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    Le siège du parlement algérien

    Les élus de 5 partis ont boudé la désignation du successeur provisoire de Bouteflika

    © AP Photo / Toufik Doudou
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    La désignation du président du sénat algérien par le Parlement, ce mardi, au poste de chef de l’État, à la place de Bouteflika, pour une durée de 90 jours, a eu lieu en l’absence des élus de cinq partis politiques d’opposition. Ces partis ont émis des avis divergeant de celui des autorités sur l’utilité de cette procédure pour résoudre la crise.

    Cinq partis algériens d'opposition ont boycotté la séance du Parlement avec ses deux chambres réunies (l'Assemblée populaire nationale et le Conseil de la nation), ce mardi, ayant désigné le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, en tant que chef de l'État par intérim à la place d'Abdelaziz Bouteflika. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), le Front de la justice et du développement (FJD), et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ont fait savoir leur position le lundi 8 avril. Tandis que le Front des forces socialistes (FFS) et le Parti des travailleurs (PT) avaient, quant à eux, décidé auparavant de retirer définitivement leurs élus du Parlement. Ces formations ont exprimé des positions différentes de celle des autorités du pays sur la nécessité de cette réunion dans le processus du règlement de la crise politique.

    «La participation à cette réunion serait une confirmation automatique d'Abdelkader Bensalah comme chef de l'État, ce qui est en contradiction avec les revendications du peuple [qui demande également sa démission, ndlr], clairement exprimées par le hirak populaire [le mouvement populaire, ndlr]», a indiqué le MSP dans un communiqué, cité par l'AFP. Dans ce cadre le MSP affirme que la mise en œuvre de l'article 102 de la constitution ne peut être une solution complète que si elle est accompagnée par des réformes politiques «à même de garantir des élections libres et équitables», selon la même source.

    De son côté, le FFS a affirmé que le peuple algérien est sorti dans la rue, depuis plus d'un mois et demi, pour instaurer «un changement de système et non un changement dans le système», dont «ses deux béquilles institutionnelles (l'Assemblée nationale et le Conseil de la nation)», selon le site d'information Algérie Patriotique.

    Pour sa part, le FJD estime que «la crise que traverse l'Algérie est exceptionnelle et ne peut être réglée que par des solutions exceptionnelles [en dehors des dispositions de l'article 102 de la constitution, ndlr]», selon la même source.

    Le RCD a estimé, quant à lui, que la convocation du Parlement servira à «entraver le lancement d'un nouveau processus politique», selon Algerie Patriotique.

    Suite à la démission du Président Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril, sous la pression de la rue, le parlement algérien, avec ses deux chambres, s'est réuni ce mardi pour mettre en application l'article 102 de la constitution. À cet effet, il a entériné la vacance définitive du poste de Président de la République et installé le Président du sénat, Abdelkader Bensalah, comme chef de l'État par intérim pour une durée de 90 jours. Ce dernier doit s'atteler durant cette période à l'organisation d'une élection présidentielle à laquelle il n'a pas le droit d'être candidat.

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    boycott, élection présidentielle, président, nomination, Assemblée populaire nationale (APN) algérienne, Abdelkader Bensalah, Abdelaziz Bouteflika, Algérie
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