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Une augmentation de 30% des cas depuis trois semaines touche le continent africain: dans un entretien exclusif à Sputnik, le responsable des opérations de réponse aux urgences sanitaires en Afrique de l’OMS décrit la réalité inquiétante du coronavirus actuellement.

Depuis plus de deux mois, une grande partie des pays africains sont en train de revenir à «une vie normale», mais l’allègement des mesures sanitaires strictes et le déconfinement prématuré ont laissé place à une aggravation assez attendue: l’OMS constate une accélération de la pandémie en Afrique de 30% et se montre très inquiète pour les semaines à venir.

Plus de 100.000 cas par semaine

La situation semblait être sous contrôle sur le continent africain, grâce à une série de mesures précoces de confinement qui ont ralenti énormément la propagation du Covid-19. Mais tout a changé à partir de mai-juin, et depuis trois semaines une très forte augmentation est observée, constate le docteur Michel Yao, responsable des opérations de réponse aux urgences sanitaires en Afrique de l’OMS.

«En trois semaines, on a eu une augmentation de plus de 30% avec un nombre total de cas par semaine qui dépasse les 100.000 cas et on observe aussi que dans certains pays le nombre de cas augmente très fortement, cela peut s’expliquer par le relâchement du confinement qui a été suivi par le fait que les mesures barrières ne sont pas bien appliquées dans certains pays».

Madagascar et le Nigeria dans l’épicentre de cette accélération

Pour le moment c’est l’Afrique du Sud, le cinquième pays le plus touché dans le monde, qui connait le pire scénario sur le continent, avec 13.000 nouveaux cas par jour ces dernières semaines et plus de 5.000 décès depuis le début de la pandémie. Mais d’autres pays se trouvent dans une phase alarmante, signale le docteur Yao.

«Nous avons aussi Madagascar, où il y a trois semaines le nombre de cas était en dessous de 1.000 et maintenant ils en ont plus de 6.000. Nous avons aussi un grand pays comme le Nigeria qui atteint une moyenne de 500 cas par jour, si des mesures ne sont pas prises ces chiffres pourraient augmenter.»

Les chiffres s’aggravent également dans les pays de l’Afrique de l’Est comme le Kenya avec une progression de 31%, ou l’Éthiopie - 26%, mais aussi les pays voisins de l’Afrique du Sud, comme la Zambie avec 57% de cas en plus, selon l’OMS.

Pour l’Afrique du Sud, un pic est attendu en août

Les pronostics à long terme sont quasiment impossibles, mais l’observation de la pandémie depuis deux mois permet au moins de prédire son évolution pour les jours et les semaines à venir. Le responsable des opérations de réponse aux urgences sanitaires en Afrique est préoccupé par cette progression attendue et partage les calculs de l’OMS.

«On aura dans les deux semaines à venir une augmentation, les prédictions sont difficiles à faire pour l’ensemble de l’Afrique quand la situation est différente d’un pays à un autre, mais l’équipe des épidémiologistes de l’Afrique du Sud prévoit un pic en août, donc il est loin d’être atteint, quand on sait que ce pays est en saison hivernal, lorsque habituellement on a aussi un pic de grippe».

Au-delà du Covid: le paludisme, la rougeole et Ebola

Selon l’Organisation mondiale de la santé, il est nécessaire aujourd’hui «d’apporter cette réponse à la fois au Covid mais aussi de pouvoir prévenir d’autres épidémies». Car les maladies locales qui causent un nombre de décès annuel beaucoup plus important que le coronavirus comme le paludisme – sont toujours d’actualité.

​«Malheureusement il y a des pays qui doivent continuer à faire face au lourd fardeau de ces maladies comme le paludisme qui reste valable surtout pour l’Afrique subsaharienne, l’une des première cause d’hospitalisation. Nous sommes aussi inquiets par rapport à la réduction des vaccinations qui expose des pays à des épidémies, notamment à la rougeole. Et aussi à Ebola.»

Maintenant il faut absolument «appuyer tout ce qui se faisait avant» martèle le docteur Yao: détecter rapidement pour réduire la mortalité et prendre des mesures autour des cas, isoler, mettre en quarantaine mais surtout éviter l’exposition et respecter les gestes barrières et la distance physique.

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