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Face au risque élevé d’attentat, et pour «rassurer les chrétiens», le ministre de l’Intérieur a décidé de «renforcer significativement» le dispositif de sécurité ces 24 et 25 décembre, veille et jour de Noël. À Nice, cible du dernier attentat contre une église, le niveau d’alerte est au maximum.

«Urgence attentat». C’est le niveau le plus élevé du plan Vigipirate. C’est celui qui est en vigueur depuis le 29 octobre et l’attaque au couteau qui avait fait trois morts dans la basilique Notre-Dame de Nice. À titre «dissuasif», les préfets ont donc reçu des instructions

particulières concernant les lieux de culte. Dans un télégramme expédié la veille du réveillon de Noël, Gérald Darmanin leur demande «d'assurer un maximum de mobilisation visible de nos forces de sécurité aux abords immédiats des églises et des temples dans cette période de risque élevé d’attentat». Une mesure justifiée, mais qui n’est pas inédite, explique pour Sputnik le père Frédéric Sangès, vicaire de Notre-Dame de l’Assomption, à Nice, récemment frappée par le terrorisme.

Une menace prise au sérieux

Cela fait déjà un moment que l’Église de France et les services de sécurité communiquent et s’organisent pour parer à une éventuelle attaque lors des fêtes de Noël. Celles-ci clôturent une année particulièrement difficile, marquée par une crise sanitaire internationale et une nouvelle vague d’attaques terroristes, dont l’une des dernières visait les catholiques. Aujourd’hui, l’hypothèse de nouvelles tragédies est envisagée. Les lieux de culte s’y préparent.

«Le dispositif est déjà plus ou moins actif, nous sommes constamment en lien avec les forces de sécurité. Nous leur communiquons les horaires des messes, le nombre moyen de participants par célébration et les patrouilles de Vigipirate passent régulièrement», précise celui qui est également en charge du tourisme pour l’ensemble du diocèse niçois.

Pour ce qui est du nombre de participants aux offices, la jauge avait initialement été limitée par le gouvernement à trente personnes, lors de l’annonce de réouverture des lieux de culte faite le 24 novembre par Jean Castex. Une limite qui avait été jugée incohérente par les catholiques, car s’appliquant de la même manière aux grands comme aux petits édifices. Cassée par le Conseil d’État, cette jauge avait été réévaluée et portée à 30% de la capacité d’accueil des églises. «Il s’agit maintenant d’un tiers de la capacité, avec distanciation de 1,5 mètre», précise le père Frédéric Sangès. L’assistance sera plus nombreuse, donc, ce qui justifie un tel déploiement sécuritaire. En revanche, celui-ci n’est pas nouveau et a même déjà été plus large lors de la vaque d’attentats en 2015-2016.

«Après le Bataclan, le gouvernement avait exigé que les sacs soient fouillés à l’entrée des églises. De manière générale, le dispositif avait été pire. Mais, en termes de présence militaire, ce sera pareil ce week-end», indique également Frédéric Sangès. Pour le prêtre de cette paroisse du vieux Nice, la menace est prise très au sérieux par les autorités. «Nous avons des informations du ministère de l’Intérieur et des Communications disant qu’ils s’attendent à d’autres attentats, ce qui explique un tel dispositif», révèle-t-il, corroborant l’apport des forces militaires de Sentinelle qui «pourront utilement être mobilisées», en renfort des policiers et gendarmes.

Vigilance accrue et confiance des fidèles

Pourtant, malgré la menace qui plane –elle-même entretenue par l’inquiétude du gouvernement et la vigilance accrue des forces de l’ordre–, les fidèles sont sereins en cette veille de Noël dont les premières messes seront célébrées ce soir. «Il n’y a pas de tensions particulières» chez les fidèles, assure même l’abbé Sangès. Même si, à Notre-Dame de l’Assomption, certaines plaies ne sont pas refermées.

«Certains reviennent pour la première fois depuis l’attaque et c’est difficile. On les accueille et on les accompagne. Je pense notamment au meilleur ami de Vincent [l’une des victimes, ndlr], il y a encore des moments où il craque. La famille d’une autre victime vient encore se recueillir chaque semaine et réciter des chapelets.»

Notre interlocuteur se dit pourtant confiant pour les fêtes et considère que les paroisses déjà frappées ne sont pas les plus menacées.

«Personnellement, je ne pense pas que nos églises seront la cible du terrorisme cette année. Concernant Notre-Dame de Nice, les terroristes ne frappent généralement pas deux fois au même endroit, car ils savent que c’est désormais particulièrement surveillé. Nous n’avons donc pas d’appréhension majeure pour notre diocèse», confie, posément, l’ecclésiastique avant de retourner aux derniers préparatifs de la fête de la Nativité.

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Tags:
église, attentat, état d'urgence, Noël
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