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Le zoo national d’Abidjan a enregistré une soixantaine de naissances en l’espace de six mois. Cette situation inédite serait, d’après la gestionnaire, un «excellent indicateur» du mieux-être des pensionnaires de cet établissement, qui souffre d’une mauvaise image.

Trois lionceaux, deux léopards, 12 tortues carnivores, 33 canetons et trois céphalophes: ces naissances remplissent de fierté l’administration du zoo d’Abidjan –qui renoue doucement avec le public après quelques mois d’interruption des visites en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19.

Au total, le personnel de l’établissement a assisté à l’arrivée de plus de 60 petits, toutes espèces confondues, de janvier à juillet 2020. De mémoire d’agent, une natalité aussi florissante que diversifiée en un laps de temps aussi court est une grande première.

L'entrée du zoo national d'Abidjan (Côte d'Ivoire).
© Sputnik . Roland Klohi
L'entrée du zoo national d'Abidjan (Côte d'Ivoire).

Le dernier petit, qui a vu le jour le 20 juillet, est un mangabey enfumé, une espèce de singe endémique des hautes forêts de l’Afrique de l’Ouest.

Les deux bébés léopards et leur mère.
© Photo / Zoo d'Abidjan
Les deux bébés léopards et leur mère.

Établissement public placé sous la tutelle du ministère des Eaux et forêts, le zoo national d’Abidjan existe officiellement depuis 1972 (il était jusque-là la propriété d’un Français, Yvan Cholley) et a vocation à être «un lieu de collection, de conservation et d’exposition des espèces animales de la faune sauvage locale et parfois exotique».

Une vue de l’allée principale du zoo.
© Sputnik . Roland Klohi
Une vue de l’allée principale du zoo.

Étendue sur une superficie d’environ 20 hectares (dont quatre effectivement exploités), la structure accueille actuellement plus de 350 animaux, dont des félins (lions, léopards...), des primates (chimpanzés, mangabeys, vervets...), des oiseaux (marabouts, touracos) et des reptiles (pythons, varans, crocodiles...).

Un faux procès fait au zoo d’Abidjan?

Depuis la fin de la crise postélectorale de 2010-2011 qui l’a durement éprouvé, les autorités ivoiriennes s’attellent à soigner l’image du zoo d’Abidjan, encore considéré comme un «mouroir» pour certaines associations de défense des animaux.

C’est le cas, par exemple, du Comité de protection des animaux de Côte d'Ivoire (CPA-CI) qui estime que les animaux sont «détenus dans des cages étroites, surpeuplées, mal entretenues et inadaptées et ne semblaient pas bénéficier d’une nourriture suffisante pour répondre à leurs besoins quotidiens».

Dès 2013, l'État a initié un programme de réhabilitation progressive de l’établissement, notamment en vue d’adapter les enclos aux standards internationaux en matière de conservation, qui ont beaucoup évolué depuis 1972.

Mais la mort, en mai, d’un chimpanzé, présentée par un média français comme résultant d’un manque de nourriture, a suscité l’indignation de certains internautes.

Hassan, un Ivoiro-Libanais de 32 ans accompagné de son épouse et de leurs deux fillettes, témoigne au micro de Sputnik:

«On raconte dans la presse qu’un chimpanzé est récemment mort de faim. J’espère que cela n’est pas vrai car ce serait déplorable. Mais pour tout vous dire, je crois qu’un mauvais procès est fait au zoo. Je viens régulièrement ici depuis trois ans avec ma famille et franchement, les animaux ne m’ont absolument pas l’air de manquer de nourriture. Je trouve même qu’ils ont meilleure mine qu’il y a quelques années.»

Interrogée par Sputnik, le Dr Mariam Koné, la gestionnaire du zoo d’Abidjan, a battu en brèche les accusations de malnutrition et de maltraitance dont seraient victimes ses protégés: «Sam, le chimpanzé décédé en mai, a succombé d’une gastro-entérite. Nos pensionnaires sont correctement nourris et régulièrement suivis par un cabinet vétérinaire. Les nombreuses naissances que nous avons enregistrées ces derniers mois sont un excellent indicateur de leur forme».

«Quand des animaux en captivité sont maltraités ou ne sont pas dans des conditions optimales, ils ne se reproduisent pas», a-t-elle déclaré.

Pour l’alimentation des animaux, l’établissement dispose d’un budget mensuel de 15 millions de francs CFA (22.830 euros), auquel s’ajoutent des dons réguliers de bienfaiteurs (supermarchés, particuliers...).

Un aperçu de nourriture offerte par un supermarché.
© Photo / Zoo d'Abidjan
Un aperçu de nourriture offerte par un supermarché.

Si le Dr Mariam Koné reconnaît que la structure dont elle a la charge depuis mars 2019, comme la plupart des zoos du monde, est confrontée à la nécessité constante d'améliorer les conditions de vie des animaux et de travail de ceux qui s'en occupent, elle assure que «des efforts concrets sont faits dans ce sens».

«Le zoo d’Abidjan est aujourd'hui un havre de bien-être pour de nombreuses familles d’Ivoiriens qui peuvent venir y passer toute une journée pour un droit d’entrée par personne de 300 francs (0,45 euro). Pour la plupart de ces visiteurs, il n’y a que cet endroit dans toute la ville où leurs moyens financiers leur permettent de venir s’évader. Nous en avons conscience et œuvrons progressivement pour tout améliorer dans le zoo», a déclaré la gestionnaire.

Avant l'épidémie de coronavirus, le zoo d’Abidjan accueillait en moyenne 600 visiteurs par jour. Un chiffre qui pouvait grimper jusqu’à 11.000 les jours de fête.

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Tags:
maltraitance, animaux, zoo, Abidjan, Côte d'Ivoire
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