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    Le déséquilibrage de l’Europe

    Le déséquilibrage de l’Europe

    © Collage: Voix de la Russie/Burov Vladimir
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    À la réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE à Bruxelles cette semaine, les diplomates européens ont donné la preuve du vrai déséquilibrage de la politique de l’UE.

    D'une part, on voit que les Européens n’ont pas envie de durcir, au détriment d’eux-mêmes, les sanctions économiques contre la Russie. D’autre part, la pression des États-Unis se renforce. Finalement, s'étant exprimé contre le renforcement de la pression sur Moscou, ils ont pris la décision seulement d'élargir "les listes noires" des personnes interdites d'entrée en UE et dont les comptes bancaires européens seront gelés. On y a ajouté cette fois les leaders de la République autoproclamée de Donetsk et de Lougansk. Mais les sanctions contre la Russie, c’est autre chose…

    À Kiev et à Washington, on continue à faire pression sur Bruxelles. Ce n’est pas un secret qu'à la rencontre en petit comité entre Barak Obama et les leaders de l’UE en marge du sommet du G20 à Brisbane, la crise en Ukraine a été examinée. Mais cette fois, Washington n’a pas réussi à persuader l'Europe de renoncer à ses propres intérêts. Le professeur de la faculté de la politologie de l'Université de Moscou Andreï Manoïlo trouve que Washington, en imposant les sanctions antirusses, tente d'affaiblir l'Europe aussi bien que la Russie.

    « Washington mène un jeu double. L'Union Européenne est pour les États-Unis un adversaire non moins dangereux que la Russie. Dans le plan économique, en premier lieu. Et les États-Unis seraient contents de faire d’une pierre deux coups, profitant de la crise ukrainienne, de l'instabilité en Ukraine. Nuire à la Russie, dont les positions se renforçaient vite ces dernières années, parce que la Russie a une politique étrangère très forte. Et que la Russie peut déjà non seulement exposer son opinion au sujet des événements qui se passent dans le monde, mais aussi les défendre dans l'arène internationale. Et par la même occasion, les États-Unis veulent porter atteinte à l’Union Européenne. D'une part, ils tentent de passionner l'Europe unie avec leurs projets, en premier lieu, politiques. D'autre part, ils profitent de n'importe quelle possibilité pour saper sa puissance économique. »

    La plupart des capitales européennes ont été déçues par la tactique des sanctions. Par exemple, Berlin, ces derniers jours, appelait instamment au dialogue avec la Russie. C’est ce que disaient la chancelière allemande Angela Merkel et le chef du Ministère des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier. Et à la veille de la rencontre à Bruxelles, le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel a déclaré qu’"on ne peut pas changer la position de la Russie par des sanctions supplémentaires. Cela ne ferait qu’aggraver la situation".

    Washington trouve qu'il a le droit de punir les pays quand ceux-ci agissent contrairement à ses souhaits, a déclaré récemment le ministre des affaires étrangères de Russie Sergei Lavrov.

    « Aujourd'hui, dans le monde global interdépendant, la fixation des nouvelles lignes de partage, l’introduction de différents obstacles, économiques, de visas, c’est un anachronisme évident. Je voudrais donc rappeler les paroles du grand écrivain russe Fiodor Dostoïevski qui restent actuelles. Je cite : «En Europe, on clame les attaques russes, on dénonce la perfidie russe, et les braillards eux-mêmes n’y croient pas du tout ». C’est une citation. Cela ressemble beaucoup à ce que nous observons aujourd'hui. »

    Avant la rencontre de Bruxelles, le ministre finlandais des affaires étrangères Erkki Tuomioja a déclaré que pour le règlement de la crise ukrainienne, il est nécessaire de chercher une solution politique. Les représentants de la Slovaquie, de la Hongrie, de la Grèce et de Chypre se sont exprimés, eux aussi, contre les nouvelles sanctions à l’égard de la Russie.

    Paraît-il, l'Europe commence à se lasser de l’étreinte mortelle de l’Oncle Sam qui risque de l’étouffer tout en l’embrassant amicalement. T

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