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Depuis le 23 juillet, le personnel hospitalier du CHU de Point-à-Pitre est en grève pour dénoncer des conditions de travail «insoutenables». Le sénateur LREM Dominique Théophile a fait le point pour Sputnik sur cette «situation désastreuse».

Les Guadeloupéens se mobilisent pour un CHU digne de ce nom. Un mouvement de grève générale a débuté le 23 juillet au CHU de Point-à-Pitre, avec la mise en place d’un barrage filtrant pour dénoncer des conditions de travail «insoutenables» et une mauvaise prise en charges des patients et des malades. En effet, la liste des pénuries qui touchent l’hôpital s’allonge: manque de médicaments ou encore interruption de l’approvisionnement des denrées. Pour interpeller le gouvernement, une dizaine d’organisations syndicales ont appelé les guadeloupéens à défiler jeudi 1er août afin de soutenir le personnel hospitalier.

​Un appel entendu puisque plusieurs milliers de personnes étaient présentes dans les rues de Point-à-Pitre. La radio RCI a annoncé que 6.000 manifestants avaient défilé, d'après le décompte des syndicats, quand les forces de l’ordre en dénombraient 2.500.

​Depuis l’incendie du 28 novembre 2017, le fonctionnement du CHU est très perturbé. Et pour cause, plusieurs services ont dû être délocalisés dans des locaux transitoires inadaptés, selon le personnel. Par ailleurs, certaines parties du CHU sont vétustes, en atteste une vidéo amateur postée sur Twitter.

​Des habitants préoccupés par la détérioration de l’offre de soins

Dans un communiqué de presse, les syndicats fustigent la «rupture dans l’accès aux soins, des retards de prises en charge, une surmortalité singulièrement des bébés et personnes âgées». Une situation inquiétante pour de nombreux Guadeloupéens qui expriment leur mécontentement sur les réseaux sociaux à l’aide du #SOSCHUGuadeloupe, ou via des pétitions, comme celle du personnel soignant du CHU «stop à la catastrophe sanitaire en Guadeloupe» qui a obtenu plus de 10.000 signatures en moins de 24h.

​Selon un sondage Qualistat réalisé en juillet, 82 % de la population guadeloupéenne estime que ce mouvement social est justifié, quand 15% des sondés le juge injustifié. Pour répondre aux craintes des habitants de l’île, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a déclaré que «le plan de réorganisation de l'offre de soins et la situation structurelle de l'établissement devraient être stabilisés en 2020».

«Ce plan a fait l'objet d'un financement conséquent à hauteur de 54 millions d'euros pour la livraison d'un nouveau pôle parents-enfants en octobre 2020» et «la réhabilitation des premiers services aux urgences d'ici la fin de l'année. Les blocs seront de nouveau opérationnels au 1er semestre 2020», a-t-elle assuré.

Avant l’incendie, une situation financière déjà précaire

Si l’incendie a accentué la détérioration des conditions de travail, l’hôpital était déjà en proie à de grandes difficultés budgétaires. Gérard Cotellon, directeur général de l’hôpital, détaillait au micro de France 3 la situation financière du CHU. «Nous avons un décalage trop important entre les charges qui sont trop élevées et des recettes qui sont trop faibles». Ainsi, la «masse salariale mensuelle est en moyenne aux alentours de 17 millions d’euros et des recettes mensuelles aux alentours des 14 millions d’euros». Contacté par Sputnik, le sénateur de Guadeloupe Dominique Théophile (LREM) a expliqué que pour pallier ce déficit structurel, «nous avons sollicité un soutien continu de l’État jusqu’en 2025. Les trois premières années pour tout remettre à flot. Puis, une aide dégressive jusqu’à 2025». Dans les faits, l’État fournira un plan d’apurement de la dette et «une aide supplémentaire en trésorerie a été versée à l'établissement début juillet, ce qui permettra d'atteindre 48 millions d'euros d'aide pour les six premiers mois de 2019» a déclaré Agnès Buzyn.

Un nouveau CHU ultra performant à l’horizon 2025

Si répondre aux problématiques actuelles du CHU peut prendre du temps, en parallèle l’État mise sur l’avenir. Un nouveau CHU, qui a nécessité un investissement de 580 millions d’euros, devrait voir le jour d’ici début 2025. Pour Dominique Théophile, cet investissement est primordial pour la santé économique de l’île.

«Nous avons besoin de capter une patientèle caribéenne. Malgré nos malheurs, nous sommes mieux dotés que les pays qui nous entourent. Nous devons reprendre le leadership sur un système de santé qui pourrait recevoir nos voisins et faire en sorte que la santé soit un levier du développement économique et touristique.»

Et de conclure,

«Néanmoins, même si nous aurons l’hôpital le plus performant et le mieux équipé de France, il n’empêche qu’entre aujourd’hui et 2025, nous ne devons pas laisser pourrir une situation. La santé c’est tous les jours, chaque minute, chaque seconde. Donc le même niveau de soin doit être donné jusqu’en 2025. Et en 2025, le maintenir» a rappelé le sénateur.

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Tags:
santé publique, Guadeloupe, manifestation, Agnès Buzyn, La République en Marche! (LREM)
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