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En Europe comme en Afrique, les Togolais se sont mobilisés en masse contre le pouvoir de Faure Gnassingbé, qui cumule avec son défunt père 53 ans de règne. Une forme de solidarité avec les Togolais du pays empêchés de manifester en raison d’une loi décriée comme «liberticide».

Journée de mobilisation internationale contre la dynastie Gnassingbé au Togo, au pouvoir depuis 1967. C’était le 11 septembre dans nombre de capitales. Objectif de ces centaines de Togolais qui ont battu le pavé un peu partout dans le monde: encourager leurs concitoyens restés au pays à se mobiliser à leur tour en bravant l’interdiction de manifester qui a cours depuis plus d’un an. Une restriction qui a encore été renforcée par la crise sanitaire.

La diaspora, qui s’était donné le mot via les réseaux sociaux, n’en est pas à sa première série de protestations. Déjà, en 2017 et 2018, au plus fort de la contestation politique contre le pouvoir togolais, elle organisait des marches régulièrement en signe de soutien à la mobilisation à l’intérieur du pays.

Aura-t-elle gain de cause cette fois-ci? Rien n’est moins sûr, à en croire le Dr Ekoué Gada, politologue togolais et enseignant-chercheur à l’université de Lomé. Il croit qu’un «effet contagion [au Togo] ne pourra pas être possible».

«La loi dans l’ensemble de ces pays [Allemagne, France et Nigeria] permet aux Togolais de manifester sans problème contre le pouvoir de Faure Gnassingbé sans être inquiétés. Par contre chez eux, au Togo, les dernières modifications apportées à la législation sur les manifestations publiques en août 2019 ne permettent pas le moindre effet de contagion», estime Ekoué Gada.

L’universitaire tire cette conclusion du fait que les autorités se sont déjà servies de cette loi pour interdire ou même mater plusieurs initiatives de manifestations depuis son amendement. Ainsi, les tentatives de contestation post-présidentielle du 22 février 2020 ont-elles subi le même sort.

Il a soutenu par ailleurs que les mesures anti-Covid prises par le gouvernement ont ajouté aux difficultés de mobilisation sur le sol togolais puisque tout regroupement de plus de 15 personnes est interdit.

Séquence montrant une partie de la manifestation des Togolais devant l’ambassade du Togo à Paris.

À défaut de pouvoir susciter une réaction dans les rues, c’est sur les réseaux sociaux que l’initiative de la diaspora a suscité un vif intérêt.

Sur la Toile, on a pu voir des vidéos de Togolais qui manifestaient dans les capitales du monde entier pour attirer l’attention sur la situation de leur pays. Ils étaient principalement à Paris, Berlin et Lagos.

Devant l’ambassade du Togo à Paris par exemple, ils ont soutenu que «le temps des coups d’État constitutionnels et de confiscations de la voie des urnes est révolu» et ont demandé que «cesse le soutien de la France aux dictatures africaines au Togo, en Côte d’Ivoire et en Guinée».

«Il est impératif que le Togo, la Guinée et la Côte d’Ivoire suivent en même temps le vent de la libération qui souffle en Afrique de l’Ouest à partir du Mali», a déclaré un manifestant dans la vidéo d’une mobilisation à Paris qui a circulé sur WhatsApp.

Au Nigeria, renforcés par la position du Président Bouhary, opposé aux tentatives des chefs d’État du continent africain de s’éterniser au pouvoir, les Togolais ont aussi manifesté à Abuja pour appeler la Cedeao -l’organisation des États d’Afrique de l’Ouest- et la France à rester du côté du peuple togolais et africain dans leur quête de liberté.

Ayant amendé la loi sur les manifestations publiques en août 2019, le gouvernement de Lomé s’était alors donné toute latitude pour autoriser ou interdire toute mobilisation sur le sol togolais, limitant ainsi le droit de manifestation.

Les Nations unies ont jugé cet amendement liberticide et ont demandé aux autorités togolaises de procéder à une relecture de certains de ses articles. La demande, formulée par les rapporteurs des Nations unies en septembre 2019, n’a jamais connu de suite.

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Tags:
Faure Gnassingbé, opposition, Afrique, Togo
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