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En session plénière mardi à Strasbourg, les eurodéputés ont abordé l’évolution de la crise qui touche l’Algérie depuis le 22 février. Pour certains, le timing de l’appel du chef de l’armée à déclarer l’incapacité du Président à gouverner interroge. D’autres évoquent l’impact d’une déstabilisation du pays sur la sécurité énergétique de l’Europe.

Mardi 26 mars, la crise politique qui secoue l'Algérie depuis le 22 février née des manifestations populaires contre un 5e mandat du Président Bouteflika était au centre des discussions en session plénière au parlement européen. Les eurodéputés ont évoqué l'évolution de la crise et les risques que comporte une déstabilisation de ce pays d'Afrique du Nord pour toute la région. Ceci intervient dans un contexte marqué par l'appel du chef de l'état-major de l'armée algérienne à l'application de l'article 102 de la Constitution pour déclarer la vacance du poste du Président de la République.

Depuis 2013 et son attaque cérébrale, le Président Abdelaziz Bouteflika semble dans l'incapacité d'exercer ses fonctions. Ainsi, les députés européens s'interrogent quant au but de l'appel du chef de l'armée algérienne à déclarer l'incapacité à gouverner du chef de l'État.

«Il ne faut pas que cela paraisse comme une espèce de manœuvre pour gagner du temps», a déclaré l'eurodéputée française Tokia Saïfi, 1ère vice-présidente de la commission du commerce international, et membre de la commission des Affaires étrangères, selon l'RFI. «Tout le monde sait que le président Bouteflika était inapte depuis assez longtemps. Donc, je trouve assez curieux qu'on n'en parle que maintenant», a-t-elle ajouté.

Auparavant, elle avait soutenu dans un tweet les revendications du peuple algérien.

Évoquant le partenariat énergétique entre l'Union européenne et l'Algérie, notamment en matière de livraison de gaz, l'eurodéputé écologiste espagnol Ernest Urtasun a mis en garde contre les graves conséquences que pourrait avoir une déstabilisation de ce pays sur la sécurité énergétique de l'Europe.

«Il y a toute la question des hydrocarbures qui reste une question essentielle pour les gouvernements [européens, ndlr]. Face aux ressources que l'Algérie fournit à l'Europe, plus la crainte de la déstabilisation, ceci est priorisé», a-t-il affirmé selon RFI.

Dans le même sens, M.Urtasun a reproché à l'Union européenne d'avoir été «trop silencieuse depuis le début des manifestations». «Il y a une crainte de déstabilisation du pays», a-t-il averti.

Le 26 mars, le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah Selon, chef de l'état-major de l'armée algérienne, a appelé à l'application de l'article 102 de la Constitution algérienne qui ouvre la voie à une procédure d'empêchement d'Abdelaziz Bouteflika, afin de garantir «la préservation d'une situation politique stable» dans le pays. Selon lui, les marches populaires pacifiques «revendiquant des changements politiques» pourraient «être exploitées par des parties hostiles et malintentionnées».

L'article en question stipule que «lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l'unanimité, au parlement de déclarer l'état d'empêchement».

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Tags:
sécurité énergétique, destabilisation, gaz, démission, Constitution, Armée nationale populaire algérienne (ANP), Parlement européen, Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Gaid Salah, Europe, Algérie
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