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Campagne de lutte anti-corruption en Algérie (2019) (31)
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Dans un entretien à Sputnik, Ali Benouari, ex-ministre algérien du Trésor et expert financier, a salué la lutte anti-corruption menée par la justice en Algérie. Il a remis dans «le contexte révolutionnaire» algérien l’appel du chef de l’armée au lancement de cette lutte, appelant à répondre vite aux aspirations populaires.

Sur fond d'opération mains propres à laquelle a appelé le chef d'État-major de l'armée algérienne, le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, des hommes d'affaires puissants et hauts cadres du ministère de l'Industrie ont été placés sous mandat de dépôt par le procureur de la République du tribunal de Sidi M'hamed à Alger. Dans un entretien accordé à Sputnik, Ali Benouari, ancien ministre du Trésor et expert international en finances, a commenté ces arrestations à l'aune «de la révolution populaire» qui se déroule en Algérie depuis le 22 février. Il affirme que l'armée algérienne est face à une responsabilité historique dans laquelle elle est tenue «de répondre vite aux aspirations populaires», faute de quoi la situation pourrait dégénérer.

«C'est positif, c'est éminemment positif», a déclaré l'ancien ministre, s'exprimant sur les actions menées par la justice algérienne dans le cadre de la lutte contre la corruption.

Il a expliqué la portée de l'appel lancé par le chef de l'armée à la justice pour accélérer la prise en charge du dossier de la corruption et affirmé qu'«on ne peut pas comprendre les décisions du chef d'État-major si on ne situe pas ces arrestations, ou les initiatives qu'il prend, dans le contexte révolutionnaire». «C'est une phase révolutionnaire qui a lieu aujourd'hui en Algérie», a-t-il ajouté.

Il estime que «ces décisions n'aurait pas pu être prises avant le 22 février, quand le chef de l'armée était encore le soutien du pouvoir de Bouteflika». «Cela étant dit, il faut rappeler que Gaïd Salah était en mauvaises relations avec le frère cadet de Bouteflika [Saïd, ndlr] qu'il accusait d'usurper les pouvoirs du Président, mais aussi avec l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia et l'homme d'affaires Ali Haddad», a-t-il détaillé, soulignant qu'«on peut dire qu'il était en mauvais termes avec la façon dont le pouvoir était géré». «Mais il avait promis à Bouteflika d'être loyal, parce que c'est lui qui l'a nommé», a-t-il poursuivi. Depuis la démission du Président Bouteflika le 2 avril dernier, «il n'a pas d'autres choix que de faire ce qu'il est en train de faire, c'est-à-dire nettoyer les écuries d'Augias, faire un maximum pour contenter le peuple en colère et la rue qui gronde», a-t-il soutenu.

Les 22 et 23 avril, le tout puissant homme d'affaires algérien Issad Rebrab, PDG du groupe agroalimentaire Cevital, les frères Kouninef et Ali Haddad réputés proches de Saïd Bouteflika, ainsi que huit cadres du ministère algérien de l'Industrie ont été tous placés sous mandat de dépôt par le procureur de la République du tribunal de Sidi M'Hamed, à Alger.

Par ailleurs, l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, et l'actuel ministre des finances, Mohamed Loukal, deux proches collaborateurs de Bouteflika, ont reçu une convocation en justice pour gaspillage de deniers publics et abus de pouvoir. Elle a été transmise officiellement lundi 22 avril par la gendarmerie nationale, rapporte l'APS.

Enfin, la justice a interdit à un certain nombre de personnes de quitter le territoire algérien. Les noms n'ont pas été dévoilés, mais les médias avaient déjà révélé ceux d'une dizaine d'hommes d'affaires influents, tous liés à l'entourage du l'ex-chef de l'État.

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Campagne de lutte anti-corruption en Algérie (2019) (31)

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mandat de dépôt, lutte contre la corruption, révolution, Armée nationale populaire algérienne (ANP), Ali Benouari, Saïd Bouteflika, Ahmed Gaïd Salah, Abdelaziz Bouteflika, Algérie
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