Afrique
URL courte
Par
7815217
S'abonner

«Tous ceux qui ont reçu l'ambassadeur de France [seront] complices, d’une manière ou d’une autre, de toute action française qui serait menée, à l’avenir, contre l'Algérie», écrit sur Facebook le député Kamel Belarbi. Il appelle les autorités à enquêter «sur les activités suspectes et continues» de l’ambassadeur de France à Alger, François Gouyette.

Dans un message publié sur Facebook, le député algérien Kamel Belarbi appelle les autorités du pays, notamment le ministère des Affaires étrangères, à «enquêter sur les activités suspectes» de l’ambassadeur de France. En effet, dans le contexte de l’absence du Président Abdelmadjid Tebboune, actuellement en Allemagne pour s’y faire soigner, le député soupçonne François Gouyette, également ex-ambassadeur de France en Libye (2008-2011) lors de l’intervention de l’Otan à l’instigation de la France qui a conduit à la chute et à l’assassinat du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, d’orchestrer une tentative «de déstabilisation» du pays.

Ainsi, M.Belarbi appelle à «enquêter immédiatement et sérieusement sur les activités suspectes et continues de l’ambassadeur de France en Algérie, qui est devenu l’objet de l’attention de tous, comme s’il était un ambassadeur extraordinaire, contrairement à tout autre diplomate accrédité en Algérie».

Tout en rappelant que M.Gouyette a rencontré des responsables politiques et publics, et visité plusieurs villes, le député appelle les «autorités compétentes à demander aux partis politiques, ainsi qu'aux ministres et aux opérateurs économiques qui ont récemment rencontré l'ambassadeur de France d'informer l'opinion publique du contenu de ces réunions de manière détaillée et précise».

«Vous serez complices»

Enfin, Kamel Belarbi, qui a déjà accusé en décembre 2020 François Gouyette de profiter de l’absence du Président Abdelmadjid Tebboune pour entamer des discussions avec les partis politiques qui étaient opposés à l’élection présidentielle de décembre 2019 et qui souhaitent une période de transition, met en garde ces derniers:

«Je rappelle à tous ceux qui ont reçu l'ambassadeur de France que vous serez complices, d’une manière ou d’une autre, de toute action française qui serait menée, à l’avenir, contre l'Algérie».

La députée Amira Slim a avait également accusé le diplomate français de promouvoir cette idée de transition en évoquant la vacance du pouvoir en Algérie, comme durant le règne d’Abdelaziz Bouteflika.

«L’impérialisme est un mauvais élève»

En décembre 2020, lors d’un entretien avec la chaîne de télévision libanaise Al Mayadeen, le ministre algérien de la Communication et porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, s’est exprimé sur les activités de l’ambassadeur de France en Algérie qui auraient, selon des sources citées par le média, fortement agacé les autorités du pays.

«Il y a des normes internationales et des pratiques diplomatiques convenues que chaque représentation étrangère dans n’importe quel pays doit admettre et respecter», a affirmé le responsable, soulignant qu’«aucun diplomate ne peut ignorer les règles de base de la pratique diplomatique, sinon il subira les mesures souveraines pertinentes prises par le pays hôte».

Néanmoins, il a précisé que «dans le respect de ces règles et conformément à celles-ci, tout diplomate peut rencontrer des responsables officiels ou des partis d'opposition autorisés».

Tout en rappelant que l’Algérie refuse catégoriquement la proposition française de période de transition «parce qu'elle apporte le sang et la destruction au pays», M.Belhimer a rappelé la célèbre phrase du général vietnamien Giap, l’architecte de la défaite de l’armée française à Diên Biên Phu, qui avait déclaré en 1976 lors de sa visite à Alger: «L’impérialisme est un mauvais élève qui ne retient pas ses leçons».

«Ce propos s’applique au comportement actuel de la France envers l’Algérie», a conclu Ammar Belhimer.

Lire aussi:

Un centre culturel turc des Vosges abritait une colonie de vacances clandestine
Déchéance de la nationalité pour les Algériens auteurs de graves préjudices aux intérêts de l’État
Refus de la laïcité chez les jeunes Français: jusque dans les salles de classe, le modèle américain s’impose
Tags:
printemps arabe, ingérence, relations bilatérales, Algérie, France
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook