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    Le Président du Cameroun Paul Biya à la tribune de l'ONU

    «Les Nations unies ont la responsabilité historique de résoudre la crise au Cameroun» - exclusif

    © AFP 2019 TIMOTHY A. CLARY
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    Inquiet de la dégradation de la situation dans les régions anglophones du Cameroun, Emmanuel Macron vient de rappeler à l’ordre Paul Biya. Le chef de l'État camerounais a commencé à lâcher du lest. Pour qu’une véritable solution voie le jour, l’implication des Nations unies est toutefois indispensable, selon un anglophone de l’Union africaine.

    Présentées par le chef de l’État camerounais comme une main tendue aux anglophones, à l’exception des leaders ambazoniens, toujours emprisonnés, les assises du «grand dialogue national», achevées le 4 octobre à Yaoundé, ont pour ambition de ramener la paix dans les deux régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. Mais ce «Biyalogue», comme l’ont qualifié avec beaucoup de dérision les Camerounais, suscite bien des inquiétudes, y compris de la part de l’Élysée.

    Lors d’une rencontre bilatérale, ce jeudi 10 octobre à Lyon – en marge de la réunion du Fonds pour la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, où étaient invités plusieurs chefs d’État africain –, Emmanuel Macron a d’ailleurs encouragé son homologue camerounais Paul Biya «à mettre réellement en œuvre» ce dialogue politique. Il a également salué la libération du principal opposant Maurice Kamto et d’une centaine de membres de son parti, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Rien n’a percé de la teneur exacte des échanges pendant une quarantaine de minutes entre les deux Présidents mais selon des sources élyséennes, ce premier tête-à-tête aurait permis un rapprochement entre Paris et Yaoundé. Les relations entre les deux pays s’étaient compliquées, ces derniers temps, à cause de l’arrestation intempestive d’opposants et de la situation humanitaire dans les deux régions anglophones du Cameroun.

    ​Pour nombre d’observateurs, après la situation au Sahel, c’est l’avenir du Cameroun qui, en Afrique, préoccupe le plus l’Élysée. Pour preuve: les déboires récents du groupe Bolloré dans les transports maritimes et ferroviaires camerounais ainsi que le départ de l’ambassadeur Gilles Thibault, en pleine période estivale. Son successeur, Christophe Guilhou, a pris ses fonctions, dès le 29 juillet 2019, avant même la Conférence annuelle des ambassadeurs à Paris fin août. Ce qui est rare et montre l’urgence avec laquelle il a été dépêché à Yaoundé.

    Lors de son passage à l’Organisation internationale de la francophonie, où il a été directeur de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme (2013-2015), le diplomate français s’était familiarisé avec la crise anglophone et avait noué des relations professionnelles avec de nombreux intellectuels camerounais, dont Maurice Kamto. Ses récentes visites dans les régions du Littoral et du Sud-Ouest ne sont pas passées inaperçues, notamment ses tête-à-tête avec des leaders religieux, politiques et syndicalistes de tous bords.

    À défaut d’un retour au fédéralisme demandé par nombre de personnalités anglophones, le Président Paul Biya et ses partisans ont fait mousser «l’octroi d’un statut spécial aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et la suppression du statut de délégué du gouvernement nommé prévu dans la cadre du régime spécial applicable à certaines agglomérations».

    Il a également été prévu que la tutelle de l’État serait allégée «de manière substantielle». Et, toujours selon la commission de la décentralisation – l’une des huit à avoir planché sur un ordre du jour soigneusement choisi au préalable par le Président camerounais, qui aura également le dernier mot pour la mise en application effective des mesures annoncées –, qu’«une fourchette de 10% à 15% des recettes de l’État sera transférée aux collectivités locales».

