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Une délégation russe partira pour le Burundi durant ce mois d’octobre, confie à Sputnik Édouard Bizimana, ambassadeur du Burundi à Moscou. Après une rencontre avec le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, les relations bilatérales entre les deux pays connaissent une nouvelle étape, assure la diplomatie burundaise.

Sputnik: Début octobre, vous avez rencontré Mikhaïl Bogdanov. Les relations bilatérales ont été discutées durant cette rencontre. Pouvez-vous donner plus de précisions sur les mesures pratiques que le Burundi et la Russie souhaitent désormais mettre en place pour intensifier les échanges économiques?

Édouard Bizimana: «La rencontre avec Son Excellence Mikhaïl Bogdanov, vice-Ministre des Affaires étrangères et envoyé spécial de Son Excellence le Président de la Fédération de Russie en Afrique et au Moyen-Orient, a été l’occasion d'évaluer et apprécier le pas franchi dans les relations entre le Burundi et la Russie. Elle a coïncidé avec la célébration du 58e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre le Burundi et la Fédération de Russie. C'était donc une importante rencontre qui a permis d'envisager des perspectives d'avenir visant au renforcement des liens d'amitié et de coopération entre nos deux pays.

Dans le cadre de l'intensification des échanges économiques, le Burundi procède actuellement à l'identification des produits et des producteurs qui sont à la recherche de débouchés et de partenaires. La liste non exhaustive comprend entre autres les produits suivants: ananas, fleurs, avocats et huile d'avocat, fruits de la passion, prune du Japon, purée de tomates, banane, vin de banane. L’horticulture est un secteur très prometteur au Burundi. Elle est jusqu'ici très peu exploitée. Il est important que les peuples burundais et russe puissent se connaître davantage, que les milieux d’affaires des deux pays se rencontrent régulièrement. Dans cette perspective, le Burundi et la Russie vont créer des cadres pouvant favoriser ces rencontres. Il s'agira précisément d'organiser des expositions auxquels prendraient part les hommes et femmes d'affaires, et des entreprises des deux pays. Au niveau du cadre légal, le Burundi est prêt à faciliter les démarches et l'encadrement des entreprises russes qui s'orienteraient vers le Burundi. Dans cette même perspective, le Plan national de développement du Burundi constitue une boussole indéniable à tous ceux qui veulent investir dans le pays. Une autre mesure importante sera d'intensifier les relations entre les régions russes et le Burundi.»

Sputnik: Concernant les nouveaux investisseurs, pouvez-vous dévoiler les détails des nouveaux projets?

Édouard Bizimana: «Le Burundi et la Russie cherchent à diversifier les perspectives économiques. C'est ainsi qu'en plus des projets déjà existants, il y a lieu de signaler deux projets importants pour nos deux pays. Il s'agit notamment du projet de construction d'un centre de gestion des catastrophes au Burundi. L'ambassade de Russie dans le pays et les autorités burundaises y travaillent sans relâche. L'autre projet important concerne la coopération dans la construction de centrales thermiques et nucléaires pouvant permettre au Burundi de disposer d'énergie suffisante et ainsi d’amorcer un développement industriel. La disponibilité d'énergie électrique en quantité suffisante permettra au Burundi de tirer profit de ses ressources naturelles dont l'exploitation exige une quantité d'énergie électrique suffisante. Le Burundi s'est rendu à l'évidence qu'aucun développement économique durable, qu'aucune industrialisation au vrai sens du terme, n'est possible si le pays ne dispose pas de l'énergie électrique suffisante. C'est pour cela que le gouvernement a fait du secteur de l'énergie une priorité.
Il serait aussi intéressant pour les Russes de tirer profit des projets régionaux, et dont le Burundi est partenaire, en apportant leur expertise dans la construction de chemins de fer.»

Sputnik: Quelles questions internationales et locales ont été discutées en premier lieu?

