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    Lavrov durcit le ton contre les Etats-Unis

    Lavrov durcit le ton contre les Etats-Unis

    © Photo: RIA Novosti/Aleksey Nikolskyi (archive)
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    L'Occident souhaite changer la Russie, c'est là l'objectif authentique des sanctions contre Moscou, a déclaré Sergueï Lavrov aux journalistes. Il a noté que cette approche coloniale était propre à une époque révolue. De l'avis des experts, cette déclaration virulente faite par le chef de la diplomatie russe atteste que l'approche de l'Occident vis-à-vis de la solution de la crise actuelle est inacceptable pour la Russie.

    L'Occident ne cache pas que l'Ukraine n'est pas du tout le but des sanctions et de la pression sur la Russie, déclare Sergueï Lavrov. Selon lui, Washington et Bruxelles tentent d'imposer à Moscou leur position sur les questions de principe cardinales. C'est le siècle passé, une époque révolue, un mode de pensée inertiel et colonial, est persuadé Sergueï Lavrov.

    « Nous voulons une coopération égale en droits, qu'elle soit effectivement égale en droits. Nous voulons que la politique extérieure soit exemptée d'idéologie, qu'il n'y ait pas de tentatives de sacrifier l'économie au nom de l'obtention d'objectifs géopolitiques unilatéraux assez douteux. Il y a une école de pensée dont les adeptes estiment que la partie russe doit faire des concessions unilatérales du côté russe pour obtenir un avantage économique et éviter des dommages. Je n'appartiens pas à cette école. Non pas que je n'aime pas mon pays. Mais parce que la politique extérieure des pays comme la Russie renferme également l'obligation de faire valoir l'équité et l'égalité en droits, le caractère démocratique des relations internationales ».

    L'Occident pose à la Russie les conditions suivantes : il annulera les sanctions si la Russie aide à régler la crise en Ukraine. La réponse de Moscou est, selon M. Lavrov, simple : la partie russe ne remplira et ne concertera aucun critère ni aucune condition de ce genre. La Russie fait déjà plus que les autres pour que la crise en Ukraine soit réglée, a souligné Sergueï Lavrov. C'est Moscou qui est à l'origine de l'initiative de Genève d'avril et des accords ultérieurs de Berlin. Les accords de Minsk sont le résultat des initiatives émanant des présidents de Russie et d'Ukraine, Vladimir Poutine et Piotr Porochenko. Selon le ministre, à l'heure actuelle Moscou met à profit ses liens en vue d'obtenir que les accords soient appliqués comme il faut. Par contre, les collègues occidentaux « n'utilisent pas de façon requise leur influence sur Kiev afin de le persuader que la voie concertée entre lui et les miliciens n'a pas d'alternative ».

    Ces derniers temps le comportement des Etats-Unis devient de plus en plus paradoxal. D'une part, Washington fait tout pour isoler la Russie. De l'autre, la Maison Blanche appelle Moscou à coopérer pour solutionner les problèmes en Irak et en Syrie, ainsi que pour faire face au groupe Etat islamique. Une telle politique est d'ailleurs propre aux Américains, a noté M. Lavrov :

    « Leur approche consommatrice des relations internationales est un trait typique des Américains. Ils jugent être en droit de punir les pays qui n'agissent pas dans une question quelconque au gré de Washington. Cependant ils exigent de la part de ces mêmes pays de coopérer sur les questions d'importance vitale pour les Etats-Unis et leurs alliés. Cette approche n'est pas correcte et j'en ai parlé à John Kerry. Il me semble qu'il comprend la faiblesse de ces tentatives, au moins en ce qui concerne les relations entre les Etats-Unis et la Russie ».

    Sergueï Lavrov s'est déclaré sûr que les pays occidentaux ont pris conscience du caractère pernicieux de leur politique visant à punir la Russie. Il est également convaincu que cette approche inertielle de grande puissance des affaires internationales sera corrigée inévitablement, ce qui prendra, malheureusement, beaucoup de temps.

    Le ton des déclarations du ministre russe des Affaires étrangères durcit ces derniers temps. Le directeur adjoint de l'Institut des Etats-Unis et du Canada Valeri Garbouzov estime cependant qu'il ne s'agit que d'une réponse adéquate aux messages de Washington :

    « Les Etats-Unis ont opté pour la voie visant à dissuader la Russie, l'ensemble des faits en témoigne. Le président, des membres du Congrès et des hauts responsables de l'administration Obama en parlent. Je trouve ces facteurs suffisamment sérieux et inquiétants ».

    Le politologue Viktor Kouvaldine qualifie la dernière intervention de Sergueï Lavrov de sensationnelle :

    « Sergueï Lavrov est un grand professionnel possédant une riche expérience. Il est calme et maître de soi. Il est notoire que la langue n'est pas donnée au diplomate pour exposer ses pensées, mais, au contraire, pour les dissimuler habilement. La grande question est de savoir pourquoi il a décidé de jouer cartes sur table. La crise et la lutte diplomatique autour de cette crise ont atteint apparemment un point critique. Les dirigeants de Russie en sont venus à la conclusion que le modèle de solution proposé par l'Occident, à savoir les conditions toujours nouvelles posées à la partie russe pour lever les sanctions, était inacceptable pour la Russie ».

    Cela ne signifie pas bien sûr que l'Occident et la Russie ne pourront pas s'entendre en fin de compte. Sergueï Lavrov a signalé que l'Europe et la Russie étaient vouées à être ensemble. Ce sont des voisins ayant une histoire commune séculaire. Leurs relations s'arrangeront dès que les politiques occidentaux commenceront à penser en termes globaux. Finalement, la Russie a déjà plusieurs fois sauvé l'Europe contre elle-même. /N

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