    Beaucoup de critiques ont plu à l’égard de cette grand-messe, organisée sous la pression internationale pour tenter de régler les soubresauts d’une crise au départ corporatiste et devenue ensuite séparatiste. Ce conflit menace maintenant de tourner à la guerre civile tant les maladresses ont été accumulées en trois ans. Le choix du lieu d’abord: la capitale Yaoundé, pour tenir ces assises. Puis de la personne: le Premier ministre, alors qu’une personnalité étrangère de bons offices voire une organisation internationale de médiation auraient, sans doute, été plus consensuelles.

    De surcroît, un dialogue national sans les principaux opposants est voué à l’échec dès le départ. Julius Ayuk Tabe – l’un des principaux leaders des séparatistes ambazoniens qui a été condamné, avec neuf de ses adjoints, le 20 août 2019, à la prison à vie et à une colossale amende – n’était pas présent. Sans parler de l’absence de Maurice Kamto, certes libéré mais le 5 octobre seulement, c’est-à-dire le lendemain de la fin des assises. Enfin, l’exigence de Yaoundé que les séparatistes déposent, au préalable, leurs armes s’apparente à une capitulation s’il n’y a pas une force neutre de type onusien ou de l’Union africaine pour garantir un gel des affrontements pendant la tenue des négociations.

    Haut responsable de la Commission de l'Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie, Denis Atemnkeng se présente comme un «Africain profondément intéressé à œuvrer pour la paix». Originaire des régions anglophones, il refuse de donner des détails le concernant par crainte de représailles contre sa famille car, hélas, déplore-t-il, «nous sommes en guerre!». Depuis le début du conflit entre les deux Cameroun, il a beaucoup écrit et proposé des solutions à la communauté internationale, sans être vraiment entendu jusque-là. Hormis, peut-être, par les États-Unis dont l’implication pour tenter de résoudre ce conflit en faisant pression sur Paul Biya a été très remarquée dans les chancelleries occidentales. Washington craint, en effet, un risque de contamination avec le Nigeria voisin.

    Dans l’entretien exclusif qu’il a accordé à Sputnik, Denis Atemnkeng reprend et développe les thèses qu’il avait défendues dans un article publié en mai 2019 dans Ambanews24 concernant la responsabilité historique des Nations unies dans le conflit actuel. Convaincu qu'il doit tout tenter au sein de l'institution panafricaine pour laquelle il travaille, et dont la première tâche est d'instaurer la paix en Afrique, il veut faire éclater au grand jour l’injustice dont a été victime, selon lui, le Cameroun méridional, alors sous administration britannique, au moment de la décolonisation. Et contribuer, ainsi, au retour d’une paix durable dans la région.

    L’anglophone du Sud-Cameroun, Denis Atemnkeng, qui officie à l’Union africaine, lors d’une pause à Addis Abéba.
    © Photo. Denis Atemnkeng
    L’anglophone du Sud-Cameroun, Denis Atemnkeng, qui officie à l’Union africaine, lors d’une pause à Addis Abéba.

    Sputnik France: Pourquoi refusez-vous que l’Union africaine fasse la médiation dans le conflit séparatiste qui sévit dans les deux régions anglophones du Cameroun?

    Denis Atemnkeng: «Nous ne nous opposons pas à l'Union africaine (UA) ni à aucune autre organisation internationale crédible qui voudrait jouer le rôle de médiateur dans le conflit. Au contraire, les habitants du Sud Cameroun anglophone (ex-britannique, NDLR) demandent urgemment une médiation ou un arbitrage international. De plus, nous ne sommes pas des séparatistes car notre pays n'a jamais fait légalement partie du Cameroun. Nous sommes anti-annexionnistes et anticolonialistes. La République du Cameroun occupe illégalement le territoire de l'ancien territoire du trust britannique des Nations unies situé au sud du Cameroun. Cela est contraire à l'article 4 (b) de l'Acte constitutif de l'UA et aux principes de la Charte des Nations unies. L'Union africaine a l'obligation de faire en sorte que le Cameroun fournisse les instruments par lesquels il revendique sa compétence sur le territoire du Cameroun du Sud.

