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Frappés de plein fouet par la crise du Covid-19, les pays du Maghreb enregistrent une hausse de plus en plus importante du nombre de jeunes désirant immigrer vers l’Europe, notamment en France, rapporte Capital. Des spécialistes en ont expliqué les raisons.

La récession économique qui frappe les pays du Maghreb à cause de l’impact de la crise sanitaire du Covid-19 pousse des milliers de jeunes Algériens, Marocains et Tunisiens à tenter l’immigration clandestine vers les pays du sud de l’Europe, en particulier en France, relate la revue Capital qui cite des experts. Poussés par le désespoir et le chômage, ces jeunes, dont beaucoup sont diplômés, n’hésitent pas à risquer leur vie sur des embarcations de fortune pour arriver sur le sol européen.

«Le premier facteur des départs au Maroc, c'est la dégradation de la situation économique, en Algérie c'est le désespoir lié à l'échec de changement politique et, en Tunisie, la désillusion face à l'absence de perspectives politiques et économiques», avance Ivan Martin, chercheur espagnol spécialiste des migrations.

Les raisons de l’immigration par pays

Selon Me Kouceila Zerguine, spécialiste algérien en droit de l'immigration, en Algérie le mouvement social Hirak (déclenché en février 2019 pour empêcher l’ancien Président déchu Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat) a suscité un énorme espoir de changement politique. Cependant, près d’une année après, le désespoir a regagné les jeunes, notamment les diplômés qui ne rêvent que de visas et de voyages lointains.

«Il y a une recrudescence sans précédent des départs de jeunes qui ne se projettent plus dans le futur de ce pays», assure Me Zerguine Me Kouceila Zerguine, soulignant que rien qu’en septembre, «plus de 1.200 clandestins ont été interceptés au large des côtes algériennes en dix jours».

Au Maroc, «le questionnement personnel pendant les mois de confinement strict ajouté à la paupérisation avec la crise […] a catalysé les pulsions de départ, surtout chez les plus diplômés, quand bien même la situation en Europe est également difficile», explique l'anthropologue Chakib Guessous.

Même topo en Tunisie où «parmi ceux qui partent, il y a de plus en plus de diplômés», dont beaucoup «ont un emploi précaire», fait savoir le responsable de la communication extérieure du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) Romdhane Ben Amor.

Les pays européens réagissent aux vagues d’immigration

Face aux vagues d’immigration de plus en plus fréquentes, l'Espagne, la France et l'Italie ont renforcé les contrôles aux frontières et déploient de plus en plus de moyens pour éviter d’être submergés.

En effet, rappelle Capital, cette problématique «figure au cœur de la visite du ministre français de l'Intérieur Gérard Darmanin cette fin de semaine à Rabat. Elle était aussi en tête des priorités du chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez et de la ministre italienne de l'Intérieur Luciana Lamorgese lors de leurs récents déplacements à Alger».

Le renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l’Europe a permis une très forte baisse des entrées irrégulières. Ainsi, selon Frontex, en 2019 le nombre de migrants clandestins a baissé de 92% par rapport au pic de 2015. Durant les huit premiers mois de l’année 2020, ce nombre a reculé de 14% comparé à la même période en 2019.

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Tags:
immigration clandestine, Maghreb, Tunisie, Maroc, Algérie
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