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Les amalgames révélatrices de M. Cameron
© Photo : RIA Novosti/Sergej Guneev

Les amalgames révélatrices de M. Cameron

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Selon une déclaration faite par David Cameron devant l’ONU le 26 septembre 2014, il faudrait traiter de la même façon les terroristes de l’EI et ceux qui mettent en doute les véritables circonstances du 9/11 ou des attentats perpétrés à Londres en juillet 2005. Le délit d’opinion, serait-il considéré comme étant une forme de terrorisme ? Penser autrement que ne le prescrit la bien-pensance au pouvoir, serait-ce nécessairement terroriser ?

Je vous laisse apprécier l’extrait suivant : « Les extrémistes non-violents sont tout aussi dangereux que les terroristes et doivent être éradiqués de la même façon par tous les moyens à la disposition du gouvernement ». Voici maintenant le contexte : certains analystes – tout comme certains prédicateurs (clin d’oeil renvoyant aux islamistes et essentiellement aux islamistes) – remettant en question la nature des évènements qui ont précédé et/ou accompagné les tragédies de 2001 et 2005, sans prôner la violence, contribuent néanmoins à justifier les actes terroristes perpétrés.

Raisonnons froidement et logiquement.

- Dans cette optique assez spécifique des régimes autoritaristes, on constate que n’importe quel opposant au credo gouvernemental pourrait être qualifié de terroriste et traité comme tel. Or, à force de se faire rabattue, vidée de son essence, la notion de terrorisme se banalise en même temps qu’elle banalise le véritable terrorisme. On s’offusque de voir une Farida Belghoul s’élever contre l’étude projetée de la théorie du genre dans les écoles mais la loi est quasi-impuissante face aux revenants djihadistes forts au moment de leur départs de l’étrange obsession anti-Bachar du Quai d’Orsay. On s’offusque de voirThierry Meyssan publier un livre où la version officielle du 9/11 est mise à mal mais on considère que son travail de réinformation –il faut le reconnaître entièrement factuel tout comme celui de Michel Collon ou de Luc Michel – est plus dangereux que les propos d’un ministre incitant à faire tomber des dictatures en fait laïques ou aussi dangereux que les agissements des coupeurs de tête de l’EI. Rêverait-on ?

- Hélas, non. Au délit négationniste – incluant le délit sous-entendu par la loi Gayssot – vient se surajouter, simplement et terriblement, celui d’opinion. Les apparatchiks de l’époque stalinienne n’auraient pu faire mieux. On pourrait encore comprendre, à la rigueur, qu’une étude historique plus ou moins critique de l’Holocauste soit un sujet tabou bien qu’il ne soit pas défendu d’étudier l’histoire des goulags. Peut-être est-ce lié au fait que cette dernière ne saurait être connnotée sous un angle racial. En revanche, comment expliquer l’interdiction de toute enquête historique portant sur l’identité des pilotes kamikazes, de l’angle sous lequel les tours jumelles sont tombées et du sort du troisième avion qui se serait écrasé sur le Pentagone ? Devrait-on en déduire que tout ce qui a trait aux souffrances du peuple américain est automatiquement sacralisé et que les conclusions présentées par la Maison-Blanche sont infaillibles ?

En réalité, ce sont moins les peuples occidentaux qui sont perçus comme des peuples élus puisque, par exemple, l’écoute généralisée qui est pratique courante dans les States vient d’être votée en France le jour de Noël que les élites atlantistes qui espérent continuer à imposer leur Vérité au reste du monde, cela par des moyens répressifs de plus en plus hallucinants. On le voit donc distinctement, l’autoritarisme se globalise au même titre que la déshumanisation forcée des sociétés.

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