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    Après une attaque contre une mosquée à Christchurch, en Nouvelle-Zélande

    Massacre de Christchurch: est-ce vraiment des conséquences «des immigrations excessives»?

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    Attaques contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande (15)
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    La tuerie du 15 mars dernier dans deux mosquées de Christchurch qui a fait 50 morts et une cinquantaine de blessés est attribuée par certains politiciens en Nouvelle-Zélande et en Australie à un manque d’attention au problème d’immigration excessive dans ces deux pays. Sputnik en a discuté avec trois Néozélandais.

    Au lendemain des attentats dans deux mosquées de Christchurch qui ont fait le 15 mars dernier 50 morts et une cinquantaine de blessés, le sénateur australien Fraser Anning a déclaré que ce massacre résultait du programme d'immigration adopté en Nouvelle-Zélande, ce qui lui a valu une ferme condamnation de la part du Sénat.

    «M.Anning n'a fait que constater un fait tout à fait évident, en relevant que c'est justement le terrorisme musulman qui a poussé un tireur australien instable à perpétrer ce massacre. Et que les crimes perpétrés par les musulmans et contre les musulmans pourraient être prévenus par l'arrêt des immigrations excessives, notamment des immigrations musulmanes depuis le "tiers monde"», a estimé dans un entretien avec Sputnik Phil Shannon, spécialiste des migrations vers l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

    Et d'ajouter que les propos du sénateur australien n'étaient pas absolument infondés.

    «Les immigrés constituent un tiers de l'ensemble de la population australienne qui se chiffre à 25 millions d'habitants. […] À présent, en moyenne, toutes les 2 minutes et 21 secondes, un immigré débarque sur le sol australien», a noté l'expert.

    Leighton Baker, homme d'affaires et leader du Nouveau parti conservateur néozélandais, a déclaré pour sa part à Sputnik que le pays devrait «élaborer un plan d'immigration à long terme, compte tenu des emplois qui seraient toujours nécessaires à l'avenir».

    «Si nous permettons aux gens d'y venir faire un travail qui devient inutile, nous rejetons tout simplement le fardeau [de l'immigration excessive, ndlr] sur les épaules de la future génération du pays. Nous devons réserver davantage d'attention aux immigrés susceptibles de s'intégrer dans la société néozélandaise par la langue et la culture», a poursuivi M.Baker.

    En même temps, Don Brash, ancien leader du Parti national de Nouvelle-Zélande, a déclaré à Sputnik que rien ne pouvait justifier les atrocités commises contre des personnes sans défense et ce, indépendamment de leur appartenance à une religion ou à un groupe ethnique quelconque.

    «Je pense qu'on comprend que, comme cette tuerie avait tellement débordé le cadre des valeurs auxquelles tiennent tous les Néozélandais, le gouvernement a bien fait, en montrant qu'indépendamment de l'attitude de qui que ce soit envers l'islam, il ne peut y avoir aucune justification pour un massacre de personnes sans défense pendant leur prière», a martelé M.Brash.

    Selon les interlocuteurs de Sputnik, la tragédie du 15 mars a en quelque sorte divisé la société néozélandaise. L'opposition de la majorité de la population à l'immigration excessive est systématiquement passée sous silence sous la pression du «lobbying de la croissance».

    Les tirs qui ont retenti le 15 mars dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, ont fait 50 morts et une cinquantaine de blessés. La police a désamorcé plusieurs explosifs artisanaux découverts dans des véhicules garés à proximité. L'auteur présumé d'au moins l'une de ces fusillades, l'Australien Brenton Tarrant, 28 ans, a été inculpé de meurtres et sera maintenu en détention provisoire jusqu'à sa comparution devant la Haute Cour le 5 avril.

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    Attaques contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande (15)

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    massacre, tuerie, immigration, islam, Parti national de Nouvelle-Zélande, Sputnik, Don Brash, Fraser Anning, Phil Shannon, Christchurch, Australie, Nouvelle-Zélande
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