    Or, le silence de l'UA face à la violation de ses principes fondamentaux par le Cameroun est très inquiétant. Si l'objectif déclaré de l'Union est d'œuvrer pour la paix en Afrique, elle ne peut l’instaurer en ignorant les violations de ses propres principes, ni en encourageant les occupations territoriales illégales ou la colonisation, contre lesquelles l’Afrique a consacré la plus grande partie de ses énergies. Le seul moyen de résoudre durablement les conflits en Afrique consiste à appliquer avec courage les principes mêmes de l'UA. Face à la tentative des membres africains non permanents du Conseil de sécurité des Nations unies d'arrêter les discussions selon la formule Arria initiée 13 mai 2019 par les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Angleterre et la République dominicaine, l'UA n'a pas bougé. Le cas n'a jamais été rapporté dans aucun rapport de l'UA. Les membres du Conseil paix et sécurité de l'UA n'ont jamais officiellement discuté de cette question et nous doutons qu’ils aient un jour le courage et la volonté de faire face à la vérité.»

    Sputnik France: Pourquoi insistez-vous pour que la solution au conflit séparatiste qui sévit dans les deux régions anglophones du Cameroun relève des Nations unies?

    Denis Atemnkeng: «Encore une fois, nous ne sommes pas en présence d’un conflit séparatiste. C'est un conflit territorial contre l'annexion et l'occupation territoriale illégale du Cameroun du Sud par la République du Cameroun. Le monde doit savoir cela. Le Sud-Cameroun n'est pas composé de deux régions anglophones, comme on a voulu le laisser croire, car personne ne peut produire d'instrument de droit international conférant au Cameroun une juridiction sur le Cameroun du Sud ou privant les citoyens du sud du Cameroun de leur droit inaliénable sur leur territoire. La raison fondamentale du conflit actuel est que l'ONU et le Royaume-Uni ont autorisé l'annexion du Cameroun méridional par la République du Cameroun (indépendante depuis le 1er janvier 1960, NDLR) en omettant de remettre les instruments de pouvoir au gouvernement élu du Sud-Cameroun, comme l'exige la résolution de l'assemblée générale des Nations unies 1514 du 14 décembre 1960. Au lieu de cela, les instruments ont été remis à une tierce partie, la République du Cameroun. Si le sud du Cameroun avait été décolonisé à ce moment-là, le gouvernement du sud du Cameroun aurait élaboré les conditions de l'union avec le Cameroun et celui-ci n'aurait jamais eu l'occasion d'occuper illégalement le sud.

    L'ONU a commis tant d'erreurs dans l'affaire du Sud-Cameroun britannique en refusant, notamment, en 1961 à ses habitants l'option de l'indépendance souveraine. Alors même que le territoire avait été doté d'une constitution en vue de préparer cette indépendance souveraine, d'un gouvernement élu et de toutes les structures de l'État. Le Royaume-Uni avait proposé, à la place, la notion confuse d’indépendance en adhérant, ce qui était tout simplement incompréhensible, que l’on soit indépendant ou non. L'ONU a suivi la promesse d'indépendance en adhérant et en votant pour l'indépendance du Cameroun méridional, mais n'a pas réussi à la faire respecter. La résolution 1608 (XV) du 21 avril 1961 fixe, certes, les conditions de l'union proposée entre le Cameroun du Sud et la République du Cameroun, mais les Nations unies n'ont pas réussi à mettre  en place un mécanisme permettant de vérifier si les conditions de l'union étaient remplies.»

    Sputnik France: Pouvez-vous être plus explicite sur les causes historiques de cette responsabilité des Nations unies dans l’origine de la crise anglophone au Cameroun?

