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«Plus que jamais, il est nécessaire d’abroger cette dette et de donner des perspectives à la jeunesse tunisienne de vivre et travailler au pays», écrivent dans une tribune publiée par Le Monde des hommes politiques et du monde de la culture, des universitaires et cinéastes de 19 pays, appelant l’Union européenne à effacer la dette de la Tunisie.

Des écrivains, cinéastes, hommes politiques, chercheurs universitaires…originaires de 19 pays, ont signé une tribune dans Le Monde appelant l’Union européenne à «abroger» la dette de la Tunisie. Cet appel intervient sur fond de nouvelles manifestations, notamment la nuit, dans plusieurs villes du pays, dénonçant le chômage et les conditions sociales difficiles aggravées par le contexte de l’épidémie de Covid-19.

«Ces mouvements des jeunes Tunisiennes et Tunisiens sont révélateurs non seulement de l’impasse économique et sociale dans laquelle le gouvernement tunisien a plongé la société, mais aussi de l’indifférence de l’Union européenne et des gouvernements qui la composent, en maintenant la dette qui pèse sur le pays», écrivent les signataires.

«Plus que jamais, il est nécessaire d’abroger cette dette et de donner des perspectives à la jeunesse tunisienne de vivre et travailler au pays», estiment-ils.

Les mêmes «choix économiques de l’ancien régime»?

Au-delà du contexte actuel de l’épidémie de Covid-19, ces intellectuels expliquent que la situation difficile dans laquelle se trouve le pays tient à «l’absence de toute remise en cause des choix économiques et sociaux de l’ancien régime de la part des gouvernements tunisiens qui se sont succédé depuis 2011 [année de la chute du Président Ben Ali suite à la Révolution de Jasmin, ndlr]».

Et de dénoncer que cet état de fait «n’a fait qu’appauvrir davantage la population, particulièrement les catégories sociales précaires, et a contraint des milliers de jeunes et d’adultes à des petits boulots précaires, alimentant ainsi les circuits de l’économie informelle ou de l’extrémisme religieux».

Tout en avertissant les autorités tunisiennes qu’une telle situation ne pouvait qu’aboutir «à la confrontation avec le pouvoir qui, aujourd’hui encore et de nouveau, ne répond à leur désarroi et à leurs revendications légitimes que par la répression», les signataires de la tribune ont appelé le gouvernement à respecter scrupuleusement les droits humains et à libérer immédiatement et sans conditions tous les détenus.

État des lieux

Dans une tribune publiée fin décembre 2020 par Jeune Afrique, l’économiste Skander Ounaies affirme que selon une étude de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES), «l’encours de la dette publique a été multiplié par trois entre 2010 et 2018, et que sa part dans le PIB a progressé de 40,7 % à 71,7 % sur la même période».

Et d’ajouter qu’«en parallèle, la moyenne de la croissance annuelle du PIB était de 1,5% sur la période 2011-2019, contre près de 5% pour la décennie précédente».

Enfin, tout en précisant que «ces chiffres sont à rapprocher de l’envolée de la dette extérieure, dont la part dans le PIB est passée de 37% en 2010, à 86 % en 2018 […] et devrait culminer à 90 % du PIB pour 2021», l’économiste tunisien estime que dans ces conditions, «la seule voie encore possible est donc celle d’un nouvel accord avec le FMI, qui permettrait d’éviter une dette» asphyxiante. «Mais il faut être conscient que l’institution assortira certainement son intervention de conditions draconiennes pour le pays», conclut-il.

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Tags:
Union européenne (UE), dette publique, crise économique, crise financière, crise politique, Tunisie
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