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L’embargo sur la vente d’armes à la RCA a été renouvelé pour un an alors que le pays n’aspire qu’à sa levée depuis longtemps. Dans cet entretien exclusif, le conseiller en communication et porte-parole de la Présidence de la République centrafricaine exprime son désarroi et pointe «une injustice qui pénalise le pays».

Fin juillet le Conseil de sécurité de l’Onu a décidé à l’unanimité de proroger l’embargo sur les armes imposé à la République centrafricaine depuis 2013. Sa levée totale a été demandé au plus haut niveau et à plusieurs reprises par le Président Touadéra, mais la situation instable dans le pays, d’après la communauté internationale, a poussé à ce renouvellement, au moins jusqu’au 31 juillet 2021.

«Une injustice qui pénalise le pays»

L’Onu martèle que «tous les États membres devront continuer de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects d’armements» à la RCA. D’après Albert Yaloké Mokpeme, ministre délégué, conseiller en communication et porte-parole de la Présidence de la République centrafricaine, cette décision «pénalise» tout le pays.

«Le gouvernement centrafricain a tout mis en œuvre pour être en conformité avec les conditions posées par le Comité de sanctions pour lever l'embargo sur les armes. Le peuple centrafricain ressent une injustice qui pénalise le pays et nos forces de défense avec la décision du Conseil de sécurité.»

«Nous manquons de moyens pour nous défendre»

Depuis le début, l’embargo a connu trois assouplissements et désormais, à ceux-là s’ajoute pour la première fois la livraison de lance-roquettes et de munitions spécialement conçues pour ces armes, qui devrait «répondre aux besoins spécifiques des forces de sécurité centrafricaines» comme l’a expliqué le représentant de la France auprès de l’Onu durant l’adoption du texte de la résolution.

Mais la porte-parole de la Présidence centrafricaine insiste sur l’importance la levée totale de l’embargo pour son pays, en le justifiant par les pertes humaines à cause de l’insécurité provoquée par le manque de moyens.

«Les groupes armés s'approvisionnent illégalement et massacrent nos populations et nous manquons de moyens pour nous défendre à armes égales.»

La levée de l’embargo «d’ici un an»

Rien n’est promis, mais il y a une possibilité que la levée totale ait lieu dans un an, si les élections prévues pour la fin de l’année se déroulent paisiblement. Cette fois, la Russie s’est jointe au vote à l’unanimité en voyant dans la situation actuelle une possibilité d’obtenir ce que souhaite la RCA «d’ici un an». Albert Yaloké Mokpeme avoue que c’est la priorité absolue pour son pays.

«Tous les Centrafricains n'aspirent qu'à la levée de l'embargo pour équiper les militaires qui sont formés par l'EUTM et les instructeurs russes.»

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Faustin-Archange Touadéra, République centrafricaine, ONU
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