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Conséquences économiques du coronavirus - avril (39)
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Le Tchad traverse sa sixième semaine d’épidémie de Covid-19. Tahir Hamid Nguilin, ministre des Finances et du budget de la République du Tchad a répondu aux questions de Sputnik à propos des difficultés économiques que le pays affronte actuellement.

Depuis le 19 mars, le Tchad est officiellement touché par la pandémie de Covid-19, la situation a connu des changements sur le plan sanitaire et le pays compte à ce jour 40 cas, d’après le ministère tchadien de la Santé. En parallèle de cette crise sanitaire, le pays fait face également aux terroristes de Boko Haram, qui poursuivent leurs attaques dans la région, même après l’opération punitive dirigée en personne par Idriss Déby Itno, le Président tchadien.

Le secteur aérien est le plus affecté

Cette double crise sanitaire et sécuritaire frappe l‘économie et le climat devient vraiment «très compliqué» confie Tahir Hamid Nguilin, ministre des Finances et du budget. Sans hésiter, il désigne le secteur aérien comme le plus touché économiquement.

«C’est le secteur aérien, nous avons des activités qui tournent autour du secteur aérien, dont les compagnies aériennes, les agences de voyages, les hôtels, les institutions publiques qui sont directement financés par la fiscalité qui est sur les billets d’avion, maintenant dans l’esprit de soutien, l’État est en train d’examiner ce qu’il faut faire pour ces secteurs».

Tahir Hamid Nguilin, ministre des finances et du budget de la République du Tchad
© Sputnik .
Tahir Hamid Nguilin, ministre des Finances et du budget de la République du Tchad durant la conférence de presse du 25.04.2020

Un des domaines d’activité les plus affectés par la crise est l’hôtellerie, liée au tourisme qui connaît les pires moments de son histoire. Le Tchad a trouvé une solution temporaire, en voyant les tristes exemples des pays voisins qui «se sont trouvés dans l’embarras».

«De notre côté, nous louons désormais des hôtels à des conditions tarifaires bien négociées pour y mettre des gens en quarantaine, cela permet à l’hôtel de fonctionner et aussi de régler un problème sanitaire».

Le Covid-19 et Boko Haram

À la suite d’une attaque meurtrière de Boko Haram contre une base de l’armée tchadienne près du lac Tchad qui a fait 98 mort fin mars, le Président tchadien en personne a mené une opération offensive, qui a abouti à la mort de plus de 1.000 terroristes. Mais le Tchad se sent seul depuis longtemps dans cette lutte, et Idriss Déby Itno a dénoncé mi-avril l’inaction des pays concernés par les attaques en martelant que «plus aucun soldat tchadien ne participera[it] à aucune opération militaire en dehors du Tchad».

Le FMI a accordé un soutien financier de 115 millions dollars au Tchad pour l’aider à affronter la pandémie, mais le ministre des Finances et du budget confirme que sur le plan économique dans la lutte contre Boko Haram le Tchad n’a presque aucun soutien.

«Boko Haram et le Covid-19 en même temps c’est très compliqué. Le Tchad prend plus que sa part dans la lutte contre Boko Haram tant sur le plan militaire que sur le plan financier. Donc nous faisons appel à la communauté internationale et les pays intéressés à nous apporter un soutien nécessaire».

«Nous n’allons pas confiner pour le plaisir de confiner»

Depuis plusieurs semaines, toutes les institutions publiques sont fermées à l’intérieur du pays, y compris les écoles, les églises, les marchés et une grande partie des commerces, dans un pays où il y a beaucoup de salariés journaliers qui craignent le confinement total et la disparition des moyens de subsistance. Tahir Hamid Nguilin assure que cette mesure ne sera pas mise en place dans l’immédiat.

«Nous allons voir le moment venu. Le confinement est une mesure du ministère de la Santé, particulièrement du comité scientifique, selon l’évolution de la maladie. Si les Tchadiens sont en train de mourir, nous allons confiner, mais nous n’allons pas confiner pour le plaisir de confiner».
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Conséquences économiques du coronavirus - avril (39)

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