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«Au vu des conclusions de l’étude [de faisabilité, NDLR] sur le gazoduc Nigeria-Maroc», il apparaît que ce projet et celui d’extension du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest «ont à peu près le même tracé» et «concourent à des objectifs communs», annonce la Cedeao dans un communiqué. Un mémorandum d’entente est en vue.

Près de deux semaines après la visite du chef de la diplomatie algérienne Sabri Boukadoum au Nigéria lors de laquelle il a évoqué la relance du projet de gazoduc reliant les deux pays, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) vient d’annoncer un probable «mémorandum d’entente» sur un autre pipeline concurrent. En effet, dans un communiqué publié sur son site, la Cedeao informe que la réunion des États membres qui se tient les 9 et 10 décembre à Ouagadougou, au Burkina Faso, étudiera de près le projet du gazoduc Nigeria-Maroc.

«L’objectif de la rencontre est d’échanger avec les États membres sur les développements actuels liés au projet d’extension du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest», indique la note, soulignant qu’il s’agira également «de faire le point sur les interactions entre [ce projet] et celui du gazoduc Nigeria-Maroc».

«Deux projets concourant à des objectifs communs»

Le Nigéria et le royaume chérifien ont initié des études de faisabilité relatives à la construction d’un gazoduc reliant les deux pays en vue de répondre aux besoins croissants du Maroc et de l’Europe en gaz naturel, rappelle la Cedeao.

«Au vu des conclusions de l’étude sur le gazoduc Nigeria-Maroc, il est apparu que les deux projets ont à peu près le même tracé et sont au même stade d’avancement [en termes d’études de faisabilité, NDLR]», constate le communiqué, ponctuant qu’ainsi ces deux gazoducs «concourent à des objectifs communs».

À cet effet, la note soutient qu’il est «nécessaire qu’une synergie entre la commission de la Cedeao [chargée du projet de l’organisation, NDLR] et les promoteurs du gazoduc Nigeria-Maroc soit envisagée». À ce titre, «un mémorandum d’entente est en cours de discussion entre la commission, le Nigéria National Petroleum Corporation (Nnpc) et l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym) du Maroc».

Lundi 7 décembre, lors d’une déclaration à la presse, le ministre algérien de l’Énergie, Abdelmadjid Attar, a estimé que le projet de gazoduc Nigeria-Maroc était «inimaginable» car il est «techniquement très difficile à réaliser, à cause du fait qu’il traverse plusieurs pays», rapportait le site Yabiladi.

Quid du gazoduc Nigeria-Algérie?

Surnommé le Transsaharien, le projet de gazoduc reliant le Nigéria à l’Algérie est apparu pour la première fois en 1980. En juillet 2009, les gouvernements de l’Algérie, du Niger et du Nigéria ont signé un accord permettant de lancer pour la première fois les études de faisabilité du projet en vue de le concrétiser. Cependant, à ce jour, la construction du gazoduc n’a toujours pas commencé.

Ainsi, Sabri Boukadoum a annoncé sur Twitter que lors de sa visite de travail le 27 novembre au Nigéria, il a abordé avec son homologue «la résurrection du projet de gazoduc transsaharien entre Alger et Abuja».

L’Europe, qui aspire à renforcer sa sécurité énergétique en diversifiant ses fournisseurs en gaz, est favorable à la construction de ce gazoduc. Le géant russe Gazprom est également séduit par le projet et a manifesté sa disponibilité à y participer. Pour l’instant, Alger et Abuja estiment qu’ils ont les moyens nécessaires pour mener à terme ce projet, sans le concours de partenaires étrangers.

Gazoduc trans-saharien
© CC BY-SA 4.0 / Sémhur / Wikimedia Commons
Gazoduc trans-saharien

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Tags:
Europe, Maroc, Algérie, gazoduc, gaz
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