Édouard Bizimana: «Nous avons discuté de sujets d'intérêt international, notamment la lutte contre le terrorisme, la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, la lutte contre la pandémie de coronavirus, la promotion et le renforcement du multilatéralisme, le respect des règles du droit international dans les relations entre États. Au niveau du continent africain, nous avons échangé sur le renforcement des relations entre l'Afrique et la Russie, notamment le nouveau cadre de coopération qu'est le sommet Russie-Afrique. Nous avons apprécié le climat de paix qui règne en Afrique et le souci de voir les quelques problèmes qui subsistent se résoudre sans recours à la force ou à la violence. Il importe de signaler une convergence de vision et de points de vue entre le Burundi et la Russie sur tous les sujets.»

Sputnik: Quelle collaboration au niveau humanitaire est prévue avec la Russie?

Édouard Bizimana: «Au niveau de la coopération humanitaire, le Burundi apprécie beaucoup la contribution de la Russie aux efforts de protection de l'environnement en apportant son soutien à l'accord de Paris sur le climat. La contribution de la Russie en faveur de certains pays africains, dont le Burundi, à travers le Programme alimentaire mondial. Le Burundi apprécie la solidarité manifestée par la Russie en apportant son aide aux pays africains dans le domaine de la lutte contre la pandémie de Covid-19 ou la fièvre hémorragique à Ébola.
Enfin, il faut signaler que la Russie a toujours soutenu et encouragé les efforts du gouvernement du Burundi visant le rapatriement des réfugiés burundais. Le partage des informations sur la gestion des catastrophes rentre aussi dans le cadre de la coopération humanitaire.»

Édouard Bizimana, ambassadeur du Burundi à Moscou
Édouard Bizimana, ambassadeur du Burundi à Moscou

Sputnik: Est-ce que le Burundi est intéressé par le vaccin russe Spoutnik V contre le coronavirus ?

Édouard Bizimana: «Je voudrais saisir cette occasion pour féliciter les scientifiques russes, le gouvernement et le peuple russes pour avoir été les premiers à mettre en place un vaccin contre le Covid-19. Cette invention, le Spoutnik V, donne de l'espoir à des millions de personnes face à un danger qui n'épargne personne, qui a déjà fait des milliers de victimes et qui économiquement a paralysé la planète. Pour ce qui est du Burundi, il sied de signaler qu'à ce jour, et grâce aux efforts des autorités burundaises sous le leadership éclairé de Son Excellence Evariste Ndayishimiye, Président du Burundi, le Covid-19 a été vaincu dans le pays. Après trois mois d'un combat acharné contre ce virus, le peuple burundais est sorti victorieux et le Covid-19 ne constitue plus un danger. Bien sûr que la vigilance reste de mise pour éviter que le virus reprenne de la vigueur.
Pour revenir à votre question, le Burundi se réjouit que le vaccin contre ce virus soit enfin disponible. Et en cas de besoin, le Burundi n'hésitera pas à se le procurer pour protéger sa population. Tout dépendra de l'évolution de la situation tant au niveau international qu'au niveau national. S'il s'avère que le vaccin contribue à freiner la propagation du virus et permet aux populations du monde de reprendre une vie normale, le Burundi ne restera pas en retrait.»

Sputnik: Comment les deux pays comptent prochainement approfondir le dialogue politique? Est-ce que des rencontres au plus haut niveau sont prévues?

Édouard Bizimana: «Le dialogue politique entre le Burundi et la Russie est devenu quasi permanent malgré le contexte difficile dicté par le Covid-19. N'eut été la pandémie, des visites des autorités burundaises en Russie et des autorités russes au Burundi auraient déjà eu lieu. Malgré cela, le Burundi accueillera une délégation russe au cours de ce mois d'octobre dans le cadre d'un projet commun dans le secteur de l'énergie. À défaut d'organiser des rencontres en présentiel, il y a toujours la possibilité d'organiser des activités par visioconférence. C'est d'ailleurs de cette manière que vient d'être signé l'accord de collaboration entre la Commission électorale nationale indépendante du Burundi et la Commission centrale des élections de la Fédération de Russie. En définitive, le Covid-19 peut ralentir le rythme, mais ne pourra jamais nous empêcher d'avancer: "Where there is a will, there is always a way"[Là où il y a une volonté, il y a un chemin] diraient les Anglo-Saxons.»

 

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