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    Pourquoi l'élargissement de l'OTAN vers l'Est a détruit la confiance

    Pourquoi l'élargissement de l'OTAN vers l'Est a détruit la confiance

    © Photo : RIA Novosti/Sergui Guneev
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    Les experts appellent l'élargissement de l'OTAN vers l'Est « un coup de Jarnac dans l'histoire contemporaine ». En février 1990, au cours des négociations sur la réunification de l'Allemagne, l'Occident avait promis à l'URSS que l'alliance « ne bougerait pas d’un pouce dans la direction orientale ». Cependant, tous ces engagements ont été violés.

    La politique agressive de la progression de l'OTAN vers l'Est n’est rien d'autre que la violation des accords directs, obtenus en 1990. A l’époque, lors des négociations sur le retrait des troupes soviétiques des États de l'Europe de l'Est, en particulier de l'Allemagne, les dirigeants de l'URSS insistaient sur la principale condition : des engagements fermes sur le non-élargissement de l'OTAN. Et la promesse était faite, en outre, au plus haut niveau. Le secrétaire d'État américain James Baker avait promis au leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev que « l'OTAN ne s'avancera pas vers l'Est ». L’ancien ministre américain de la Défense Robert McNamara affirmait aussi que les États-Unis s’engageaient à « ne jamais élargir l'OTAN vers l'Est, si Moscou acceptait la réunification de l'Allemagne ».

    Mais depuis ce temps-là, dix pays de l'Europe orientale sont entrés dans l'OTAN. Les représentants de l'alliance affirment qu'aucune promesse n'a été violée puisqu’elle n’a été donnée par personne. Les documents officiels n'étaient pas signés, en effet. Toutes les promesses n’étaient données que verbalement. Les experts russes trouvent que c'était la principale erreur de Gorbatchev. Il n'a pas demandé des garanties écrites à l'OTAN.

    Mikhaïl Gorbatchev lui-même, en se rappelant les événements de ces années, déclare dans de nombreuses interviews qu’il ne fallait pas se fier aux politiques américains. Dans la grande politique, c’est un cas fréquent, remarque le conseiller de l'Académie des Sciences Russe, l’académicien Vilen Ivanov.

    « Ils ne pouvaient pas obtenir leurs objectifs autrement, affermir leurs positions et attirer à la coopération de nouveaux pays. S'ils avaient tenu leurs promesses, naturellement, ils auraient eu du mal à le faire. Donc, ils ont profité de la situation, de la naïveté politique de nos chefs … et au final, l'OTAN s'est rapprochée de nos frontières. »

    Mikhaïl Gorbatchev est assuré que ce sont les États-Unis qui ont commencé à casser les accords obtenus. Les intérêts de Washington, avant tout, consistaient à établir leur domination dans le monde. Le vice-directeur de l'Institut des États-Unis et du Canada Pavel Zolotarev déclare :

    « L'idée de l'élargissement de l'OTAN est apparue non dans l'alliance, mais aux États-Unis. Elle a été prise par les dirigeants de ce pays et elle a été réalisée avec l'aide des collègues au sein de l'Alliance Atlantique. La possibilité d'élargir la sphère d'influence est apparue au moment où les pays sortaient du Traité de Varsovie, l'Union Soviétique se désintégrait. Le processus de l'élargissement de l'OTAN a commencé, d'abord sous le label "Partenariat pour la paix", comme une étape préparatoire, et ensuite, l’adjonction des pays à l'OTAN. »

    Mais l'histoire se répète. Le déploiement du système de l'ABM en Europe de l'Est est accompagné d’assurances qu'il n'est pas dirigé contre la Russie. Tous les appels des pouvoirs russes à accorder des garanties écrites sont restés sans réponse. Peut-on faire confiance à ces promesses ? On connait la réponse : le crédit de la confiance à l’égard de l’OTAN est épuisé. /N

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