    Denis Atemnkeng: «Aussi étonnant que cela puisse paraître, cela s’est passé exactement de la façon suivante: dans sa résolution 1608 (XV), l’ONU a  fixé les conditions de la proposition d'union entre les deux Cameroun le 21 avril 1961, soit six mois avant la date prévue pour l'indépendance du Sud-Cameroun. Malheureusement, aucune des conditions requises n’a été remplie: la conférence tripartite entre le gouvernement du Cameroun méridional, le Royaume-Uni et la République du Cameroun (résolution 1608 (XV), paragraphe 5) visant à définir les termes de l’union proposée ne s’est jamais réunie; aucune condition d'union n'a été élaborée; aucune garantie contre une annexion ultérieure par le Cameroun n'a été mise en place. Mais, aucune vérification préalable n'a été faite quant à savoir si le Royaume-Uni avait décolonisé le territoire en remettant les instruments de pouvoir au gouvernement élu et fonctionnel du sud du Cameroun qui était en place. Tout s’est fait sans aucune vérification de la part des Nations unies! Ainsi, lorsque, le 30 septembre 1961, le Royaume-Uni a cédé le territoire à la République du Cameroun, l'ONU ne l’a même pas remarqué et il est allé de l'avant en classant, à tort, le Cameroun britannique dans les territoires décolonisés!

    Ce qui est plus grave, c’est que même après le début du conflit actuel, l'ONU n'a toujours pas effectué les vérifications nécessaires pour déterminer si le Cameroun du Sud avait été décolonisé ou pas. Or, il ne l’a pas été en droit international. Pour donner le change, la République du Cameroun avait simplement modifié, à l’époque, son droit interne (loi n°24/61) pour aboutir à une constitution fédérale. Ce qui lui a permis de déclarer au monde entier qu'une fédération entre le Cameroun du Sud et la République du Cameroun avait été formée. Or, aucune fédération n'a jamais été formée parce que l’assemblée du Cameroun du Sud n'a jamais adopté de loi visant à former une fédération avec le Cameroun. Aucun accord n'avait pu être trouvé à ce sujet. Ce sont donc les défaillances fondamentales de l'ONU en matière du respect des droits des peuples à s’autodéterminer qui ont conduit à la guerre actuelle et il est de la responsabilité historique des Nations unies de réparer, aujourd’hui, le mal qui a été fait à l’époque.

    Sputnik France: Pensez-vous vraiment que les Nations unies ont failli à décoloniser le Sud-Cameroun parce que cela se passait en Afrique en particulier?

    Denis Atemnkeng: «Les non-Africains ont souvent fait l’erreur de penser qu’on pouvait mélanger des Africains avec un passé colonial totalement différent du simple fait de leur «africanité». Or, toutes ces tentatives sont tombées à l’eau: que ce soit dans le cas de la Sene-Gambia, du Somaliland et de la Somalie, du Sud-Cameroun britannique et de la République du Cameroun. Ces tentatives n’ont fait que mener à la guerre ou qu’instaurer des conflits permanents. Pourquoi? Parce que les traditions africaines ne contribuent en rien à la manière dont on gère un État. De ce fait, quand il s’agit d’affaires d’États, on ne peut nullement mettre des Africains avec des passés coloniaux différents ensemble et penser que l’on va obtenir la paix!

    L’excuse que l’autorité de tutelle avait donnée, à l’époque, pour dénigrer son indépendance au Sud-Cameroun était que ce territoire était pauvre. Or, utiliser la pauvreté pour nier son indépendance à un pays vient directement en contradiction avec la résolution 1514, para. 3 de l’assemblée générale des Nations unies qui stipule que «le manque de préparation dans les domaines politique, économique ou social ou dans celui de l'enseignement ne doit jamais être pris comme prétexte pour retarder l'indépendance». En réalité, le Cameroun méridional n’a jamais été décolonisé car ni l’Angleterre ni les autres puissances coloniales n’ont voulu respecter aucune des résolutions des Nations unies concernant le Sud-Cameroun.»   

    Sputnik France: Que faudrait-il faire pour rattraper cette erreur historique?

