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    L’association France-Donbass représentante de Novorossia

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    © Photo: RIA Novosti/Maksim Blinov
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    L'association France-Donbass accuse un afflux en demande de volontaires français pour partir combattre avec les cinq Français déjà présents dans le Donbass.

    « C'est après le reportage de France 2 et après la publication d'une vidéo sur le Net montrant les cinq volontaires français que les demandes arrivent en grand nombre. Elles ont doublé », explique André Chanclu. Ce dernier nous parle de l'évolution rapide de France-Donbass, qui est devenue représentante de Novorossia en France.

    VDLR : Vous passez maintenant à une étape plus forte. Fini les simples manifestations ! Déjà cinq Français sont au combat dans le Donbass avec leurs frères d'armes qui défendent Novorossia contre le pouvoir de Kiev. Combien de volontaires vous contactent depuis le reportage de France 2 et la vidéo publiée sur le Net ? Et quelles sont leurs motivations ?

    André Chanclu : Nous avions déjà avant le reportage de nombreuses personnes qui nous ont sollicitées via les réseaux sociaux. En dehors de jeunes gens voulant s'engager pour combattre, nous avons eu notamment des contacts faisant partie de personnels soignants dans des unités de soin parisiens. Ce personnel soignant nous a demandé de les tuyauter sur le meilleur moyen d'accéder à la ligne de front ou bien à l'arrière pour aider, car c'est bien le maître mot de leur acte de dévouement qui les motive tous. Et puis d'autres qui représentent pas mal de jeunes qui voulaient savoir comment se faire enrôler dans les forces patriotiques de Novorossia. Depuis le début, nous avons été très clairs avec tout le monde. Il faut le dire. Premièrement nous ne sommes pas un bureau de recrutement. Les jeunes sans expérience ne sont pas souhaités là bas. Il faut du personnel aguerri ayant quelques années d'expérience d'engagement militaire derrière eux. Et puis ce reportage de France 2 est arrivé qui, au passage, s'est concrétisé le lendemain même par un bombardement en règle des bâtiments qui abritaient les jeunes volontaires français. Ce reportage a ainsi dévoilé au grand public l'emplacement géographique exact du campement. C'est une circonstance douteuse vous en conviendrez, car les journalistes connaissaient le lieu. Après ce reportage, on a eu la nette impression qu'une nouvelle vanne s'est ouverte. Plusieurs dizaine de personnes ont cherché à nous joindre. Nous n'avons jamais développé aucun prosélytisme à ce sujet. Bien au contraire, nous avons, certes, fait appel à des volontaires pour aider et soigner les civils persécutés mais jamais nous n'avons souhaité que des volontaires partent ainsi de manière désorganisée. Il y a déjà assez de drames quotidiens dans le Donbass pour venir en rajouter avec un afflux incontrôlé de jeunes gens de notre pays.

    VDLR : Les volontaires sont-ils des militaires ?

    André Chanclu : Il y a en a pas mal, oui, et ça, c'est une excellente nouvelle. Ceci étant rappelé, ça ne nous surprend pas. De nombreux anciens militaires sont conscients que cette guerre et une confrontation entre deux mondes opposés avec d'un côté la suprématie occidentale dictée depuis Washington, une sorte de rouleau compresseur qui n'obéit qu'à un seul conducteur et de l'autre une population complètement démunie à qui ils ont supprimé peu à peu l’eau, l’électricité, le travail et la vie. Ces officiers, sous-officiers et soldats qui ont porté l'uniforme dans nos pays n'en étaient pas fiers car ils savaient qu'ils combattaient pour une cause qui n'était pas noble. Celle-là est non seulement noble mais elle est salutaire. Il ne faut pas laisser ainsi un peuple se faire massacrer sans réagir. Il faut donner une vraie bonne leçon à ces stratèges de l'horreur. Nous avons un profond respect pour ces garçons.

    VDLR : Vous dites que cela fait grincer les dents, expliquez-vous ?

    André Chanclu : J'ai lu en effet, ça et là, des commentaires concernant le fameux reportage diffusé par France 2. De nombreuses personnes se sont émues de savoir que ces jeunes hommes étaient d'anciens militants de la cause nationaliste en France. Ces gens croyaient peut-être qu'on peut aujourd'hui dans notre société largement anesthésiée se lever et s'engager comme ça sans avoir au préalable une véritable conscience politique du profond malaise qui perdure au sein de notre société. Je crois sincèrement que ces mouvances même si elles sont diabolisées posent les bonnes questions, de plus, elles ne peuvent pas revendiquer comme c'est le cas à gauche ou à l'extrême gauche la gestion des affaires calamiteuse du pays même pendant un court moment. Elles peuvent donc avoir une analyse honnête. Ils sont idéalistes certes, est-ce une tare ? N'est-ce pas en voulant sauver un monde qui s'effondre peu à peu qu'on avance ? Quand on regarde les horreurs qui s'y déroulent, il y a vraiment de quoi vouloir changer tout ça, un peu comme encore une fois faire une véritable œuvre de salubrité publique.

    VDLR : Dorénavant, vous représentez Novorossia en France. Expliquez !

