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Pour célébrer la journée internationale des Casques bleus, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali a décidé de faire honneur à un certain nombre de femmes engagées pour la paix. Portraits d’une Malienne, d’une Burkinabée, d’une Camerounaise et d’une Tunisienne.

Les Nations unies ont célébré fin mai la Journée internationale des Casques bleus. Cette année marque le 20e anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a été la première à reconnaître le rôle crucial des femmes dans la consolidation de la paix.

Les femmes Casques bleus assurent les mêmes fonctions que leurs homologues masculins, dans les mêmes conditions difficiles, mais pour l’instant, elles continuent d’être largement exclues des processus de paix et de médiation

La veille, le commandant de la force de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), le général de corps d’armée Dennis Gyllensporre, a témoigné pour Sputnik du nombre et de l’importance des femmes Casques bleus dans ce pays.

​Ce dernier s’est déclaré «très satisfait» que sur les quelque 12.000 Casques bleus déployés au Mali, un certain nombre soit des femmes, car, selon lui, elles contribuent à accroître l’efficacité des opérations de maintien de la paix.

Elles le font «en améliorant le dialogue avec la population locale, en contribuant à la promotion des droits de l’homme, en représentant un modèle pour les filles et les femmes dans le pays, en encourageant les femmes à participer davantage aux processus de paix et politiques et en contribuant avec une nécessaire perspective de genre dans nos opérations», a-t-il précisé dans son propos liminaire.

«Les femmes Casques bleus renforcent la confiance dans les forces militaires et encouragent le signalement des délits. L’Onu s’est fixé pour objectif que les femmes représentent 15% des contributions militaires aux opérations de paix d’ici 2020», a indiqué le commandant de la force de la MINUSMA au micro de Sputnik France.

Bien que la participation des femmes aux opérations de paix ait augmenté ces 20 dernières années, la proportion de celles qui portent le Casque bleu reste bien en deçà de l’objectif, oscillant entre 2% et 4% pour les militaires. Au sein de la MINUSMA, les femmes représentent un peu moins de 4% du personnel militaire.

«Ceci montre que nous avons un long chemin à parcourir, car les femmes restent encore sous-représentées», a encore commenté le général Gyllensporre.

Le Mali en ligne de mire

Diplômée de droit international, Karina Cissé, la trentaine, travaille comme administratrice nationale à la Division des droits de l’homme et de la protection de la MINUSMA. Elle est persuadée que la participation des femmes au travail de la paix ne se jauge pas avec des quotas.

«Un homme éduqué et sensibilisé à l’égalité de genre serait plus utile que 100 femmes remplissant un quota et qui continuent à alimenter les stéréotypes», explique cette jeune Casque bleu malienne, dans le portrait que lui consacre la MINUSMA sur son site.
Karina Cissé, administratrice nationale à la Division des droits de l’Homme de la MINUSMA
© Photo / MINUSMA
Karina Cissé, administratrice nationale à la Division des droits de l’Homme de la MINUSMA

Son combat pour l’égalité de genre, elle est fière de le mener avec ses propres armes. «Je me bats contre les inégalités en me servant de références auxquelles la société malienne croit», se réjouit-elle.

«La plus grande difficulté, c’est en effet d’accepter qu’il y ait des problèmes chez soi. L’avantage, en revanche, c’est qu’on a la sensibilité socioculturelle et un contact plus facile avec nos compatriotes. Il est essentiel que les femmes puissent être réellement impliquées dans les processus en cours pour que la paix revienne au Mali», explique-t-elle encore à la MINUSMA.

Par son travail, elle contribue à renforcer les institutions et mécanismes de promotion de l’État de droit, ainsi que le processus de justice transitionnelle, notamment à la Commission Vérité Justice et Réconciliation. Elle lutte également contre l’impunité des violations graves et abus des droits de l’homme.

Une policière burkinabée à Mopti

La cinquantaine très aguerrie, Marceline Z. Coulibaly est policière de formation. Elle parle couramment le bambara, la langue nationale malienne, et peut donc «interagir avec les femmes dans les zones où nous effectuons nos patrouilles», se réjouit-elle dans le portrait que lui consacre la MINUSMA sur son site.

Depuis novembre 2018, elle est chargée des questions liées au genre et au VIH auprès de la Police des Nations unies (UNPOL) dans la région de Mopti (Centre du Mali). La MINUSMA est sa troisième mission de paix, après l’AMIS (African Mission In Sudan) de 2005 à 2008 et l’UNAMID (Mission conjointe des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour) en 2011.

