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Dans un entretien exclusif à Sputnik, Harouna Kaboré, ministre du Commerce burkinabé explique comment, dans le contexte du Covid-19, son pays s’est lancé dans la production des médicaments pour sortir de la dépendance de longue date des importations dans ce secteur.

En 2018, le coût des produits pharmaceutiques importés au Burkina Faso a été estimé à 120 milliards de FCFA. Le secteur est depuis de longues années totalement dépendant de l’extérieur. Les principaux pays qui exportent leurs médicaments aux Burkinabè sont l’Inde, la Chine, l’Allemagne et la France. La pandémie de Covid-19 et le contexte général sanitaire ont placé sur le devant de la scène le besoindu Burkina de relancer et de fortifier la production pharmaceutique locale.

Dépendance totale des importations

Le gouvernement burkinabé a fait un pas vers les producteurs de médicaments en leur annonçant son soutien. Harouna Kaboré, ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, constate une dépendance totale des importations dans ce secteur.som

«La totalité des produits pharmaceutiques qui est mise à la disposition des populations est importée. De сe fait, l’initiative du gouvernement de soutenir le secteur pharmaceutique va permettre de faire en sorte que la production locale comble une part des besoins de consommation des populations.»

Les autorités burkinabé veulent arriver aux investissements indirects «à moyen et à long terme» à travers le code des investissements et ont aussi la volonté de créer un technopôle, explique Harouna Kaboré. Ici s’ajoutent les 15 milliards FCFA promis par le Président Roch Marc Christian Kaboré pour la recherche et pour la fabrication nationale de médicaments.

Le secteur privé s’engage

Le gouvernement burkinabé a fait le choix de développer une véritable industrie pharmaceutique nationale avec les industriels privés, qui bénéficieraient d’accompagnement de l’État à travers le code des investissements. Selon le ministre du Commerce, des entreprises d’État et privées sont présentes sur le marché national.

«Au niveau de l’État, nous avons U-Pharma qui est une structure de fabrication de médicaments liée au ministère de la Recherche scientifique qui est une réponse du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique, le CNRST. Mais à côté de cela, vous avez, par exemple, ProPharm qui est une initiative privée de fabrication de médicaments. Durant le dernier trimestre de cette année, nous allons déjà voir les premiers médicaments sortis. Nous avons des entreprises internationales.»

Le Burkina Faso est «un hub de l’Afrique de l’Ouest»

Harouna Kaboré précise que la proportion se fera «en fonction du nombre et de la capacité de production des unités qui s’installent. Donc le Burkina envisage, à la fois une production nationale, mais peut-être, aussi, une production sous-régionale.

«Au regard de la situation géographique de notre pays, nous sommes un hub de l’Afrique de l’Ouest, cela pourrait être un endroit où on pourrait produire les médicaments et les distribuer plus facilement de la sous-région. L’UEMOA et la CEDEAO vont permettre de disposer du maximum de produits juste à côté.»

La crise sanitaire due à la pandémie a bien démontré les fragilités des systèmes de santé dans quasiment tous les pays de la région, donc la réforme du secteur pharmaceutique est inévitable et nécessaire.

«À court terme la production pourra concerner les solutés, quelques antibiotiques, le coton. Les futurs médicaments représentent autour de 20 à 30 % du marché du générique. C’est vrai que c’est moins de 5 % du marché pharmaceutique global, mais c’est déjà essentiel, si on arrive à produire à ce niveau-là.»

Davantage de médicaments «made in Burkina»

Aujourd’hui au Burkina Faso,  un certain nombre d’entreprises fabriquent déjà des médicaments: Phyto pharma ou Phytofla du docteur Dakuyo et désormais l’unité privée ProPharm qui s’est fait sa place sur le marché et qui a reçu la visite du ministre du Commerce en juin et va recevoir un soutien d’État.

«Le gouvernement a aujourd’hui un autre projet qui s’appelle Amanda Pharma. Le tour de table pour le financement du projet est plus ou moins bouclé. […]Nous attendons, certainement dans les jours à venir, les excipients et les matières premières de base pour commencer à fabriquer tout ce qui est paracétamol et chloroquine. Je peux vous dire que d’ici la fin de l’année, au maximum, nous allons avoir des médicaments, davantage de médicaments made in Burkina.»

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