    Denis Atemnkeng: «L'ONU pourrait demander à la Cour internationale de justice de donner son avis sur la question pour savoir si le territoire britannique du Cameroun appartient à la population du sud du Cameroun ou à la République du Cameroun. Ou bien les Nations unies pourraient revoir le processus de décolonisation dans le sud du Cameroun et renvoyer l'affaire à l'Assemblée générale des Nations unies pour que le sud du Cameroun soit réinscrit sur la liste des territoires non autonomes. Enfin, un référendum pourrait être organisé par l'ONU exclusivement afin que les habitants du Sud-Cameroun se prononcent sur leur sort, d'autant plus que le conflit ne peut être résolu sans tenir compte des souhaits du peuple. La question est tout simplement trop importante pour être décidée par un dialogue ou par quelques personnes!»

    Sputnik France: Le Président du Cameroun Paul Biya a toujours eu le soutien de la France, de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité des Nations unies en ce qui concerne la question anglophone. Est-ce toujours le cas aujourd’hui?

    Denis Atemnkeng: «Je ne pense pas que ces trois membres permanents du Conseil de sécurité puissent continuer à le soutenir, aujourd’hui, face aux injustices et aux crimes internationaux dont sont victimes les populations du Sud-Cameroun. Ce qui est clair, c’est que le colonialisme sera vaincu, peu importent les pouvoirs qui se liguent pour empêcher sa défaite. L'histoire du monde est une évolution inéluctable vers la liberté! La seule raison pour laquelle les pays que vous citez ont soutenu le Cameroun dans ce conflit, c’est sans doute par manque de compréhension véritable de ce qui est en jeu. Tous les pays du monde luttent  contre la domination et l'oppression étrangères. Tous les pays du monde se doivent de protéger leur intégrité territoriale. Pourquoi le Sud-Cameroun ne devrait-il pas le faire aussi?

    En matière de relations internationales, il n’y a pas d’ennemis permanents, mais des intérêts permanents. Le Sud-Cameroun pourrait devenir, à l'avenir, le meilleur ami du Cameroun une fois justice rendue. Les pays qui soutiennent la République du Cameroun dans son annexion du Sud-Cameroun commettent une très grave erreur du point de vue du droit international. Ils devraient utiliser leurs relations privilégiées avec Paul Biya pour obtenir de lui toutes les preuves existantes de l'exercice de sa compétence sur le Cameroun méridional. Et, le cas échéant, l’exhorter non seulement à renoncer à son occupation illégale du Sud-Cameroun, mais aussi à cesser de commettre des crimes contre ses populations.»

    Sputnik France: Comment réagissez-vous au ralliement d’un certain nombre de combattants anglophones lors du grand dialogue national qui vient de se terminer?

    Denis Atemnkeng: «Si vous voulez dire que le régime de Yaoundé a prétendu que certains combattants de l'Ambazonie avaient participé au grand dialogue national, personne n’est dupe. Regardez l'histoire du colonialisme et de l'oppression: les puissances coloniales ont toujours su manipuler des populations pour qu’elles soient à leurs côtés! Il y a toujours eu des gens qui rôtissaient leurs cocottes en incendiant la maison d’un voisin. Ceux-là sont capables de vendre leur pays pour rien. Le nationalisme est un sentiment noble qui n'est pas donné à tous!

    Votre question soulève la question fondamentale de comment faire entendre la voix du peuple du Sud-Cameroun. Paul Biya a soigneusement choisi ceux qu’il souhaitait voir participer car il avait déjà son ordre du jour qui n'est pas la paix mais l'annexion continue du Sud-Cameroun. Ce dialogue soi-disant national a été sujet à toutes sortes de manipulations, exactement comme l’escroquerie originelle commise par Yaoundé vis-à-vis du Cameroun méridional. La seule façon de faire entendre la voix de la population du Sud-Cameroun est d’organiser un référendum sous l’égide des Nations unies au cours duquel les populations victimes du conflit sur le terrain auront la possibilité de se faire entendre. C’est la manière la plus démocratique, la plus transparente et la plus consultative de traiter cette question.»

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    Emmanuel Macron, Paul Biya, ONU, crise politique, Cameroun
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