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Le contingent togolais au sein de la Minusma, la mission onusienne au Mali, a été la cible d’un assaut terroriste qui a fait un mort et une vingtaine de blessés. Cette attaque, la troisième depuis le début de l’année, n’ébranle pas pour autant la détermination de Lomé à prendre une part active dans la stabilisation de ce pays du Sahel.

La Minusma –Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali– a annoncé ce vendredi 12 février 2021 la mort d’un Casque bleu togolais des suites de ses blessures. Il faisait partie du contingent visé deux jours plus tôt par une offensive terroriste qui a occasionné une vingtaine de blessés.

L’événement s’est produit dans les environs de la commune de Douentza, dans le centre du pays où s’active particulièrement le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans* (GSIM), affilié à Al-Qaïda*. Il s’agit d’une attaque au mortier, suivie de tirs nourris à l’arme automatique pendant près d’une heure, selon la Minusma qui mène de nombreuses opérations de sécurisation dans cette zone depuis plusieurs mois.

L’objectif de la mission onusienne, précise son chef Mahamat Saleh Annadif dans un communiqué, est «de réduire les violences sur les populations, de ramener le calme dans les zones où les tensions communautaires sont signalées et de diminuer la menace des engins explosifs improvisés, comme c’est le cas dans la région de Douentza». Il affirme que ces opérations dérangent les auteurs de cette attaque, qu’il qualifie d’«ennemis de la paix».

Le contingent togolais régulièrement ciblé

Le gouvernement togolais a salué «la vigilante réaction des soldats togolais» grâce à laquelle «l’attaque a été repoussée». Il avait félicité les militaires et promis de mettre tout en œuvre pour que les blessés soient promptement soignés. Mahamat Saleh Annadif a fait, pour sa part, la même promesse en indiquant que «toutes les mesures ont été prises» afin que les Casques bleus togolais «reçoivent un traitement rapide et approprié».

Ce n’est pas la première fois que le contingent togolais, composé environ d’un millier d’éléments, est attaqué par des terroristes au Mali. Le 28 janvier 2021, un véhicule a sauté sur un engin explosif à Talas, une longue vallée située dans le nord-ouest du pays, occasionnant quatre blessés. Le lendemain, un obus a été tiré sur le poste de commandement à Douentza, mais sans faire de victimes.

Face à ces offensives répétées, Lomé ne compte pas faire marche arrière dans ses engagements au sein de la Minusma. Les deux priorités stratégiques de la mission, telles que définies par le Conseil de sécurité des Nations unies, consistent à apporter, à travers ses quelque 14.600 Casques bleus, «un appui à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali par les parties maliennes et par d’autres acteurs maliens concernés» et «faciliter la mise en œuvre d’une stratégie malienne globale à orientation politique pour protéger les civils, réduire la violence intercommunautaire et rétablir l’autorité et la présence de l’État ainsi que les services sociaux de base dans le centre du Mali».

Un engagement toujours intact

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Akodah Ayewouadan a d’ailleurs affirmé à Sputnik la détermination des autorités togolaises à continuer de se tenir aux côtés du Mali.

«Si nous aidons les Maliens à contenir la menace, nous aidons aussi à nous prévenir contre cette menace. Donc, pour répondre à ceux qui pensent que le Togo ferait mieux de se retirer parce que ses troupes essuient des tirs, je leur dis que c’est non. Au contraire, il faut donner les moyens à nos factions d’éloigner cette menace de nos territoires», a déclaré le porte-parole du gouvernement.

De son côté, et en réaction à l’attaque du 10 février, le secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de paix Jean-Pierre Lacroix a affirmé dans un tweet que le soutien du Togo dans la protection des populations malienne était précieux pour les Nations unies.

Le Togo est le huitième plus grand pays contributeur du continent africain à l’ensemble des troupes de maintien de la paix de l’ONU, et le 14e sur les 122 États qui y sont engagés.

À la date du 31 décembre 2020, ce sont 1.464 soldats, policiers et personnels d’appui qui y sont détachés par les autorités militaires et sécuritaires togolaises.

* Organisation terroriste interdite en Russie.

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Tags:
Mali, Casques bleus, attaque, terrorisme, MINUSMA, Togo
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