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La Communauté d'Afrique de l'Est est devenue la région la plus intégrée du continent africain, selon l’indice d'intégration régionale en Afrique. Dans un entretien exclusif à Sputnik, Libérat Mfumukeko, secrétaire général de la CAE, explique comment la Communauté compte s’améliorer d’avantage pour le bien-être des peuples.

Selon le deuxième indice d'intégration régionale en Afrique (IIRA), un classement élaboré par la Banque africaine de développement, la Commission économique pour l’Afrique et la Commission de l’Union africaine, la Communauté d'Afrique de l'Est est le bloc le mieux intégré sur le continent pour la période de trois dernières années.

Transformer la région en un marché unique

Dans l’IIRA, la CAE est classée au premier rang dans la région Afrique, avec un indice de 0,537, suivie de l'Union du Maghreb arabe (0,488), la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (0,442), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (0,438), la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (0,425), la Communauté des États sahélo-sahariens (0,377), le Marché commun de l'Afrique orientale et australe (0,367) et enfin la Communauté de développement d'Afrique australe (0,337). Libérat Mfumukeko, secrétaire général de la CAE, se dit très satisfait de cette évaluation.

«Cela clairement indique que nous sommes vraiment sur la bonne voie vers l'objectif visé de transformer la région en un marché unique avec tous les facteurs de production pour améliorer le bien-être et la prospérité économique des peuples de l'Afrique de l'Est.»

M.Mfumukeko explique pourquoi cet indice est si important et comment il donne une image réaliste du continent africain d’aujourd’hui, il évalue comment «les pays et les communautés économiques régionales progressent vers leur programme d'intégration sur la base de 16 indicateurs, regroupés en cinq dimensions».

La CAE triomphante sur plusieurs indices

Ces indicateurs concernent: la libre circulation des personnes, l’intégration des infrastructures, l’intégration macroéconomique, l’intégration productive et l’intégration commerciale.

En ce qui concerne la libre circulation des personnes, la Communauté d'Afrique de l'Est a obtenu 0,664, l’indicateur le plus élevé dans la région. Le secrétaire général de la CAE explique qu’il y a très peu de pays qui exigent un visa avant l’arrivée et les citoyens du bloc peuvent se déplacer librement dans la région.

La CAE a également obtenu le score le plus élevé en matière d'intégration macroéconomique (0,660) et en intégration des infrastructures (0,555).

«Principalement en raison des projets d'infrastructure en cours, en particulier dans les transports et l'énergie pour relier les États partenaires pour une circulation fluide des marchandises et de l'électricité dans la région. En effet, ce qui a été fait représente un peu moins de 50% de ce qui est nécessaire pour assurer une circulation fluide des biens et des services, ainsi que des intrants d'approvisionnement pour la production de biens et de services dans la région.»

C’est l'intégration commerciale (0,440) et l'intégration productive (0,434) qui ont été moins bien classées pour la CAE, mais les deux indicateurs sont supérieurs à la moyenne régionale. Dans l’ensemble, Libérat Mfumukeko indique que le processus d'intégration est en cours, donc d’après lui il y a de grandes chances d’être mieux classé dans la prochaine édition de l’IIRA en 2022.

L’écart entre les pays prospères et les moins développés

La Communauté d'Afrique de l'Est contient beaucoup d'extrémités économiques: des pays prospères comme le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda et des pays moins développés comme le Burundi, le Rwanda ou le Soudan du Sud. Selon le secrétaire général de la CAE, la première étape dans cette longue transformation serait d'envisager le développement de chaînes de valeurs régionales qui profitent à tous les pays et de considérer la CAE comme une seule région richement dotée en ressources afin d'attirer les investissements dans la région en tant que bloc.

«Avec le rétablissement de la paix en République du Soudan du Sud et les élections pacifiques en République du Burundi, les deux pays devraient désormais être en mesure de concentrer leurs efforts sur le développement social et économique pour être en mesure de participer dans les chaînes de valeurs régionales et même mondiales, ce qui est essentiel pour renforcer le secteur productif des économies de ces pays et de la région dans son ensemble.»

La CAE a également mis en place des initiatives qui complèteront les efforts nationaux visant à garantir que les affaires dans le bloc soient propices et efficaces, relate M.Mfumukeko. Ces initiatives comprennent entre autres le territoire douanier unique, les postes frontières à guichet unique, ainsi que les mécanismes de notification et de traitement des obstacles non tarifaires.

Le Covid-19 a été une bonne leçon

La pandémie a paralysé l'économie de la région de l'Afrique de l'Est et du reste du continent pendant trois mois et les conséquences ne sont pas encore complètement visibles et continuent d'apparaître. Le Covid-19 a été une bonne leçon pour l'avenir, car il est important d’être prêt pour une situation similaire.

«La pandémie de Covid-19 a mis en évidence les points forts et les points faibles de nos surveillances des maladies et de nos mécanismes de réponse en tant que région et en tant qu'États partenaires individuels. C'est le point de départ de l'amélioration.»

Les pays d’Afrique de l’Est progressent régulièrement dans le domaine de la santé publique, certifie Libérat Mfumukeko, d’après lui les États partenaires ont des capacités différentes et, par conséquent, la capacité de répondre aux futures épidémies et pandémies dépendra fortement de la capacité d'investir et de disposer d’un système de soins de santé pleinement fonctionnel et robuste dans la région.

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