commente cette nomination à La Voix de la Russie.

    Marta Grande : La nomination de Mogherini à ce poste, ce n'est pas une surprise. Les discussions sur la possible nomination de celle qui est maintenant l’ancienne ministre des Affaires étrangères d’Italie, étaient menées depuis au moins un mois. Je verrais cette nomination comme une victoire incontestable de Renzi. Nous ne remettons plus en cause ce fait. Mais ce qui suscite des interrogations, c’est le rôle que Mogherini jouera au sein de l’UE. Sera-t-elle capable de prendre des décisions concernant la politique extérieure de l’Europe ?

    La Voix de la Russie : Le président Napolitano a qualifié la nomination de Mogherini de «renouveau important pour l'Italie ». Pensez-vous que cette nomination permettra à l’Italie de regagner le poids qu’elle a perdu au sein de l'Union européenne - le poids d’un des pays fondateurs de l’UE ?

    M. G. : C’est certes une reconnaissance. D'une part, ce genre de nominations de haut niveau témoigne d’une « renaissance » politique de notre pays. Mais d'autre part, ce qui est très important, c’est de savoir si l’Italie pourra montrer son poids politique et convaincre les autres membres de l’écouter et d’entendre sa voix. C'est l'une des principales difficultés à laquelle se trouvera confrontée Mogherini.

    LVdlR : Après l'annonce officielle des résultats du sommet, Frederica Mogherini a reconnu dans un entretien accordé aux journalistes que des « grands défis » l’attendent. A votre avis, sera-t-elle capable, compte tenu des standards traditionnels européens et de son âge, de surmonter ces difficultés ?

    M.G. : C'est exactement là que la question se pose. Étant donné qu'à l'heure actuelle, l'UE ne possède même pas de politique étrangère et de défense commune, cette structure risque de ne pas réagir de manière adéquate et à temps aux défis qui se posent aujourd’hui dans les relations internationales. Ce poste en soi est certes très attractif, mais il est difficile de dire à quel point le nouveau prétendant à ce poste peut démontrer son poids politique à l’intérieur de l’Europe et au niveau international. Etant donné que l’Union européenne ne possède toujours pas d’unanimité au niveau international, l’importance du poste de chef de la diplomatie européenne chargé des questions de politique extérieure et de sécurité n’est pas très grande, peu importe qui occupe ce poste.

    LVdlR : D’après vous, quelles relations Mogherini va-t-elle établir avec le Kremlin, une fois qu’elle aura pris ses nouvelles fonctions ?

    M.G. : C'est une question très intéressante. Jusqu'à présent, Mogherini s’exprimait en tant que ministre des Affaires étrangères de l'Italie. Son comportement dans le contexte européen dépendra de la stratégie que choisira l'Union européenne, et de la manière dont l’union construira ses relations non seulement avec la Russie, mais aussi avec les pays du Proche et du Moyen Orient, ainsi qu’avec les Etats d’Afrique du Nord qui traversent actuellement une période difficile./N

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