«Renforcer le pouvoir d’action des femmes est essentiel pour réduire leur vulnérabilité, mais également pour susciter en elles l’engagement et le désir de jouer un rôle dans le processus de consolidation de la paix», a déclaré la gradée à la MINUSMA.

Ainsi, son «Unité Genre», dans les localités autour de Mopti, organise-t-elle de fréquentes séances de sensibilisation et d’information sur la protection des femmes contre les violences sexuelles liées au conflit et les violences basées sur le genre. De même, elle participe aussi au désarmement, démantèlement, démobilisation des groupes d’autodéfense et à la réinsertion socio-économique des ex-combattants du programme de Réhabilitation communautaire.

Une cheffe camerounaise à Kidal

Après quinze ans dans le journalisme, Bridgette Che Fomunyam décide de s’engager dans les opérations de maintien de la paix, d’abord comme volontaire en Côte d’Ivoire de 2008 à 2013. Elle y occupe les fonctions d’officier public d’information et de conseillère électorale de l’ONUCI (Mission des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire), avant de prendre le poste d’officier de coordination en tant que professionnelle, de 2013 à 2016.

Deux ans plus tard, elle rejoint la MINUSMA comme cheffe du Centre d’opération conjoint de Kidal (RJOC).

«La journée des Casques bleus est une occasion de réfléchir sur l’impact de notre travail dans les régions. Modestement, grâce à ce travail, des populations peuvent se mettre à rêver d’une vie paisible et tranquille», dit cette administratrice de terrain dans le portrait que lui consacre la MINUSMA sur son site.
Bridgette Che Fomunyam, cheffe du Centre d’opération conjoint (RJOC) de la MINUSMA
© Photo / MINUSMA
Bridgette Che Fomunyam, cheffe du Centre d’opération conjoint (RJOC) de la MINUSMA

En liaison avec le chef de bureau de la MINUSMA à Kidal, elle assure la gestion de la crise sécuritaire dans la région en planifiant et coordonnant les sorties sur le terrain des différentes sections déployées dans la ville.

«La satisfaction vient des encouragements de la population pour qui la MINUSMA est présente. Mon rêve est qu’un jour, les habitants de Kidal puissent se déplacer librement, sans avoir peur des attaques et des mines», explique-t-elle à la MINUSMA.

Également référente pour le genre au sein du Bureau régional des Nations unies, elle organise et participe avec ses collègues –civiles et militaires– aux activités de sensibilisation sur les violences basées sur le genre.

Une gradée tunisienne engagée au Mali

Diplômée de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, en France, le Capitaine Chahra Ayachi travaille comme officier de communication auprès du commandant de la Force. Officier dans les rangs des Casques bleus, elle sélectionne et suggère les sujets sur lesquels la Force de la MINUSMA communique par la suite sur les réseaux sociaux. Au Mali, il lui a fallu s’adapter au climat et composer avec la nostalgie de sa famille, mais «servir une cause noble, comme celle de la paix» reste pour Chahra une tâche exaltante.

«Cela m’apporte beaucoup sur le plan personnel. Je suis fière et je me réjouis de travailler dans un cadre international et dans un pays comme le Mali», s’enthousiasme ce soldat de la paix dans le portrait que lui consacre sur son site la MINUSMA.
Capitaine Chahra Ayachi, officier déployé dans les rangs des Casques bleus au Mali
© Photo / MINUSMA
Capitaine Chahra Ayachi, officier déployé dans les rangs des Casques bleus au Mali

Pour Chahra, il ne fait aucun doute que chaque femme est une combattante dans son domaine, «car elle incarne beaucoup de valeurs qui contribuent d’une façon singulière et significative à l’édifice de la paix dans le monde», comme elle l’affirme.

«Notre présence ne doit pas se résumer à des chiffres. Les femmes doivent être impliquées, être à la hauteur de leurs responsabilités. Ce sont les choses qui permettront d’atteindre l’égalité réelle et d’en voir les résultats sur le terrain», insiste-t-elle auprès de la MINUSMA.

Très fière de servir au quartier général de la MINUSMA à Bamako, cette Casque bleu souhaite seulement «qu’il n’y ait plus à se battre pour l’égalité entre les genres».

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Mali, Casques bleus
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