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Depuis une semaine, le Burundi a lancé un programme de dépistage de masse, à l’initiative du gouvernement. Dans un entretien exclusif à Sputnik, le porte-parole du ministère de la Santé livre les résultats des premiers jours et explique pourquoi les autorités burundaises sont enfin passées à l’action.

Il y a encore deux mois, le Burundi était la cible de la communauté internationale, qui fustigeait l’inertie des autorités face à la pandémie. Mais le nouveau Président Evariste Ndayishimiye, dès son arrivée au pouvoir a affirmé que le Covid-19 était «le plus grand ennemi des Burundais». Et la situation a basculé.

3.263 personnes dépistées en 5 jours

Depuis plus d’une semaine, un large programme de dépistage de masse a démarré dans la capitale burundaise et dans les provinces, pour une durée initiale de trois mois. Le docteur Jean Bosco Girukwishaka, porte-parole du ministère de la Santé et de Lutte contre le Sida, fait part de son avancement.

«Depuis le début de la campagne de dépistage, qui a démarré le 6 juillet, pour la première semaine du lundi au vendredi, sur les trois sites à Bujumbura, on a pu dépister 3.263 personnes et les résultats ont montré que 67 personnes avaient le Covid-19.»

D’après le ministère de la Santé burundais, entre la déclaration de la pandémie et le 13 juillet, 6.687 prélèvements avaient été faits et ont révélé 269 cas positifs. De plus, durant toute cette période, 207 personnes ont reçu une assistance médicale, ont été guéris et sont rentrés chez eux. À ce jour, selon les chiffres officiels, 61 cas sont sous surveillance médicale et un décès est à déplorer.

Le Burundi collabore de nouveau avec L’OMS

Le Président burundais a baptisé ce programme «Que je guérisse, que je ne contamine pas et que je ne sois pas contaminé», dont le financement est partagé entre le gouvernement et ses partenaires, y compris l’OMS qui a fourni des réactifs pour les tests de dépistage.

Malgré l’expulsion au mois de mai de fonctionnaires onusiens, le porte-parole du ministère de la Santé affirme que le Burundi «n’a pas eu de problème avec l’OMS» ni de «relations tendues».

« ll y a eu juste des problèmes d’ordre technique et des problèmes personnels avec certains individus travaillant pour l’OMS au Burundi, et aujourd’hui, avec le représentant de l’OMS qui est là, il y a une bonne collaboration.»

Le virage de la politique sanitaire

Depuis le début de la pandémie, les mesures de restriction ont été très minimales au Burundi ce qui a suscité une vague de critiques internationales, mais après l’élection d’Evariste Ndayishimiye et le décès inattendu de Pierre Nkurunziza, la politique sanitaire a connu un virage, avoue le docteur Jean Bosco Girukwishaka.

«Le changement est dû au nombre de cas positifs. Au départ, il y avait une dizaine de cas et les mesures devaient être différentes. Dès qu’on était autour des 200 cas, le gouvernement a vu qu’il fallait prendre des mesures plus conséquentes pour faire face à la pandémie.»

​Selon les chiffres publiés sur le compte officiel du ministère de la Santé, au 14 juillet le nombre de personnes dépistées a atteint 4.453, avec au total 104 cas positifs depuis le début de la campagne.

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