    André Chanclu : Depuis la très forte activité de mobilisation de cet été, le gouvernement de Novorossia a été extrêmement touché de voir qu'il y avait un peu partout en Europe des mouvements de sympathie qui se faisaient entendre. Il nous semblait nécessaire de structurer et de fédérer ces élans spontanés chez nous, en France, pour les transformer en véritable courant sérieux et officiel. Pour cela, il nous a semblé nécessaire d'étoffer l'équipe en place afin d'aider notre amie Mme Kysilyova qui était seule chargée de la coordination générale des actions en France. Nous nous sommes donc naturellement proposés avec Alain Benajam, homme d'expérience et d'engagement, co-fondateur du Réseau Voltaire, bien connu chez nous pour porter le fer en plein cœur des organisations atlantistes et puis moi-même qui dirige depuis 2008 un mouvement de terrain russophile en France. Cette structure de représentation a été validée au plus haut niveau du gouvernement de Novorossia (Pavel Goubarev). Nous sommes fiers d'assumer cette nouvelle charge. Nous saurons en être dignes.

    VDLR : Devenez-vous un bureau de recrutement en France ?

    André Chanclu : Clairement non, comme je vous l'ai expliqué plus haut. Nous n'avons ni la vocation à cela et encore moins les compétences. De plus nous sommes légalistes. Ce genre d'activité tombe sous le coup de la loi française. De surcroît comme je l'ai déjà rappelé, notre vocation première est surtout de venir en aide aux populations martyrisées mais comme nous ne sommes pas des naïfs, nous savons que pour se faire respecter et se faire entendre, il faut employer les mêmes méthodes que nos adversaires.

    VDLR : Comment est la situation dans le Donbass ? L'armée ukrainienne encerclée ?

    André Chanclu : Les dernières nouvelles sont plutôt bonnes, d'où le comportement du gouvernement putschiste de Kiev qui est aux abois. Il a même demandé aux Etats-Unis de leur venir en aide de manière directe sans passer par l’OTAN. Les Etats-Unis, qui semblent être leur dernier véritable rempart puisque les pays européens les uns après les autres, se sont rendus compte qu'il était très préjudiciable à l'économie de chaque pays de rompre les relations avec la Russie. On assiste à une série de voltes-faces prévisibles. Il ne reste plus que le principal instigateur de cette macabre opération à prendre ses responsabilités. C’est d’ailleurs particulièrement cocasse de voir que l'Ukraine pousse les USA à intervenir militairement alors que c'était bien la stratégie de Washington envers Moscou. Ils se ramassent une nouvelle fois le boomerang qu'ils ont lancé vers Vladimir Poutine en pleine face. Le rapport de l'Etat-major de l'armée du Donbass est optimiste. Les principaux bataillons engagés contre les patriotes du Donbass semblent tous sans exception en grande difficulté poussés les uns après les autres dans ces fameux « chaudrons », tactique victorieuse jusqu’à présent du grand chef Strelkov. Les jours à venir sont décisifs militairement alors va-t-on assister à une escalade des mensonges et de la désinformation dont nous sommes régulièrement abreuvés ? C'est certainement leur plan B.

    VDLR : Comment vont les 5 combattants français engagés dans le Donbass ?

    André Chanclu : Ils vont le mieux possible. Leur bataillon n'est pas directement engagé sur la ligne de front, leur rôle est d'assumer la sécurité des bâtiments publics de Donetsk principalement.

    VDLR : Les médias français font-ils toujours une campagne calomnieuse envers les jeunes volontaires français partis dans le Donbass ?

    André Chanclu : Ces méthodes font partie de leur feuille de route. Ils ont une mission qu'ils assument avec beaucoup de zèle. Nous avons largement pris conscience avec cette affaire qu'ils ont une vision à géométrie variable de l’actualité, vision largement dictée par les organes de presse aux ordres, comme nous l'avons à chaque fois dénoncée. Tout ça ne nous étonne plus. Ce qui est vivifiant est de voir une quantité importante de femmes et d'hommes ouvrir les yeux et nous rejoindre.

    VDLR : De quoi a besoin votre association maintenant que vous êtes passés à une vitesse supérieure ?

    André Chanclu : Notre groupe qui prend du volume a besoin de femmes et d'hommes de bonne volonté pour nous aider à construire, à mettre en place des outils de communication, à nous aider à relayer l'information du terrain, à nous aider à crier bien fort aux oreilles des pouvoirs publics qu’il ne faut pas oublier ceux qui souffrent et qui endurent une guerre chez eux contre eux directement, il faut répéter sans relâche que c’est une guerre contre une population qui a refusé le diktat d’un régime illégal voulant lui imposer d’abandonner sa langue maternelle. Il ne faut pas, surtout pas s'habituer au drame, il faut que nous aidions ces populations car elles comptent sur nous.

    VDLR : Avec vous on ne parle pas seulement. Symbole de la résistance par l'action en France ? Symbole d'une France qui se lève ?

    André Chanclu : Nous sommes des gens simples qui vivons au cœur d’un pays fracturé par la crise globale. Nous sommes entrepreneurs, salariés, fonctionnaires, retraités, étudiants, chômeurs enfin tout ce qui constitue un peuple qui vit. Nous sommes ce pays réel qui a des émotions et qui voit que son monde a un peu trop tendance à ne plus l’écouter et surtout un monde qui ne respecte plus les véritables valeurs d’humanité et sensibilité face à l’horreur. Un symbole que nous aimons bien est St Michel terrassant le démon. Ce qui va en faire rigoler certains, je ne crois pas que chez nous, ce symbole fasse rigoler. Il impose le respect car cet archange était doté d’une épée et qu’il savait s’en servir. /N

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