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Le même parlement depuis 2011 et les élections reportées à cinq reprises. Après l’annonce de nouvelles dates, le président de la Commission électorale nationale et indépendante du Tchad a, dans un entretien exclusif à Sputnik, expliqué ce qui avait été le plus dur pour arriver à un consensus et quelles étaient les urgences actuelles.

Les législatives, qui devaient se tenir à la fin de cette année, ont été encore une fois reportées, au 24 octobre 2021. Depuis 9 ans, le Tchad vit avec le même parlement dominé par le parti du Président actuel, Idriss Déby Itno, car la tenue des élections a été perturbée par une succession de problèmes, évoqués entre autres par les autorités: la menace de Boko Haram, une crise financière et, pour finir, la pandémie de Covid-19.

Un consensus difficile à établir

L’élection présidentielle a été fixée au 11 avril 2021 et six mois après, s’il n’y a pas de cas de force majeure, se tiendront enfin les législatives. Ce nouveau calendrier a fait l’objet d’un consensus, dévoile à Sputnik Kodi Mahamat Bam, président de la Commission électorale nationale et indépendante tchadienne (la Céni).

«Le plus dur a été de fournir le maximum d'informations aux acteurs politiques pour les amener à comprendre le contexte et les problèmes des kits.»

La Céni dit avoir pris en compte les préoccupations de toutes les parties, mais avant, l’organe en charge des élections avait subi une pression importante de la classe politique durant plusieurs semaines. Finalement le chef de l’État a dû demander de «rassurer l’opinion». Alors les nouvelles dispositions électorales ont été dévoilées une semaine plus tard.

Un nouveau report serait «désastreux»

Les législatives tchadiennes ont déjà connu cinq reports et il y a toujours un risque que cela se reproduise, mais Kodi Mahamat Bam n’envisage pas cette option «catastrophique».

«Ces dates retenues doivent être scrupuleusement respectées pour éviter un vide juridique qui sera désastreux pour le pays. Il faut tout faire pour éviter que cela [le report des élections, ndlr] ne se répète: suivi rigoureux et évaluation à mi-parcours et remédiation».

Le coup de la pandémie et de l’opérateur

Un mandat prolongé pour tous les élus depuis 2011 est le résultat d’une série des crises sécuritaires, financières et sanitaires. Le président de la Céni tchadienne confirme que cette année, c’est le Covid-19 qui a bouleversé les plans électoraux.

«La pandémie a joué un grand rôle dans le retard accusé dans la mise en œuvre du chronogramme. Le choix de l'opérateur aussi dont le processus a été long et laborieux.»

Le choix d’un nouvel opérateur pour le recensement électoral biométrique fait douter un grand nombre d’observateurs à l’intérieur du pays. En effet, ils ne le trouvent pas assez expérimenté pour remplir sa mission d’ici la période électorale.

Pour la Céni, les urgences actuelles consistent à «procéder à temps à l'enrôlement généralisé et présenter la cartographie complète.», affirme son président Kodi Mahamat Bam.

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Tags:
Tchad, élections
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