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    Dikalo, une application de messagerie africaine pour communiquer avec le reste du monde

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    Passionné par les technologies de l’information et de la communication, Alain Ekambi a conçu Dikalo, une application de messagerie instantanée dédiée aux utilisateurs africains. Avec sa plateforme qui compte déjà plus de 46.000 abonnés, le jeune informaticien camerounais veut conquérir le continent. Portrait.

    «Dikalo est notre vision d’une plateforme de communication africaine avec un focus sur la protection des données personnelles. Pour concevoir Dikalo, nous sommes partis de deux constats.Tout d’abord, les systèmes de messagerie actuels requièrent des informations privées sur la personne à qui on veut parler (numéro de téléphone, adresse, e-mail, Facebook, etc.), ce qui n’est pas le cas de Dikalo. Ensuite, l’Afrique, avec plus de 500 millions d’internautes, ne possède aucune plateforme majeure qui lui soit propre. Dikalo comble ces deux écueils», affirme Alain Ekambi au micro de Sputnik.

    Alain Ekambi, fondateur de Dikalo
    © Photo. Alain Ekambi
    Alain Ekambi, fondateur de Dikalo

    Lancée officiellement en octobre 2017, Dikalo est la nouvelle application de messagerie africaine permettant aux utilisateurs de se connecter avec n'importe qui, n'importe où sur la planète, sans avoir à partager des informations personnelles.

    «Pour ce faire, nul besoin de numéro de téléphone pour démarrer une conversation. L'utilisateur doit seulement inscrire son mail et choisir un identifiant», explique son inventeur.

    Originaire de Douala, la capitale économique du Cameroun – qui est un vrai vivier pour les jeunes innovateurs –, Alain Ekambi a eu l’idée d’inventer cette plateforme à l’issue d’un rendez-vous galant il y a plus de trois ans. Il a donc parcouru un long chemin avant de pouvoir lancer son application, sans pour autant se laisser aller au découragement.

    «Au moment de nous séparer, nous voulions rester en contact par messagerie, mais ceci impliquait un échange des numéros de téléphone (Whatsapp). Ni elle ni moi n’étions vraiment prêts à le faire. Je me suis donc posé la question de savoir comment on pouvait communiquer sans forcément avoir à se donner nos numéros. C’est ainsi que j’en suis arrivé à imaginer la solution Dikalo», se souvient l’ingénieur.

    Après des études en informatique à l’université technique de Munich, au sud de l’Allemagne, l'ingénieur camerounais, aujourd’hui âgé de 37 ans, va mettre sur pied sa première entreprise. Ahomé Innovation Technologies, lancée en 2014, se spécialise alors dans le développement de logiciels pour entreprise. En 2016, Alain Ekambi commence les recherches pour la création de son application Dikalo, présentée comme «un produit 100% africain, conçu avant tout pour le marché africain».

    «Dikalo se focalise sur l’Afrique avec des fonctionnalités et services adaptés au continent et au public africain (stickers, émojis afro, transfert d’argent, e-commerce, etc.). Nous sommes authentiquement africains, ce que Whatsapp ne sera jamais. Nous avons besoin d’avoir nos propres outils de communication car notre révolution à nous est plus idéologique que technologique», confie cet entrepreneur camerounais.

    Depuis son lancement, Dikalo a réussi à séduire 46.000 abonnés et comptabilise jusqu’à 25.000 comptes actifs chaque jour. Sur les plateformes comme Google Play et App Store, mais aussi sur le web et les PC, les téléchargements de l’application se multiplient un peu plus chaque jour.

    Une aubaine pour Alain Ekambi qui, malgré la concurrence, est persuadé que«chacun peut se faire une place dans le marché de la messagerie instantanée en proposant une solution innovante et adaptée à sa cible», affirme-t-il.

    «Il y a tellement d’opportunités et de services à offrir une fois que les gens sont connectés. C’est pour cela qu’il est impératif que l’Afrique ait des solutions qui lui soient propres. Nous n’allons pas être des éternels consommateurs. Nous avons un potentiel énorme que nous devons exploiter pour promouvoir notre développement», martèle l’inventeur de Dikalo.

    Une vue de l’application Dikalo
    © Photo. Alain Ekambi
    Une vue de l’application Dikalo

    Malgré la difficulté de mettre en place un modèle économique qui tienne compte de toutes les composantes de la création d’une plateforme de messagerie, extrêmement complexe à gérer, le créateur camerounais croit savoir exactement comment tirer son épingle du jeu.

    «La messagerie de base est seulement une première étape. Une fois les gens connectés, on veut offrir des services basés sur la messagerie. Le transfert d’argent est un espace où il reste beaucoup à faire en termes d’innovation. Bientôt, on dévoilera notre vision du transfert d’argent avec Dikalo. Pour chaque transaction, on prendra un pourcentage. Et d’autres services dans ce sens suivront», révèle Alain Ekambi au micro de Sputnik.

    Dikalo – qui signifie «message» en douala, une langue parlée dans la région du littoral au Cameroun –n’est pas, pour Alain Ekambi, qu’une simple plateforme de messagerie. Il s’agit d’une solution technologique qui doit révolutionner la manière dont les Africains se connectent entre eux et avec le reste du monde.

    «Le plus difficile avec Dikalo est de faire comprendre à la clientèle africaine pourquoi cette messagerie est nécessaire. Mettre en place un tel système a été techniquement très difficile. Par conséquent, l’argument commercial ne doit pas seulement être fondé sur l’africanité du produit, mais aussi sur sa qualité. En revanche, nous devons mener un véritable travail d’éducation pour susciter d’autres initiatives similaires à la mienne», conclut-il au micro de Sputnik

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    messagerie, application, Cameroun
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