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Le 11 mai dernier, des restes de ce qui est vraisemblablement une fusée chinoise se sont écrasés dans plusieurs localités de la Côte d'Ivoire, occasionnant plus de peur que de mal. Et des spéculations de toutes sortes sur les réseaux sociaux.

Fragments issus de l’explosion d’un avion, d’un satellite –voire d’un vaisseau extraterrestre–, arme mécanique interstellaire à fragmentation ou simplement une pluie de vibranium… sur les réseaux sociaux ivoiriens, chacun y est allé, avec parfois un brin d’humour, de sa théorie pour expliquer la provenance des curieux objets métalliques tombés du ciel dans un fracas peu commun, entendu sur des centaines de kilomètres!

Si ces débris –d’une envergure d’une dizaine de mètres pour certains– qui se sont abattus sur plusieurs villes et villages n’ont  fait aucune victime, ils ont pu causer des dommages matériels, en plus de la grande frayeur que le bruit de leur chute a occasionné.

Cela a notamment été le cas à N’Guinou, un village du centre de la Côte d’Ivoire, à environ 200 kilomètres d’Abidjan, où la toiture d’une habitation a été perforée par un tube métallique, selon des témoignages.

Pour l’heure, les autorités ivoiriennes n’ont donné aucune explication à ces objets, mais un scientifique américain croit savoir de quoi il s’agit.

En effet, selon des calculs de l'astronome Jonathan McDowell, du Centre d'astrophysique du Harvard-Smithsonian, il s’agirait vraisemblablement de vestiges du premier étage de la fusée chinoise Longue Marche 5 (lancée le 5 mai dernier), dont la rentrée incontrôlée dans l’atmosphère terrestre était attendue pour le 11 mai vers 15h30, soit approximativement l’heure à laquelle une violente déflagration a été entendue dans le ciel par de nombreux témoins.

La fusée Longue Marche 5 est un engin stratégique des ambitions de conquêtes lunaire et martienne de la Chine.

Pour ce qui est de la crainte que ces débris, très vite manipulés par des dizaines de villageois tous plus curieux les uns que les autres, soient potentiellement radioactifs, l’astrophysicien s’est voulu rassurant:

​«Pas de radioactivité et probablement pas de substance toxique après la rentrée atmosphérique», a-t-il répondu sur Twitter à l’interrogation d’un internaute.

Un événement rarissime, mais pas inédit

Ce n’est pas la première fois que des débris spatiaux tombent du ciel en Côte d’Ivoire, mais il n’y avait jusque-là qu’un unique précédent.

Le 31 janvier 2018, un satellite avait terminé sa course dans un arbre à Djorofa, un village du nord du pays. Sur l’appareil était marquée sa date de désactivation, fixée au 30 janvier 2018.

Officiellement à ce jour –et même si des incidents se sont déjà produits–, aucune mort causée par un déchet spatial n’a été enregistrée dans le monde, mais le risque demeure réel et ne cesse de croître au rythme des ambitions outre-atmosphère des pays.

Des centaines de milliers de débris seraient actuellement en orbite autour de la terre, menaçant d’entrer en collision avec des satellites ou même avec la Station spatiale internationale (SSI) et, à l’occasion, de retomber sur terre.

En cas de dommages causés par la chute de déchets spatiaux, la responsabilité du pays ou de l’entreprise coupable est engagée, mais encore faut-il qu’elle soit clairement établie.

L’article 2 de la Convention sur la responsabilité internationale pour les dommages causés par des objets spatiaux du 29 mars 1972 dispose que celui qui procède au lancement d’un objet spatial a «la responsabilité absolue de verser réparation pour le dommage causé par son objet spatial à la surface de la Terre ou aux aéronefs en vol».

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Tags:
Chine, débris spatiaux, fusée, Côte d'Ivoire
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