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Entre Sonatel, filiale d’Orange et leader global de la téléphonie au Sénégal, et une partie de sa clientèle, la brouille pourrait connaître un pic ce 7 août avec l’appel au boycott des produits de l’opérateur par des activistes de la société civile. Mais avec ses 10 millions d’abonnés, Orange juge marginaux les dégâts qu’il encourt.

La compagnie Sonatel (Société nationale des télécommunications du Sénégal), filiale d’Orange, est-elle définitivement abonnée à la grogne de ses clients? Leader tout-puissant sur la quasi-totalité des segments de la téléphonie mobile au Sénégal, elle fait face à une fronde très médiatisée dans et dehors des réseaux sociaux.

Ce vendredi 7 août, un pic pourrait ainsi être atteint dans la contestation de ses pratiques tarifaires avec l’appel au boycott lancé par des mouvements et activistes de la société civile. En cause, ses nouvelles offres du 22 juillet dernier perçues comme des hausses «subites et brutales» en lieu et place des forfaits appelés «Illimix» en vigueur depuis novembre 2019.

​L’une des nouvelles offres qui a déclenché la fronde contre Sonatel Orange.

La pomme de discorde entre Sonatel Orange et ses abonnés est principalement liée à la suppression des deux forfaits «Illimix» qui semblaient convenir à beaucoup de clients.

L’un était à 1.900 francs CFA par mois (2,89 euros) et comprenait 200 minutes d’appels vers tous les réseaux et 2 Go de volume Internet. L’autre, pour 5.900 francs CFA par mois (8,99 euros), donnait droit à 900 minutes d’appels vers tous les réseaux, 14 Go d’Internet et 500 SMS. Ces deux forfaits sont passés à 4.500 francs CFA (6,85 euros) et 7.500 francs CFA (11,43 euros) avec des contenus supérieurs.

Quand Macky Sall s’en mêle…

Face aux récriminations des clients d’Orange, le Président Macky Sall a, de manière indirecte, critiqué l’opérateur lors du Conseil des ministres du 29 juillet dernier et a demandé à l’Autorité de régulation des télécoms et des postes (ARTP), le gendarme des télécommunications, de «veiller à la soutenabilité des tarifs appliqués aux consommateurs».

En guise de réponse au chef de l’État sénégalais, Sékou Dramé, le directeur général de Sonatel Orange, a soutenu au cours d’un point de presse tenu ce 4 août à Dakar que les nouvelles offres s’inscrivaient «plutôt dans une volonté de soulager le budget quotidien des Sénégalais tenant compte du contexte du Covid-19 particulièrement dur et toujours en cours».

«Les nouveaux prix […] sont synonymes de baisse tarifaire pour 91% des clients qui utilisent le réseau d’Orange pour leurs besoins quotidiens en voix et Internet mobile. Les 8,3% de nos clients qui souscrivent à nos offres ‘’wotel’’ («appel» en wolof) ne subissent aucun changement et avaient déjà obtenu une baisse des prix au début de la crise du Covid-19», assure pourtant le numéro un du groupe.

«Vendredi 7 août, deadline pour Orange»

Les propos du patron de Sonatel Orange n’ont pas convaincu le mouvement «Y en a marre», fer de lance de la contestation sur les réseaux sociaux et sur le terrain. Son coordonnateur, l’ancien journaliste Aliou Sané, a aussitôt réitéré l’appel au boycott du vendredi 7 août, «deadline pour Orange car après, on ira à une autre vitesse et vous verrez ce qui se passera dans ce combat hautement citoyen et pacifique», a-t-il averti sur iRadio.

Interpellée par le Président Sall, l’ARTP, n’a pas publiquement réagi. Mais en interne, on fustige «le populisme» du chef de l’État embarqué dans une «affaire entre une société privée et ses usagers» pour laquelle «il se sait structurellement impuissant et incompétent» en matière d’intervention pour les usagers en colère.

«La portabilité existe depuis plusieurs années au Sénégal. En moins de 24 heures, tout abonné peut migrer vers l’opérateur de son choix en conservant son numéro», poursuit pour Sputnik cette source au sein de l’ARTP qui préfère garder l’anonymat.

Aujourd’hui, Sonatel Orange revendique 10 millions d’abonnés (sur 15 millions d’habitants au Sénégal) à son réseau mobile et a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 1.086,6 milliards de francs CFA (1,656 milliard d’euros environ) en 2019. Sonatel, détenu à 27,2% par l’État sénégalais mais avec un actionnariat majoritaire pour Orange (42,3%), est présent en Guinée-Bissau, Sierra Leone, Guinée-Conakry et au Mali. Dans ces deux derniers pays, les conflits avec ses clients sont récurrents et ont souvent trait à la qualité du service et au coût prohibitif des communications.

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Tags:
Macky Sall, groupe Orange, télécommunication, Sénégal
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