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L’année 2020 se clôture sur une note de mécontentement doublée de frustration chez beaucoup de citoyens togolais. En cause: les mesures draconiennes prises par le gouvernement pour éviter la propagation du Covid-19 et qui touchent particulièrement les débits de boissons et les lieux de culte.

Au Togo, les nouvelles dispositions prises par les autorités pour prévenir la propagation du Covid-19 n’ont pas fini de semer la frustration et le mécontentement dans les milieux religieux ainsi que chez les gérants de bars et de restaurants.

Ces mesures ont vocation à s’appliquer dans tout le pays. Un couvre-feu a été instauré du 20 décembre au 3 janvier 2021, les célébrations religieuses connaissent des restrictions sévères, les regroupements de plus de 15 personnes au même endroit sont interdits, de même que la consommation dans les bars.

Les pasteurs mécontents

Les premiers à exprimer leur grogne sont les religieux.

L'église catholique Saint-Antoine-de-Padou de Lomé fermée en semaine.
© Sputnik . Alphonse Logo
L'église catholique Saint-Antoine-de-Padou de Lomé fermée en semaine.

La décision du gouvernement de limiter les cultes à une fois par semaine –les dimanches– et d’imposer que les célébrations des 24 et 31 décembre se terminent au plus tard à 23h a été «un coup dur à la vie spirituelle des chrétiens togolais qui préfèrent passer ces moments dans les églises», affirme à Sputnik le pasteur Bernard Amétépé Klégbé, le porte-parole du Syndicat national des pasteurs We Are One du Togo (SympaWaoTo).

«Ces nouvelles dispositions nous ont vraiment bouleversés. C’est cruel d’empêcher en cette période de pandémie les populations d’être proches de Dieu», s’offusque-t-il.

Pour lui, rien d’efficace ne peut être fait contre le Covid-19 si les populations ne sont pas spirituellement aguerries.

La Convention baptiste de Lomé fermée en semaine aux fidèles.
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La Convention baptiste de Lomé fermée en semaine aux fidèles.

Une décision d’autant plus incompréhensible, selon ce prélat, que depuis leur réouverture à l’automne (après plusieurs mois de fermeture imposée par la pandémie), les églises s’inscrivent dans une démarche de sensibilisation pour limiter la propagation de l’épidémie au Togo.

À la date du 28 décembre, le pays a enregistré 3.576 cas pour 68 décès.

«Le gouvernement doit arrêter d’écouter seulement le Conseil scientifique de lutte contre le Covid-19. Il faut écouter aussi les pasteurs! Parce que les églises constituent les garants spirituels de la cité au même titre que le comité scientifique a sa responsabilité sur le plan scientifique», a ajouté l’homme de Dieu.

Pour le pasteur Klégbé, le Conseil scientifique est une institution «chargée de guider les autorités dans la mise en œuvre de la politique sanitaire pour lutter contre l'épidémie» parce que c’est sur son avis que le gouvernement dit avoir pris ces nouvelles dispositions.

L'église catholique Saint-Augustin-d'Amoutievé
© Sputnik . Alphonse Logo
L'église catholique Saint-Augustin-d'Amoutievé

Le syndicat vient de saisir le pouvoir togolais pour qu’à défaut de revenir sur sa décision, il soit donné la possibilité aux églises de rassembler leurs fidèles au-delà de 23h. «Jusqu’à 1h ou 2h du matin», hasarde son porte-parole, «spécialement pour la nuit de la Saint-Sylvestre!».

Les tenanciers de bars amers

Si les orgues résonnent moins dans les églises du Togo, c’est le même son de cloche que l’on retrouve chez les propriétaires de bars ou de maquis et les gestionnaires de night-clubs qui espéraient se redonner une santé financière, après le coup dur assumé depuis le début de la pandémie au Togo.

Certains bars ont préféré fermer pour éviter d'accentuer leurs pertes.
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Certains bars ont préféré fermer pour éviter d'accentuer leurs pertes.

«Cela revient à nous demander de fermer, alors que c’est de cela que nous vivons. C’est triste de voir que l’on ne prend pas en compte nos avis en ces moments difficiles», s’est indigné au micro de Sputnik Ségbéaya Kodjo, secrétaire général du Synaterto, le syndicat national des tenanciers de bars du Togo.

«Toute l’année 2020, nos bars ont souffert avec des charges largement au-dessus de nos bénéfices. Et nous espérions souffler un peu cette fin d’année avec les ventes. Mais voilà…», déplore-t-il.

C’est la première fois que des mesures aussi draconiennes concernent les débits de boissons. Jusque-là, ces établissements n’avaient eu à se plaindre que des retombées indirectes de la situation générale qui prévalait dans le pays depuis la déclaration des premiers cas de Covid-19.

Le syndicaliste reconnaît que la crainte du gouvernement peut être justifiée, puisque les périodes de fêtes sont souvent propices à des affluences incontrôlables dans les bars, il affirme ne pas comprendre qu’en même temps, les marchés, qui ne désemplissent pas à cette époque de l'année, restent ouverts et que l’État n’a pas interdit la tenue de la quinzaine commerciale, une foire annuelle à Lomé qui est connue pour drainer beaucoup des visiteurs.

Un bar fermé sur la plage.
© Sputnik . Alphonse Logo
Un bar fermé sur la plage.

Il appelle le gouvernement à revenir sur cette décision. Ou à défaut, à penser leur accorder une subvention pour les aider à poursuivre leur business en 2021, au risque d’avoir sur le dos encore plus de chômeurs. Le taux d’emploi moyen au Togo était estimé fin 2018 à 77,7%. Il doit avoir sensiblement diminué depuis le début de la pandémie au Covid-19 après la fermeture de plusieurs entreprises.

Les dégâts chez les débits de boisson risquent d’être particulièrement douloureux. Selon la Chambre de commerce et d’industrie du Togo, la capitale Lomé compte pas moins de 70.000 bars et maquis.

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Tags:
restrictions, coronavirus SARS-CoV-2, Covid-19, église, bar, Togo
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