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Les autorités québécoises ont autorisé la réouverture des cinémas, mais pas la consommation de pop-corn dans les salles. Le gouvernement Legault a essuyé de nombreuses critiques à la suite de cette décision controversée. Assez pour nuire à sa popularité?

«Est-ce que j’anticipais un “pop-corn gate” au Québec? Si vous m’aviez dit ça il y a quelques mois, je n’y aurais pas cru.» Ce sont les mots du Premier ministre québécois, François Legault, qui ne s’attendait pas à une telle controverse en annonçant la réouverture des cinémas dans les zones les plus touchées par le Covid-19.

«Je me mets à la place des parents pour la semaine de relâche. […] Donc, avec la Santé publique, pour accommoder [arranger] les parents, on a quand même fait des efforts. Et je vous annonce que, à compter […] du vendredi 26 février, les cinémas vont être ouverts dans les zones rouges, donc partout au Québec», avait-il déclaré en conférence de presse, le 16 février dernier

La consommation de pop-corn dans les salles de cinéma, risque faible, modéré ou élevé pour la santé publique dans le contexte du Covid-19? Le gouvernement Legault a tranché. Les cinémas pourront rouvrir en zone rouge, mais pas question de prendre le moindre risque avec le maïs soufflé dans les salles.

Pas de pop-corn, pas de réouverture, répliquent les exploitants

Des propriétaires et directeurs de cinémas ont vite réagi en affirmant que la réouverture de leurs établissements ne serait pas rentable s’ils n’avaient pas le droit d’y commercialiser confiseries, boissons et autres amuse-gueule. Surtout, si la vente de pop-corn était prohibée!

Propriétaire des dix complexes Cinémas Guzzo, Vincent Guzzo est le plus important propriétaire de cinémas indépendants dans la Belle Province. Il n’a pas manqué de vitupérer contre la décision gouvernementale.

Celui qui est devenu l’une des figures centrales de la polémique ne mâche pas ses mots.

«C’est incompréhensible et absurde. Si le gouvernement maintient cette règle, je ne rouvrirai pas. Parce que ça n’a simplement pas de bon sens. Je suis bien prêt à abandonner les pizzas et ce genre de choses, mais le pop-corn et les boissons gazeuses, non», s’est insurgé Vincent Guzzo dans une entrevue accordée à TVA Nouvelles.

Pour ou contre le pop-corn dans les salles obscures? Il n’en fallait pas plus pour alimenter un vif débat sur les réseaux sociaux, où des centaines d’internautes ont fait part de leur mécontentement envers le gouvernement Legault.

​Selon l’Association des propriétaires de cinémas du Québec (APCQ), l’interdiction de vendre de quoi grignoter privera ses membres d’au moins 50% de leurs revenus. Les exploitants sont déjà tenus de faire respecter le port du masque chirurgical durant toute la durée des programmes et ne peuvent accueillir plus de 250 personnes par salle. De même, les directeurs des salles situées en zone rouge doivent s’assurer que les horaires des projections permettront à leurs clients de rejoindre leurs pénates en temps et en heure. En effet, un couvre-feu de 20h à 5h est toujours en vigueur dans ces zones dites à risque élevé.

Subvention du pop-corn: réactions épidermiques dans toute la province  

Sous la pression, le gouvernement Legault a finalement annoncé qu’il allait offrir une compensation financière aux cinémas qui ne pourraient pas vendre de pop-corn ni aucun autre type de douceurs.

​Poussé dans ses retranchements par l’homme d’affaires Vincent Guzzo et des politiciens comme Éric Duhaime, candidat à la chefferie du Parti conservateur du Québec, le Premier ministre Legault en a fait l’annonce deux jours après le début de la controverse.

​Entre-temps, le ministre québécois de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a demandé sur QUB Radio si Vincent Guzzo ne vendait pas son pop-corn «trop cher», soulevant de nombreuses réactions dans les médias et sur les réseaux sociaux.

«M. Guzzo est très présent sur Twitter. Il n’est pas très gentil quand il parle de moi. Mais je peux comprendre qu’une part des profits des cinémas viennent de la vente de pop-corn. […] M. Guzzo disait qu’il n’ouvrirait pas ses cinémas si on ne lui permettait pas de vendre de pop-corn et il a plusieurs salles», s’est justifié M. Legault en annonçant que les exploitants seraient indemnisés pour leurs ventes perdues.

Si Québec pensait enfin mettre un terme à la controverse, le bal est reparti de plus belle lorsque Vincent Guzzo a annoncé sur son compte Twitter qu’il n’allait pas prendre «l’argent public pour du pop-corn invendu» et que «ça n’avait jamais été sa philosophie».

​L’hommes d’affaires ne compte donc toujours pas rouvrir ses 141 salles.

Le gouvernement Legault peut toujours compter sur l’appui d’un peu moins de la moitié des Québécois selon un récent sondage réalisé par l’institut Recherche Mainstreet. Selon plusieurs analyses, les mesures de confinement comme le couvre-feu n’ont donc pas affecté la forte popularité du gouvernement nationaliste de centre.

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Tags:
marché du cinéma, François Legault, Canada, Covid-19
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