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L’Algérie, qui veut sortir «de sa sphère francophone traditionnelle», est «une nouvelle frontière vitale pour la Grande-Bretagne alors que nous quittons l’UE et cherchons à construire de nouveaux partenariats solides», écrit le député britannique Alexander Stafford dans Politics Home. Il appelle son gouvernement à profiter de cette opportunité.

Le Royaume-Uni, qui a acté sa sortie de l’Union européenne (UE), peut-il profiter de la nouvelle stratégie de l’Algérie destinée à sortir de la «sphère francophone traditionnelle» afin de renforcer ses intérêts dans ce pays? C’est en tout cas le souhait du député conservateur britannique Alexander Stafford qui appelle, dans une tribune publiée par Politics Home, ses collègues et son gouvernement à redoubler d’efforts.

«L’Algérie est en train de devenir un pays aux opportunités immenses pour le Royaume-Uni, s’imposant comme un acteur majeur au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», écrit le député. «Traditionnellement fermé et secret, ce vaste pays s’ouvre sur le monde et cherche à sortir de sa sphère francophone traditionnelle», ajoute-t-il, soulignant que «les Algériens sont largement bilingues en arabe et en français, mais l’adoption de l’anglais augmente rapidement».

«Une nouvelle frontière vitale»

Et de lancer: «Je crois fermement que la région est une nouvelle frontière vitale pour la Grande-Bretagne alors que nous quittons l’UE et cherchons à construire de nouveaux partenariats solides et passionnants dans le monde entier».

Évoquant le potentiel de ce pays (les matières premières, l’eau, l’énergie, les infrastructures de base, le tout associé à une démographie constituée à 75% de jeunes, notamment diplômés), M.Stafford estime qu’il «existe des opportunités pour les entreprises britanniques en termes de main-d’œuvre qualifiée et dynamique, mais aussi d’un marché de consommation toujours plus sophistiqué».

Ainsi, il exhorte «le gouvernement [britannique, ndlr] à profiter de cette nouvelle frontière alors que nous regardons au-delà de l’Europe pour étendre notre influence dans le monde». «Les parlementaires devraient et doivent soutenir un engagement britannique fort avec l’Algérie si nous voulons réaliser nos ambitions internationales».

«Un changement positif est en cours»

Depuis la chute des prix du pétrole en 2014, l’économie algérienne connaît un net recul encore aggravé par la pandémie de Covid-19. Élu en décembre 2019, le Président Abdelmadjid Tebboune a fait sienne la question du développement d'une économie du savoir et de la production hors hydrocarbures. Les start-ups, l’innovation, l’investissement public et privé, notamment étranger, sont, selon lui, le fer de lance de sa politique économique. Dans ce sens, des réformes ont été engagées pour assainir le climat des affaires. La plus importante d’entre elles, très attendue par les opérateurs économiques étrangers, est la suppression de la règle 51/49, qui limite à 49% la part d’investissements étrangers dans un projet réalisé en Algérie pour tous les secteurs non stratégiques. 

«L’Algérie s’est affairée à signaler son ouverture croissante en diversifiant son économie des énergies fossiles au profit de l’esprit d’entreprise, des start-ups et des énergies renouvelables», affirme Alexander Stafford, soulignant qu’un «changement positif est en cours, et il y a de quoi être excité d’un point de vue britannique». «Je salue particulièrement les nouvelles incitations et cadres mis en place par le gouvernement algérien pour encourager les investissements étrangers. Cela fera toute la différence pour les entreprises britanniques qui investissent en Algérie».

Enfin, le député conservateur estime qu’«il y a encore des formalités administratives à réduire et les entreprises britanniques doivent se familiariser avec le marché et le régime réglementaire inconnus du pays». Néanmoins, ce sont «des défis que nous devons surmonter».

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Tags:
relations diplomatiques, relations bilatérales, relations économiques, Royaume-Uni, France, Algérie
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