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Passionné de jeux vidéo, Michel Nkuindja a fondé au Cameroun Noohkema Game Studios, une entreprise de production indépendante entièrement consacrée à la création de jeux aux essences africaines. Pour ce gamer, au-delà du ludique, il est question de promouvoir la diversité culturelle du continent. Portrait.

Diplômé en informatique industrielle, Michel Nkuindja est un amateur de jeux vidéo depuis sa petite enfance. À la tête de Noohkema Game Sudios, un studio indépendant, depuis 2017, ce trentenaire s’est lancé dans la conception de jeux vidéo au Cameroun. Sa particularité?

«Concevoir des jeux vidéo attractifs mettant en avant les cultures black et afro», confie-t-il au micro de Sputnik.
Michel Nkuindja, fondateur de Noohkema Game Studios.
© Photo / Noohkema Game Studios
Michel Nkuindja, fondateur de Noohkema Game Studios.

Deux produits sont actuellement en gestation dans son laboratoire. Le premier, «Afrowarriors: Battle for Power», est un logiciel de combat mettant en scène des divinités africaines. Le second, «Petit Goal League», met en scène le football tel qu’il se pratique en Afrique. Des jeux, nous confie Michel Nkuindja, déjà bien accueillis par une communauté de gamers triés sur le volet.

«Les deux produits ont reçu des avis très positifs lors de leur présentation il y a quelques mois. Au quotidien, nous recevons des encouragements de la part des fans et de la communauté des joueurs», se félicite l’entrepreneur.

L’e-sport en ligne de mire

En phase de finition et prévu pour être disponible dans le courant de cette année, Afro Warriors: Battle for Power est une sorte de Street Fighters africain. Ce sera pour le studio une entrée, nous dit-il, dans les compétitions de combat. «C’est le tout premier jeu de combat pour mobile se classant dans la catégorie des jeux comme Street Fighter ou Mortal Kombat qui met en vedette l’Afrique, ses paysages, ses techniques martiales.»

Un personnage du jeu Afro Warriors.
© Photo / Noohkema Game Studios
Un personnage du jeu Afro Warriors.
«Nous venons d'ailleurs de réaliser un premier teaser afin de donner un avant-goût aux fans et aux médias. Il a été conçu avec un ADN de jeu eSport et avec Afro Warriors, notre structure propose le tout premier jeu made in Africa destiné aux compétitions et tournois eSport», précise Michel Nkuindja.

Pour l’entrepreneur, ce n’est pas tant la création d’un jeu vidéo qui compte. Il est davantage question d’y apporter une griffe africaine, l’accent est clairement mis sur les contenus. Des contenus typiques du continent qui sont encore «peu répandus dans le domaine du jeu vidéo».

«Mes jeux vidéo sont un prétexte pour promouvoir les richesses culturelles de l’Afrique, la beauté de ses langues, de ses textiles, sa musique, l’originalité de ses styles architecturaux et la particularité de ses mœurs. Ce sont des valeurs que j’essaie de mettre en évidence dans mes créations», confie Michel Nkuindja.

Basé à Yaoundé et à Douala, les principales villes du Cameroun, Noohkema Game Studios est constitué d’une équipe de jeunes dynamiques qui travaillent d’arrache-pied pour mener leur projet à bien. De la conception à la réalisation, plusieurs personnes interviennent dans la chaîne de production. «J’ai des collaborateurs vraiment complémentaires. À l’origine de chaque projet que nous décidons d’envoyer en production, il y a un long travail d’écriture qui est fait avec le scénariste

«Une petite équipe s’occupe de développer les concepts de base, une autre matérialise les mécaniques de jeu, une autre encore travaille étroitement avec le concept-artist pour sortir les premiers jets en 3D des personnages et des environnements. Il y a aussi le compositeur qui doit penser la bande son dès l’entame du projet», détaille-t-il.

Créer un jeu vidéo, un rêve de gosse…

Depuis toujours, Michel Nkuindja est un amateur de bandes dessinées et de jeux vidéo et ce geek à l’allure fière a toujours caressé le rêve de créer des œuvres d’inspiration africaine. Mais ses parents avaient d’autres ambitions pour lui et l’ont poussé vers d’autres chemins. Après un baccalauréat électronique obtenu au lycée de Bangangté dans l’Ouest du pays, le jeune élève a suivi un cursus universitaire en informatique industrielle. Pour mieux revenir ensuite à ses premières amours.

«Après mon diplôme, j’ai travaillé quelques années dans des agences de création et de communication. Puis j’ai tout laissé tomber pour partir en Tunisie afin de suivre une formation en game design. À mon retour au pays en 2015, j’ai entrepris le lancement de Noohkema Game Studios avec l’aide de quelques amis et partenaires», se souvient-il.

Trois ans après la création de son activité, Michel Nkuindja a de quoi être fier. L’entrepreneur veut aujourd’hui se faire une place de choix dans le marché des jeux vidéo afin de conquérir l’Afrique et le reste du monde. «La prochaine étape sera l’expansion de nos produits au-delà de l’Afrique. Le secteur des jeux vidéo représente un domaine qui réunit nombre de métiers et dans lequel on tisse tout type de partenariat. Notre ambition de promouvoir les cultures africaines va au-delà des projets actuels», se projette le gamer.

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Tags:
entrepreneur, jeux vidéo, Cameroun
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