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Pour la 31e fois depuis 1990, le Tchad dédie une semaine à la cause féminine. Même si les choses avancent, les femmes africaines ont toujours plus de problèmes que de droits. Président de la Commission nationale des droits de l’Homme du Tchad liste les priorités majeures, comme l’accès l’éducation et la lutte contre les violences faites aux femmes.

Juste avant la Journée internationale de la Femme, qui se fête le 8 mars dans le monde entier, une semaine dédiée à la cause féminine est organisée au Tchad. Depuis plus de trente ans, ce pays africain, à l’instar de ses voisins, avance sur ce chemin épineux qu’est la lutte pour l’égalité des sexes.

«Сela doit être une journée de réflexion»

La promotion de la Femme en Afrique -et au Tchad en particulier- est en train de faire son chemin, estime Oumar Djidda, président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) du Tchad. Cette dynamique pourrait emmener son pays beaucoup plus loin que de simples lois qui permettent aux femmes d’accéder aux postes de prises de décision.

«La Femme tchadienne d’aujourd’hui est en train de se battre pour occuper sa place. Je pense que cette journée ne doit pas être une journée de fête mais cela doit être une journée de réflexion. Pour avancer ensemble et encourager les autres femmes qui n’ont pas encore atteint un certain niveau d’éducation.»

L’éducation reste au centre du problème et c’est le commencement de toutes les inégalités, souligne Oumar Djidda. Selon lui, au Tchad l’accent a été mis sur l’éducation de la femme et aujourd’hui il y a même plus de filles que de garçons dans les écoles.

«Les femmes n’ont pas assez de revenus»

La pandémie a aggravé la situation précaire dans laquelle se trouvent les femmes. La plupart d’elles gagnent leur vie via des activités quotidiennes, qui ont été interrompues à plusieurs reprises par une série de confinements et des restrictions de toutes sortes. D’après le président de la CNDH, c’est le moment parfait pour les gouvernements d’agir et d’aider.

«Tous les gouvernements doivent réfléchir sur des mesures d’accompagnement, car avant tout les femmes n’ont pas assez de revenus en Afrique et la majorité des femmes n’ont pas du tout de revenus. La majorité de nos mères et de nos sœurs qui sont en Afrique, elles sont dans le commerce, donc il faut les aider avec un vrai plan de soutien gouvernemental.»

Les difficultés économiques dues au Covid-19 sont également plus importantes chez les femmes, selon un rapport de la Banque mondiale. Les travailleurs informels, dont la plupart sont des femmes, représentent plus de 90 % de la main-d'œuvre en Afrique subsaharienne. Les emplois du secteur informel sont particulièrement menacés pendant la pandémie.

Les violences faites aux femmes

L’épidémie de Covid-19 a aggravé la situation des femmes et des jeunes filles concernant tous les paramètres de la sécurité humaine –économique, alimentaire, sanitaire, personnelle, communautaire, environnementale et politique. La question éternelle des violences que les femmes subissent est devenue brûlante par ces temps de pandémie, confirme Oumar Djidda.

«Nous enregistrons plusieurs catégories des violences faites aux femmes. Les plus importantes parmi les violences sont les mutilations sexuelles, dans le sud de notre pays nous décomptons plusieurs centaines de filles excisées par an, et c’est le combat de la Commission nationale des droits de l’Homme que je dirige».

L’excision est criminalisée au Tchad depuis bien longtemps mais l’application de la loi est contournée à tous les niveaux en ce qui concerne cette pratique barbare, ce qui rend la sensibilisation inutile et des centaines de milliers de filles tchadiennes sont ainsi handicapées à vie, avec des séquelles physiques et psychologiques.

«Souvent on dégage la femme»

Au Tchad, 1 femme sur 5 déclare être victime de violence physique et 12% des femmes subissent des violences sexuelles chaque année. 35% des filles sont mariées avant l’âge de 15 ans et 44% ont vécu des mutilations génitales féminines (Enquête Démographique et de Santé à Indicateurs Multiples). En plus des violences physiques, d’autres existent, explique le président de la Commission nationale des droits de l’Homme.

«La femme en cas de divorce ne bénéficie pas totalement de ses droits et même au cas de décès de son mari, en tout ce qui concerne l’héritage souvent on dégage la femme et on vend les biens et parfois même on laisse les enfants sans rien. Cela fait partie des violences qu’on rencontre beaucoup au Tchad.»

La Journée internationale de la Femme, également connue sous le nom de JIF, est née d'un mouvement syndical en 1908 pour devenir un événement annuel reconnu par les Nations unies. Aujourd’hui c’est d’autant plus un jour où les femmes du monde entier peuvent se réunir dans un même élan, soutenues par toutes les organisations internationales qui prônent un monde d’équité et de sécurité pour tous.

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Tags:
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