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Au début de 2021, la situation sécuritaire dans certains pays africains s’aggrave dans un contexte sanitaire (Covid) couplé à des tensions électorales. Malick Niasse, chercheur associé au CEDPE, spécialiste en sécurité et gestion des conflits énumère à Sputnik «les pays les plus dangereux» et explique pourquoi l’Afrique doit arrêter «d’attendre».

Plusieurs régions africaines cherchent des solutions durables pour instaurer la paix mais des contextes nouveaux s’ajoutent pour ralentir ce processus et rendre un certain nombre de pays du continent africain dangereux sécuritairement parlant. Sputnik recense les moins sécurisés à ce jour avec un spécialiste chercheur associé au CEDPE (Сentre d'études pour le développement et la prévention de l'extrémisme).

«La situation sécuritaire dans certaines régions est chaotique»

Sans dresser un triste palmarès des pays les plus dangereux de l’Afrique il est important de savoir où les populations se trouvent aujourd’hui dans l’insécurité la plus frappante et où des solutions sont les plus attendues. Malick Niasse, médiateur professionnel, chercheur associé au CEDPE, spécialiste en sécurité et gestion des conflits estime qu’«il n’y a pas de pays dangereux mais [qu’]il y a des pays insécurisés».

«La situation sécuritaire dans certaines régions est chaotique et marquée par de nombreuses tensions qui perdurent, surtout dans la sous-région de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale. On constate la prédominance de l’extrémisme violent, les affrontements entre les agriculteurs et les éleveurs et surtout les tensions intercommunautaires dans la zone du Lac Tchad, du côté de la Centrafrique ou encore du Soudan du Sud.»

À ce contexte d’instabilité se rajoutent des mouvements de contestation populaire liée au climat électoral ou post-électoral, les attaques de groupes armés rebelles presque partout en Afrique centrale, mais aussi les renversements de pouvoir, les raids des groupes terroristes au Sahel, le trafic de drogue et d’êtres humains, relate Malick Niasse.

Les sept pays «les plus dangereux»

Ces dernières années, on constate la diffusion de l’insécurité aux pays en crise, Malick Niasse fait allusion à ceux qui sont à proximité des États composant le G5 Sahel, l’organisation mise en place depuis 2014 pour soutenir la coopération en matière économique et sécuritaire au Sahel et faire face au défi humanitaire et sécuritaire. C’est une synergie dans les efforts de recherche de solutions durables aux différents défis sécuritaires et humanitaires, estime le chercheur.

«Tous ces faits relèvent de l’extrémisme violent qui s’étend sur les territoires de l’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est ce qui fait qu’on considère ces pays comme les pays ˝dangereux˝ parce qu’il n’y pas de sécurité dans ces zones-là. Ce sont le Soudan du Sud, la Somalie, la Libye, une partie du Mali et du Tchad, le Nigeria, la Centrafrique, on peut les classer dans les pays ˝les plus dangereux˝ du point du vue de sécurité.»

«La crise actuelle risque d’accroître le nombre de pauvres»

Il est évident que l’Afrique est moins touchée par la pandémie mais certains pays comptent leurs morts comme le Sénégal où le nombre de décès et de cas de contamination augmentent de jour en jour. Malick Niasse explique pourquoi le Covid-19 n’a pas fait beaucoup de mal sur le continent démographiquement mais a surtout des conséquences économiques.

«Le Covid a chamboulé les activités quotidiennes et a menacé les moyens d’existence des personnes qui vivent de ces activités –les entrepreneurs de nuit, les personnes vulnérables, les sans-emploi fixe. Les conséquences de la pandémie sont multidimensionnelles pour les populations et les États sur les plans économique, sanitaire, sécuritaire et social. La crise actuelle risque d’accroître le nombre de pauvres.»

L’Afrique «risque de s’agenouiller»

Aujourd’hui, les pays commencent à envisager «un nouveau monde après le Covid-19. D’après Malick Niasse, il monde sera marqué par «une conjecture et des mutations sur tous les plans, et les pays d’Europe et les États Unis l’ont compris aujourd’hui».

«Si l’Afrique n’apprend pas des mutations sociales économiques et sanitaires, elle risque de s’agenouiller, pendant que les autres pays cherchent des vaccins l’Afrique attend qu’on lui offre cela et qu’on la sorte du gouffre. Il faut que l’Afrique aujourd’hui prenne sa destinée en mains et puisse voler de ses propres ailes.»

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