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    Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) algérienne

    Le chef de l’armée algérienne affirme détenir des informations sur les intentions des promoteurs de la transition politique

    © AP Photo / Anis Belghoul
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    Dans un discours prononcé ce lundi 26 août à Oran, le chef de l’armée algérienne a fait valoir «des informations confirmées» de l’implication des promoteurs de la transition politique dans le sabotage du processus du dialogue national. Il a affirmé que ces informations seraient dévoilées «au moment opportun».

    Lors du deuxième jour de sa visite dans la deuxième région militaire, à Oran, dans l’ouest de l’Algérie, le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'Armée nationale populaire (ANP) et vice-ministre de la Défense nationale, a affirmé que l’ANP était en possession d’informations concernant les agendas que servent les promoteurs des phases de transition pour la résolution de la crise politique, selon un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN). Il a appelé à organiser l’élection présidentielle dans les plus brefs délais, a précisé le MDN.

    La «phase cruciale que l'Algérie traverse requiert de la sagesse, de la patience et de la clairvoyance», a affirmé le chef d’état-major de l’ANP, rappelant l’«approche bien étudiée» du haut commandement pour accompagner la révolution populaire du 22 février.

    «Cette approche s'articule sur la primauté de la légitimité constitutionnelle, à travers l'organisation d'élections présidentielles transparentes dans les plus brefs délais, afin d'éviter toutes les phases de transition dont les conséquences sont périlleuses, clamées par certaines parties qui n'ont d'autres objectifs que l'aboutissement de leurs intérêts étroits et ceux de leurs maîtres», a-t-il ajouté, soulignant que ces parties «commencent à être démasquées, et nous avons des informations confirmées de leur implication, et que nous dévoilerons au moment opportun».

    Mettant l’accent sur l’urgence de la situation que connaît l’Algérien en ce moment à divers niveaux et dans tous les domaines, en particulier économique, le général Gaïd Salah affirmé que «la logique impose que la préparation de ces élections commence dans les semaines à venir parce que le temps n'est pas de notre côté, comme nous l'avons souligné à maintes reprises, et parce que tout ce que nous avançons est basé sur des informations avérées et des données fiables qui confirment toutes que c'est le choix le plus sûr et le plus adéquat pour sortir de la crise actuelle».

    À ce titre précisément, le chef de l’ANP a salué «les efforts […] consentis par l'instance nationale de la médiation et du dialogue», valorisant «les résultats encourageants réalisés en si peu de temps».

    La campagne anti-ANP

    Depuis le début du mouvement populaire du 22 février en Algérie, l’Armée nationale populaire a subi une campagne médiatico-politique l’accusant de vouloir sauver l’ancien «Système». Les arguments avancés étaient le maintien en poste des responsables surnommés les 4 «B», symbolisant l’ex-pouvoir et surtout l’exigence d’une solution à la crise dans le cadre de la Constitution, à savoir l’organisation d’une élection présidentielle sans passer par une phase de transition.

    Dans un commentaire à Sputnik, l’ex-ministre algérien du Trésor Ali Benouari et président du parti non agréé Nida el-Watan (L’Appel de la Patrie) a énergiquement réagi à cette campagne qui vise à discréditer tout ce que l’armée accomplit actuellement de positif en Algérie.

    Les détracteurs de l’état-major de l’ANP «clament partout que l’armée ne doit pas s’occuper de politique ni interférer dans les affaires judiciaires». «Si on les prend aux mots, il faudrait donc libérer les généraux Toufik et Tartag [anciens chefs des services de renseignement algériens, ndlr], ainsi que Saïd Bouteflika et leurs complices oligarques et ne pas inquiéter les banquiers véreux qui les ont aidés à vider les caisses du pays, afin qu'ils puissent confisquer la révolution lors des prochaines élections, avec toute la force de leurs réseaux et les milliards de dollars volés au peuple» a rétorqué le président de Nida el-Watan.

    Attirant l’attention des Algériens sur la sensibilité de la situation actuelle et de ses probables conséquences négatives, M.Benouari a affirmé que «si cet agenda échoue, ils n'hésiteront probablement pas à passer à leur plan B, qui est de dresser l’armée contre son peuple, et les Algériens entre eux».

    «Il va sans dire que cela plongerait le pays dans l'anarchie et la guerre civile», a-t-il ajouté, soulignant que «les forces centrifuges, à l'œuvre depuis longtemps, se déchaîneront alors pour pousser à l'éclatement du pays». «C’est peut-être celui-là le vrai piège qui nous est tendu», a-t-il averti.

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    Armée nationale populaire algérienne (ANP), Ahmed Gaïd Salah, Ali Benouari, crise politique, Algérie
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